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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Guerrier non violent
C’est ainsi que se définit lui-même Yazid Kherfi. Un combat qu’il mène pour aider les autres et rapprocher deux mondes, ceux du jour et celui de la nuit, les jeunes des quartiers et le “reste du monde”, les délinquants et la police... Car avant d’être un professionnel reconnu du champ de la médiation sociale, le créateur de « Médiation nomade » (voir fiche Apriles sur le sujet), a été délinquant, sauvé par des rencontres et la confiance que ces personnes lui ont accordée. Après avoir raconté ce parcours, il consacre un nouvel ouvrage, publié aux éditions La Découverte à l’aventure du camping car de Médiation nomade et à son message : ne laissons pas les jeunes des quartiers isolés.

Guerrier non Violent, Yazid Kherfi, éditions La Découverte, 2017, 156 pp
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Aider là-bas pour se rapprocher ici - 78



Mis à jour le: 27-12-2011

Type d'action :

  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Relations de voisinage
  • Nouvelles pratiques professionnelles
  • Participation des habitants
  • Bénévolat

Région : Île-de-France

Sur le vif :
« Au départ on avait tendance à ne travailler que sur les difficultés des gens, avec cette nouvelle ouverture on réapprend à mettre en avant les capacités et les compétences. Et ça change tout », un travailleur social.
« Cette action nous a fait comprendre que le travail social ne consiste pas uniquement à recevoir les personnes individuellement dans nos bureaux, mais que c'est aussi mettre en avant le collectif », la directrice du territoire d'action sociale de Seine-et-Mauldre.

Porteur(s) de l'action :
Conseil général des Yvelines

Objectif(s) et bref descriptif :
Aux Mureaux (78), pour permettre le développement de projets de coopération internationale que de nombreux habitants tentent de mettre en place avec difficulté, les professionnels du Conseil général et la population, soutenus par les élus, ont créé le Réseau d'associations de coopération internationale du Val-de-Seine (Racivs). Une initiative qui fait évoluer profondément les rapports entre habitants, mais aussi ceux avec les travailleurs sociaux. L'expérience a d'ailleurs poussé ces derniers à revoir leurs postures pour mettre en avant le potentiel de leurs publics dans une perspective de développement social local.

>>Consulter l'article du Journal de l'action sociale                  

Origine(s) :
Située en banlieue parisienne, la ville des Mureaux compte 33 000 habitants et 62 ethnies, principalement d'origine africaine. Cinq de ses quartiers sont classés Zus (Zone urbaine sensible) et abritent une population fortement précarisée, très touchée par le chômage, surtout les plus jeunes : 50% des moins de 25 ans et 25% des 18-25 ans. Une situation économique difficile qui n'a pas freiné le développement d'un tissu associatif dense, porté par les habitants, avec 462 associations dont 214 font de la coopération internationale.

C'est dans ce cadre qu'en 2009 la présidente de « Femmes unies », une association de soutien à la parentalité reconnue sur le territoire, interpelle territoire d'action sociale (TAS) de Seine-et-Mauldre pour travailler en partenariat avec le département sur de l'aide à la parentalité et de l'information collective. La première rencontre des travailleurs sociaux avec les femmes de l'association est marquée par la méfiance : seules trois d'entre elles sont présentes dans la salle. Les autres se cachent par peur du travailleur social. Mais très vite les liens se nouent et en mai 2010 le TAS propose de prêter ses locaux à l'association qui n'en a pas. Ce qui va considérablement changer la vie de l'équipe de travailleurs sociaux, puisque chaque mercredi « Femmes unies » reçoit une cinquantaine d'enfants pour du soutien à la parentalité ou des groupes de lecture. En outre un mercredi par mois, l'association invite un partenaire du conseil général (Planning familial, Maison des droits et de la justice, Pôle santé de la ville') pour présenter ses missions aux femmes de l'association et à toutes les personnes qui le souhaitent.
A la même époque, un bénéficiaire du RSA suivi par un professionnel du TAS et très impliqué dans la vie associative locale, demande le soutien du Conseil général pour aider au développement de projets de coopération internationale. Comme il est également membre bénévole du comité de suivi de projets portés par le département des Yvelines, il présente la mission de coopération décentralisée du conseil général aux professionnels du TAS. Ceux-ci constatent alors qu'un grand nombre d'associations, portées par les habitants, s'investissent dans les différents quartiers des Mureaux et que, parmi elles, beaucoup ont des projets dans les pays d'origines de leurs responsables.

