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A Voiron, les Jeudis du petit caillou offrent une thérapie communautaire -38



Mis à jour le: 27-12-2011

Type d'action :

  • Nouvelles pratiques professionnelles

Région : Rhône-Alpes

Sur le vif :
«En exprimant ses problèmes, en mettant en commun les ressources et les recherches de solutions, on se sent moins seul et on retrouve de l'énergie.» Une des animatrices de Voiron.

Porteur(s) de l'action :
Association européenne de Thérapie communautaire intégrative et des amis de "Quatro Varas" (AETCI-A4V).

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de lutter contre l'isolement, la désinsertion sociale, les violences civiques ainsi que les souffrances psychiques et sociales, l'AETCI promeut en Europe un nouveau modèle d'intervention sociale collective. Importée des favelas du Brésil, la Thérapie Communautaire, basée sur l'échange au sein de groupes aussi appelés espaces d'écoute, de paroles et de liens, propose un nouveau regard sur les compétences et les difficultés de chacun. Ils permettent à ceux qui y participent de redevenir à la fois sujet et acteur de leurs vies et de la société. Une quarantaine de groupes existent en Suisse et en France. Parmi eux, l'espace d'écoute, de paroles et de liens intitulé «les jeudis du petit caillou», reçoit au centre social municipal de Voiron entre 5 et 20 personnes chaque mois.
>>Consulter l'article du journal de l'action sociale
            

Origine(s) :
La thérapie communautaire naît en 1987 au Brésil (Fortaleza - Nordeste) de la rencontre d'un ethnopsychiatre, le Pr. Adalberto Barreto, et d'une communauté de migrants en souffrance économique et psychique installée dans une favela. Estimant que les réponses individuelles apportées par l'hôpital aux nombreuses demandes émanant de cette population ne sont pas appropriées, le Pr. Barreto décide de se rendre dans la Favela. Il organise une réunion hebdomadaire où les difficultés peuvent s'exprimer et où les solutions se dégagent à partir de l'expérience de vie des participants. C'est à partir de cette pratique qui valorise les acquis existentiels, les savoirs populaires, et les ressources culturelles que se constitue cette nouvelle approche structurée autour de règles précises favorisant l'expression et l'échange. Le projet «Quatro Varas» suscite vite l'intérêt des autorités Brésiliennes. Il fait désormais partie intégrante de la politique publique du Ministère de la Santé du Brésil où plusieurs milliers de thérapeutes communautaires sont sortis des 36 centres de formation. Cette pratique brésilienne est plébiscitée en Europe depuis une dizaine d'années. L'Association Européenne de Thérapie Communautaire Intégrative et des Amis de "Quatro Varas" (AETCI-A4V) structure la dynamique : elle assure la qualité de la formation (300 personnes ont suivi le cursus), et participe avec le soutien d'écoles en travail social à la coordination du réseau qui comporte une quarantaine de groupes en France et eb Suisse.
A la fin des années 90, ce nouveau modèle d'intervention qui réhabilite les guérisseuses - masseuses traditionnelles intéresse une ancienne assistante sociale de la PJJ devenue ostéopathe. Via l'AETCI, elle se forme et devient animatrice d'espaces, puis thérapeute communautaire et enfin formatrice en thérapie communautaire. Assurant par ailleurs des séances d'ostéopathies gratuites au centre social municipal de Voiron, elle propose à la directrice d'animer de façon régulière des groupes de thérapie communautaire dans les locaux. C'est ainsi que, dès 2007, se crée un groupe de thérapeutes au centre social. Début 2009, cet espace d'écoute, de paroles et de liens s'ouvre à tous et s'intitule «les jeudis du petit caillou».

Description détaillée :
Chaque premier jeudi du mois, pendant deux heures en fin de journée, le centre social municipal Charles-Béraudier accueille entre 5 et 20 personnes venant de l'ensemble du pays voironnais. Le petit caillou fait référence aux graviers parfois coincés dans les chaussures qui sont autant de soucis qui empêchent d'avancer. La participation est anonyme, libre et gratuite. Aucune inscription préalable n'est demandée. Le groupe, dont la dynamique est assurée par deux animateurs formés par l'AETCI, fonctionne en revanche selon des règles fixes : utiliser le je parce que l'on vient parler de soi, être silencieux pour favoriser l'écoute de l'autre, et ne jamais émettre de critique, de jugement, ou de conseil.

La séance s'articule par ailleurs selon un déroulé précis : Il y a tout d'abord l'accueil, qui doit permettre à chacun de se sentir à l'aise en brisant le glacis naturel qui existe entre les gens qui ne se connaissent pas. Les animateurs lancent une dynamique interactive de groupe qui prend la forme d'un jeu, d'une danse, d'une chanson, d'une mise en mouvement du corps. C'est ensuite l'appel aux cailloux où chacun est invité à partager ce qui le préoccupe. Ce peut-être tous types de soucis familial, conjugal ou professionnel. Sont cependant proscris « les grands secrets » comme l'inceste ou le viol, le groupe n'étant pas un lieu de traitement de ces traumatismes.
L'étape suivante est consacrée au vote. Chacun est amené à choisir le sujet qui l'intéresse le plus. Le nombre de voix par caillou permet de dégager un consensus dans le groupe. Celui dont le sujet est retenu est alors invité à se mettre en retrait afin que les autres puissent s'exprimer. Il est ensuite demandé à ceux ayant rencontré un problème de même nature de prendre la parole et de partager leur expérience, de dire comment ils s'en sont sortis. Il n'émerge pas de réponse toute faite mais l'écoute de l'expérience des autres permet souvent de clarifier sa propre situation.
C'est une phase qui donne lieu à des manifestations vocales et corporelles peu habituelles en Europe. Partant du principe que chaque sentiment constitue un patrimoine exploré par des artistes, chacun est autorisé à entonner un chant lié à la problématique et repris par le groupe. Il peut également arrivé que, lors d'un moment de silence, les participants se prennent par les épaules et se bercent les uns les autres sur invitation des animateurs. Il s'agit de trouver un tempo corporel qui permette la libération de l'émotion. Car, d'après le Pr. Barreto lorsque celle-ci est reconnue, elle rentre dans le champ de la conscience, et c'est ce qui permet le changement.
En dernier lieu, vient une phase d'appréciation durant laquelle chacun est amené à s'exprimer sur son ressenti et la façon dont s'est déroulée la séance. Généralement, et en fonction des situations abordées, il s'échange en marge du groupe quelques adresses de professionnels et de spécialistes, chacun facilitant ainsi la meilleure orientation de tous.

Impact(s) :
La Thérapie Communautaire agit directement sur deux déterminants sociaux de la santé définie par l'OMS : le stress et le soutien social. Indirectement, en augmentant l'estime de soi et la confiance en l'autre, elle évite l'intériorisation de l'exclusion sociale.

Partenaire(s) :
Le centre social municipal Charles Béraudier

Moyens :

Humains
: deux animateurs formés.

Matériels
: une salle suffisamment grande.

*Mention légale :
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