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Les fabriques à initiatives accompagnent les entrepreneurs sociaux



Mis à jour le: 23-05-2014

Type d'action :

  • Emploi, Formation
  • Nouvelles pratiques professionnelles

Région : Aquitaine

Sur le vif :
« Je ne connais rien de mieux pour détecter un besoin, le circonscrire, et ensuite trouver le porteur de projet adéquat. Qui plus est sur un territoire où les besoins sont très différents selon l'endroit où vous vous trouvez » - un agent de la Caisse des dépôts et consignations.

Porteur(s) de l'action :
ATIS – Association Territoires et Initiative sociale
Créée afin d'expérimenter un projet de l'AVISE - Agence de Valorisation des Initiatives Socio-économiques au niveau national.

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de faciliter la connexion entre des besoins sociaux, exprimés sur les territoires mais peu ou mal investis, et des entrepreneurs sociaux, volontaires mais à court d’idées, l’Avise anime et coordonne le dispositif de fabrique à initiatives dans huit régions. Portées par des structures associatives locales, les fabriques participent à la réalisation de projets entrepreneuriaux socialement innovants, en s’appuyant sur l’ensemble des ressources et compétences d’un territoire. En Aquitaine, l’Association Territoires et Innovation Sociale (ATIS) porte le dispositif.

Origine(s) :
L’expérimentation du dispositif de fabrique à initiatives est la concrétisation d’une volonté, portée par l’Agence de Valorisation des Initiatives Socio-économiques (Avise – association créée par les grands acteurs de l’économie sociale) de faciliter au niveau national l’émergence d’entreprises sociales, définies comme telles par trois critères nécessaires : une finalité sociale, sociétale ou environnementale, le respect du principe de lucrativité limitée et une gouvernance partagée entre toutes les parties prenantes : direction, salariés, usagers, partenaires.

Un double constat est à l’origine du dispositif. Tout d’abord, le contexte de crise économique et de l’emploi rend la tâche difficile aux entrepreneurs, et particulièrement à ceux d’entre eux souhaitant conférer à leur action une finalité sociale. Certes, depuis une vingtaine d’années, le poids de l’économie sociale et solidaire dans l’activité globale est de plus en plus conséquent. Pourtant, on ne compte plus les « occasions manquées », c’est-à-dire les cas où un besoin social identifié n’est pas investi par la sphère économique, alors même qu’il pourrait engendrer une ou des activités professionnelles. En outre, ces besoins sont souvent repérés par les pouvoirs publics locaux qui n’ont pas l’expertise nécessaire pour les transformer en opportunités de marché. De leur côté, les entrepreneurs sociaux potentiels peinent à convertir leur énergie et leur volontarisme en idées tangibles.

Sur les territoires, pouvoirs publics et acteurs de l’ESS regrettent que de nombreux projets leur échappent et n’aboutissent pas. Tous les ingrédients semblent pourtant réunis pour que des réponses viables soient apportées à des besoins réels. Ne manque finalement qu’un moyen de réunir les opportunités et des acteurs capables de se les approprier.

A l’aube de l’année 2010, partant de ce constat, l’Avise lance l’expérimentation du dispositif de fabriques à initiatives dans 8 régions. Le dispositif vient nourrir l’action de l’agence en matière d’appui à l’émergence et au développement des entreprises sociales, illustrée par le Dispositif Local d’Accompagnement (DLA) qui cible les structures d'utilité sociale créatrices d'emploi sur les territoires et participe à leur développement et à leur consolidation sur les territoires. La région Aquitaine est parmi les premières à se manifester, plusieurs villes girondines étant arrivées aux mêmes conclusions que l’Avise sur le manque de lien entre les besoins et les entrepreneurs sociaux.

Depuis juin 2010, c’est l’Association Territoires et innovation sociale (ATIS) qui porte le dispositif. L’association a été créée pour remplir cette mission ce qui constitue un cas unique puisque, dans les sept autres régions ayant choisi de participer à la mise en place du dispositif, ce dernier a été greffé à une structure préexistante.

Description détaillée :
Lors de sa création, l’ATIS affiche d’emblée une ambition forte : donner vie à un maximum de projets d’entrepreneuriat social dans la région, en s’appuyant sur son grand potentiel économique mais surtout humain. Aujourd’hui, l’association a grandi et s’appuie sur 6 salariés (5,7 ETP) pour exercer son activité. Celle-ci a permis d’aboutir à plusieurs implantations réussies d’entreprises sociales dans le paysage économique aquitain. Le Club services 33 en est un exemple emblématique. Il s’agit d’une entreprise de conciergerie d’insertion implantée depuis 2011 dans la ville de Mérignac.

La fabrique à initiatives permet la réalisation de projets d’entrepreneuriat social par la succession de quatre étapes essentielles. La première est l’animation territoriale et la détection d’idées et d’opportunités. L’ATIS rencontre et facilite les échanges entre tous les acteurs de l’ESS, des collectivités aux entrepreneurs, en passant par les réseaux associatifs et les habitants. L’intelligence collective ainsi produite permet, d’une part, de repérer les besoins sociaux identifiés dans la région et d’autre part, de faire émerger des idées nouvelles. Cette première phase est fondamentale, non seulement dans la mesure où elle sert de base pour la création d’activités économiques et sociales sur le territoire, mais aussi car elle connecte entre eux des professionnels dont les futures relations de travail seront plus aisées. La détection des besoins sociaux repose en grande partie sur les collectivités qui relaient les idées dont elles ont vent à l’ATIS. Les associations et les entreprises privées de la région apportent leur pierre à l’édifice en diffusant des opportunités de marché concernant des besoins sociaux. Enfin, les citoyens ne sont pas en reste puisque 15% des idées étudiées par l’ATIS proviennent de la Bourse à initiatives, blog destiné à l’expression des habitants de la région.