Description détaillée :
L'aide au développement bénéficie aux aidés et aux aidants
Très vite, les professionnels du TAS constatent que les responsables associatifs sont confrontés à des problèmes de gestion et au manque de connaissance des bailleurs de fonds, rendant difficile l'élaboration de projets internationaux. En collaboration avec le bénéficiaire du RSA qui a sollicité leur aide, ils décident de monter une formation. D'avril 2010 à février 2011, vingt associations, dont « Femmes Unies » qui souhaite construire une maternité en Casamance (Sénégal), ainsi que les trois travailleurs sociaux porteurs du projet, suivent 10 jours de formation. Pour permettre aux responsables associatifs d'être présents, ces cours, assurés par Adecop, une association d'anciens étudiants en master de coopération internationale, ont lieu le samedi, une fois par mois. Le Conseil général subventionne la démarche et les associations préparent les repas favorisant ainsi des instants de partage et d'échange qui vont fédérer le groupe.
En septembre 2010, pour formaliser les choses, les porteurs du projet décident de créer le Racivs : Réseau d'associations de coopération internationale du Val-de-Seine, subventionné par les collectivités territoriales (commune, Conseil Général, région,'). Le bénéficiaire du RSA suivi par le TAS en est élu président tandis que la présidente de « Femmes unies » devient vice-présidente. La fédération réunit au départ une trentaine d'associations qui payent chacune une cotisation de 50 euros. En avril 2011 elles sont 57 pour plus de 300 adhérents. Objectif : coopérer pour mutualiser les forces de ces multiples petites structures qui, outre leur engagement international, ont un rôle très important sur les quartiers où la plupart d'entre elles portent des projets, notamment de prévention et de parentalité.

Très vite, le projet, qui prend de l'ampleur, est fortement soutenu par les élus. Ceux-ci demandent au Racivs d'organiser une fête, le 1er octobre 2010, à la veille des 2èmes assises yvelinoises de la coopération décentralisée. Les associations du réseau prennent les choses en main, y compris le repas, tandis que des jeunes des quartiers se portent volontaires pour être hôtes d'accueil. Le rendez-vous est une réussite et réuni plus de 300 personnes. En parallèle, pendant les assises, les adhérentes de « Femmes unies » jouent, avec des travailleurs sociaux du TAS, une pièce qu'elles ont montée, sur le thème de la prévention du SIDA. Fort du succès de cette première expérience, le Racivs participe activement à l'organisation des 3èmes assises yvelinoises de la coopération décentralisée de 2011.
Mais l'activité de la fédération va bien au-delà de ces événements. En parallèle des formations, qui ont repris fin avril 2011 pour 10 nouvelles associations (toujours avec deux travailleurs sociaux : l'idée étant de garder un binôme bénévoles/action sociale), la fédération assure l'accompagnement des projets de coopération internationale avec quatre permanences par semaine sur la ville. Elle organise aussi, dans les locaux du TAS, des réunions d'information publiques pour rencontrer les différents bailleurs de fonds investis dans la solidarité internationale (Programme d'appui aux initiatives de solidarité pour le développement, Région Île-de-France, Conseil général des Yvelines, Direction départementale de la cohésion sociale sur l'aspect service civique, Association pour la formation des travailleurs africains et malgaches, Ambassade du Sénégal'). Ainsi que des conférences-débats, qui rassemblent jusqu'à 300 personnes, sur différents thèmes de société (mariages forcés et excision, objectifs du millénaire pour le développement, diversité culturelle, l''uvre de Léopold Sédar Senghor, rôle des diasporas en France, présentation de la politique du conseil général').
Car la volonté de la fédération, au-delà de permettre l'obtention de subventions pour les porteurs de projets, est de mettre à contribution la démarche citoyenne de bénévolat pour développer la cohésion sociale sur le territoire. L'accueil des réunions est ainsi assuré par des jeunes bénévoles des quartiers, extrêmement investis dans le projet. Les jeunes sont également très nombreux parmi les responsables associatifs de la fédération. Par ailleurs, les travailleurs sociaux constatent que les projets et actions portés par le Racivs font sortir de nombreuses personnes âgées qui restent habituellement chez elles. Le réseau contribue ainsi à réunir les générations. Il change même le regard des jeunes sur leurs parents porteurs de projets, et inversement. L'activité de chacun au sein du Racivs valorisant la place des uns et des autres.
Dans sa démarche de développement de la cohésion sociale le Racivs va encore plus loin puisqu'il a choisi, pour ses locaux, de se faire prêter par un bailleur social, un appartement dans un immeuble en voie de réhabilitation dont les parties communes sont squattées par des jeunes difficiles. La présence des adhérents du Racivs, qui connaissent tous les jeunes des quartiers et savent dialoguer avec eux, vise ainsi à permettre d'apaiser les fortes tensions dans ce bâtiment.

Un changement de posture pour le travail social
Entre travailleurs sociaux et habitants aussi une confiance s'installe. Pour les habitants, la création du réseau a modifié considérablement les relations puisqu'un partenariat étroit s'est installé entre la direction de l'action sociale et le Racivs. Pour les professionnels du TAS, c'est un vecteur d'entrée en communication avec la population. Jusqu'alors le service social était appelé 'le bunker' par les jeunes, désormais les gens n'ont plus la même image. Pourtant l'accueil était déjà important (15 000 personnes), mais il y a un réel changement de représentations des uns et des autres.
L'évolution est également notable dans les postures des professionnels qui sont encore plus investis, même en dehors des heures de travail. Par exemple, la moitié de l'équipe, c'est-à-dire une trentaine de personnes, est présente le soir pendant les réunions du Racivs.
En outre, l'ouverture des locaux du TAS aux associations semble renforcer et valoriser sa mission d'accueil : pour les habitants, les nombreuses activités permettent de dédramatiser le fait de venir dans un service social. Résultat : de nouveaux publics, qui ne fréquentaient pas les locaux jusqu'alors, se déplacent pour faire part de leurs difficultés.
Et en individuel, les professionnels ont changé leur façon d'intervenir et travaillent beaucoup plus sur les capacités et les compétences des personnes. Preuve en est, la constitution du Racivs a créé une dynamique qui engendre de nombreuses actions collectives : par exemple l'association « Femmes unies » et les travailleurs sociaux du TAS accompagnent désormais ensemble les jeunes dans l'accès à la culture, aux loisirs. Ils ont également mis en place des groupes de paroles d'ados.

Impact(s) :
- L'action mobilise 57 associations (autour de 300 adhérents) auxquelles s'ajoutent les jeunes des quartiers, leurs familles et les habitants qui apportent leur soutien (accueil, organisation de rencontres') et participent aux différentes réunions : un total estimé à 3000 personnes.
- Les instants de rencontre réguliers créent du lien entre les habitants.
- Le regard des jeunes sur leurs parents porteurs de projet change, et inversement. La fédération valorise ainsi considérablement la place des uns et des autres.
- La confiance s'est installée entre habitants et professionnels.
- Les postures des professionnels de l'action sociale ont évoluées : ils sont plus investis et ont changé leur façon d'intervenir puisqu'ils travaillent désormais beaucoup plus sur les capacités et les compétences des publics qu'ils reçoivent.
- La mission d'accueil du conseil général est renforcée et valorisée.
- La constitution du Racivs, en mutualisant les forces en présence, facilite la réalisation de nombreux projets de coopération internationale.

Partenaire(s) :
Conseil général des Yvelines, Mairie des Mureaux, Région Île-de-France, AFTAM (Association pour la formation des travailleurs africains et malgaches), PAISD (Programme d'appui aux initiatives de solidarité pour le développement), ASAH (Association au service de l'action humanitaire), Maisons de quartier des Mureaux.

Moyens :
Humains:
-Trois professionnels du Conseil général sont fortement investis sur l'action en parallèle de leurs autres activités professionnelles.
-Les 60 professionnels du territoire d'action sociale du conseil général (TAS) de Seine-et-Mauldre participent aux événements.
-300 bénévoles 'uvrent au sein des associations du Racivs.
-Prochainement, embauche d'un contrat aidé pour les permanences du Racivs.

Financiers
:
-5000 euros de subvention pour l'association « Femmes Unies ».
-23 000 euros de subvention pour le Racivs, dont 15 000 euros sont destinés à la formation.

Matériels:
-Mise à disposition, par le conseil général, des salles de réunion et du matériel technique (écrans, projecteurs') du TAS.
-Mise à disposition, par la ville des Mureaux, d'une maison de quartier un samedi par mois, pour la formation des responsables associatifs.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Agnès ETENDART
Directrice du territoire d'action sociale de Seine-et-Mauldre
Conseil général des Yvelines
42 avenue Paul Raoult
78130 Les Mureaux
Tel: 01 30 99 94 63
Mail: aetendart@yvelines.fr
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