Dans le cas de la conciergerie d’insertion, c’est la ville de Mérignac qui a endossé le rôle de « capteur » d’idée. Une première étude menée par des consultants externes a ainsi permis de mettre en exergue deux offres nouvelles adaptées au territoire : celle d’une offre de restauration sous la forme d’une entreprise d’insertion et celle d’une conciergerie d’entreprise. Grâce au travail de l’ATIS, c’est la seconde option qui a été choisie.

Vient alors la deuxième étape plus opérationnelle : transformer le besoin social identifié en concept d’entreprise sociale. Là encore, l’ATIS s’appuie à la fois sur le travail de son équipe et sur les réseaux qu’elle anime. L’appréciation du marché est nécessaire pour s’assurer que la future entreprise sociale sera pérenne. A Mérignac, les membres de la fabrique à initiatives ont pu repérer une zone d’activités dans laquelle la conciergerie pourrait prospérer et se sont inspiré de situations comparables en France pour construire une ébauche de modèle d’entreprise. Mais il arrive parfois que des idées paraissant intéressantes au départ ne débouchent finalement pas sur un projet concret à la suite de l’étude de marché menée par la fabrique.

Ensuite, il s’agit de « transformer l’essai » en identifiant un ou des porteurs de projets parmi les entrepreneurs sociaux potentiels de la région. Le champ est ouvert à toutes sortes d’acteurs : entreprises déjà implantées sur le territoire et souhaitant développer une activité sociale, personnes physiques ou morales volontaires mais sans idée… Cette étape est essentielle dans la mesure où de nombreux projets d’entreprises sociales tombent à l’eau faute d’un porteur adéquat. L’ATIS rencontre donc de nombreux candidats avant de sélectionner celui qui parait le plus prompt à développer une structure solide.

Enfin, l’ATIS accompagne le porteur de projet identifié pour le lancement de l’activité. Cet accompagnement est, bien sûr, technique mais revêt également une dimension d’orientation, à travers le réseau animé par l’association. A Mérignac, le Club services 33 a ainsi pu bénéficier d’apports financiers de la part de la ville, la CUB et le département, tous ces acteurs ayant été mis en relation par l’ATIS.

Grâce au succès de la fabrique à initiatives, l’association a pu étendre son activité. Elle prend en charge le Dispositif Local d’Accompagnement et propose maintenant une fonction d’incubateur aux entreprises sociales de la région. Lorsqu’un entrepreneur social se présente à l’ATIS avec un projet prêt à être lancé, celle-ci lui apporte son expertise technique et parfois même une aide matérielle en lui prêtant ses locaux et équipements. La fabrique à initiative est devenue, en l’espace de quelques années, une chrysalide dans laquelle les entrepreneurs sociaux font mûrir leurs projets. A l’arrivée, ces derniers sont d’autant plus solides et viables, tels les vigoureux papillons qui arpentent l’Aquitaine.

Impact(s) :
• Plus de 110 idées d’activités économiques et d’utilité sociale, 54 ayant fait l’objet d’une étude d’opportunité, création de 10 entreprises sociales, générant près de 40 emplois.
• L’animation d’un réseau d’acteurs d’horizons différents, issus des sphères privée et publique ou de la société civile qui tend à tisser un lien social fort entre les habitants.
• Un effet boule de neige garanti dans la sphère de l’ESS, les exemples de réussites permises par la fabrique à initiatives montrant le chemin à suivre, à tous les acteurs des territoires.

Partenaire(s) :
Partenaires financiers :
• Villes de Pessac, Blanquefort, Mérignac, Bègles
• Communauté urbaine de Bordeaux
• Conseil Général de Gironde
• Région Aquitaine
• DIRECCTE Aquitaine
• Direction générale de la cohésion sociale
• Fondation MACIF
• Caisse des dépôts et consignations
• Union Européenne (FSE)
• Iddac (agence culturelle de la Gironde)

Partenaires techniques :

• Avise
• Aquitaine Active
• Caisse d’Epargne Aquitaine
• Crédit coopératif
• CRESS Aquitaine
• Groupement Aquitain des Réseaux de l’Insertion par l’Economique
• Union régionale des SCOP d’Aquitaine
• Union nationale des entreprises adaptées

Moyens :
Financiers :
250 000 euros alloués à la fonction « Fabrique à initiatives », essentiellement issus de subventions publiques

Humains :
1 directeur
2 chargées de missions sur le dispositif « Fabrique à Initiatives » : ces personnes accompagnent des démarches territoriales pour favoriser l’émergence de projets d’économie sociale et solidaire. Leur travail comprend une dimension animation territoriale, identification et qualification d’idées entrepreneuriales, réalisation d’étude d’opportunité, détection de porteurs de projet et coordination du parcours des porteurs de projet jusqu’à la création de l’entreprise.
2 chargées de missions sur le Dispositif Local d’Accompagnement (1,7 ETP) : accompagnement des réseaux régionaux de l’économie sociale et solidaire, coordination des DLA départementaux, lien et coordination entre le local et le national, structuration de la chaîne d’accompagnement.
1 chargé de mission sur l’incubateur de projets d’innovation sociale : accompagnement de porteurs de projet d’innovation sociale au stade de l’émergence du projet. L’appui se concentre sur les dimensions « besoin social » / « offre de services » / positionnement marché et écosystème / modélisation économique et pistes de solvabilisation / gouvernance.

Matériels :
Un ordinateur pour chacun, des bureaux de 130m² avec une salle de réunion, 3 bureaux et 1 openspace pour l’accueil des porteurs de projet.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.