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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Où en est le DSL ?
C’est à cette question que s’efforce de répondre l’ouvrage rédigé à deux voix, française et québécoise, Les nouvelles dynamiques du développement social. Ses auteurs, Cyprien Avenel, sociologue et ancien collaborateur de l’Odas, et Denis Bourque, universitaire québécois ont construit leur réflexion autour de quatre questions : le rôle de l’Etat et la contribution des politiques sociales au développement des territoires ; l’ouverture des pratiques professionnelles du champ social à l’intervention collective ; le renforcement de la société civile et de la participation citoyenne ; l’enjeu d’une conception stratégique de la politique sociale comme instrument d’une dynamique de bien commun. Avec en bonus, un regard croisé franco-québécois.

Les nouvelles dynamiques du développement social, Cyprien Avenel, Denis Bourque, Editions Champ social, 2017
 
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Une prise en charge citoyenne des troubles psychiques - 25



Mis à jour le: 27-06-2012

Type d'action :

  • Culture, Sport
  • Loisirs, Vacances
  • Logement, Habitat
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Vie en établissement
  • Bénévolat

Région : Franche-Comt

Sur le vif :
« Le principe : vivre avec, faire avec, être avec, pour qu'il n'y ait plus de fossé entre les exclus et les inclus, les soignants et les soignés, les bien portants et les participants. On a voulu en faire un lieu qui soigne la vie et non pas un lieu de soin »
La directrice des Invités au festin

« On ne peut pas distinguer un participant d'un bénévole ou d'un salarié »
La coordinatrice de l'accueil de jour et du groupe d'entraide mutuelle.

Porteur(s) de l'action :
Association Les Invités au festin

Objectif(s) et bref descriptif :
Face à l'augmentation de la discrimination, de la stigmatisation, de l'exclusion dont sont victimes les personnes souffrant de troubles psychiques et du comportement, l'association les Invités au festin (IAF) offre un lieu de vie apaisant où accueillants et participants vivent ensemble. Une expérience particulièrement innovante de psychiatrie citoyenne, étayée par le concours de nombreux bénévoles, qui devient une véritable référence dans la recherche de nouvelles pratiques.
>>Consulter l'article du Journal de l'action sociale     



Origine(s) :
Dans les années 70, alors qu'elle est jeune interne, la future présidente de l'association les Invités au Festin découvre l'univers de la psychiatrie et la condition des malades dans les hôpitaux psychiatriques. Bouleversée, elle constate qu'abandonnés à eux-mêmes sans stimulations (physique, psychique, relationnelle, affective), enfermés derrière des murs alors qu'ils souffrent de problèmes majeurs de relation, les patients ne peuvent, selon elle, que voir leur état s'aggraver ou se chroniciser.
Intervenant auprès de publics en institutions (personnes handicapées mentales et physiques, enfants de la DASS), puis exerçant la psychiatrie et la psychothérapie en cabinet pendant de nombreuses années, elle est influencée par différents courants de l'époque (le mouvement antipsychiatrique anglo-saxon, celui des structures alternatives et des lieux de vie, la psychothérapie institutionnelle, le mouvement militant italien du psychiatre Franco Basaglia qui aboutit à la fermeture des hôpitaux psychiatriques en Italie en 1978, alors que commençait la mise en place de la politique de secteur en France). Elle décide alors de tout mettre en 'uvre pour créer une structure adaptée aux besoins des personnes souffrant de troubles psychiques. Une alternative à la prise en charge stigmatisante et déshumanisante de l'asile qui permettrait, comme le disait le psychiatre Roger Gentis de « rendre la folie à la société et de développer le potentiel soignant du peuple ».
Pour mener à bien ce projet de création de lieu de vie, l'association les Invités au Festin voit le jour en 1990 et propose un accueil de jour. Huit ans plus tard, suite à l'achat en mai 1999 d'un ancien couvent des Capucins de Besançon, l'association crée « La Maison des Sources ». Le couvent abrite depuis lors un lieu d'accueil de jour beaucoup plus développé ainsi qu'un lieu de vie, au statut de maison relais obtenu en 2003. En 2012, les Invités au festin comptent au total deux maisons (dont une dans la banlieue de Besançon) relais, deux accueils de jour (dont un à Boulogne, 92), et un groupe d'entraide mutuelle.


Description détaillée :

La Maison des Sources

S'adressant aux personnes souffrant de difficultés d'origines psychiques, physiques ou sociales (personnes fragiles psychologiquement, malades psychiques en particulier, mais aussi inadaptés sociaux, traumatisés crâniens, handicapés divers avec troubles psychiques associés), cet ancien couvent des capucins de 2000 m2, ouvert depuis 1999, réuni une maison relais (les Capucines), un accueil de jour (Le Jardin), ainsi qu'un groupe d'entraide mutuelle (La Fontaine).

-Maison relais les Capucines
Lieu intermédiaire entre une prise en charge institutionnelle totale et une vie complètement autonome, la maison relais les Capucines est un habitat communautaire de petite taille. Habitat de type familial, elle associe des logements privatifs, avec 13 chambres individuelles, ainsi que des lieux collectifs (salon et salle à manger avec terrasse, cuisine équipée collectivité, buanderie, réserve, cuisine individuelle, cloître, jardin, passerelle, bibliothèque, vidéothèque) qui répondent au besoin de partager des repas, des loisirs et des activités. Une place supplémentaire est réservée aux personnes souhaitant venir s'installer à la maison relais: elle leur permet, durant une semaine, de vivre aux Capucines pour savoir si cette solution de logement leur convient.
Le temps de prise en charge à la maison relais est illimité.
Les résidents prennent tous leurs repas dans cette maison (sauf un midi par semaine) et participent d'ailleurs, à tour de rôle, à leur préparation. En outre, chacun assure les tâches de la vie quotidienne.
Une fois par semaine, résidents et salariés se réunissent pour faire le point sur ce qui va et ne va pas et pour organiser la semaine à venir (prévision et répartition des tâche, des activités).

-Accueil de jour Le jardin
Le Jardin est un lieu d'accueil ouvert tous les jours, qui propose une quarantaine d'activités et trois ateliers de responsabilisation afin de permettre à la centaine de personnes qui y participent de développer leurs capacités et de recréer des liens avec d'autres. La participation est l'un des principes fondateurs de l'association pour responsabiliser les gens, c'est pourquoi chacun est obligé de participer à au moins une activité par semaine.

Une quarantaine d'activités, réparties en cinq thématiques et assurées par plus de 80 bénévoles, permettent aux participants de redécouvrir le plaisir d'être ensemble et de gagner en autonomie:
-expression manuelle : travail sur bois, jardinage, bricolage, entretien, travaux manuels, cuisine'
-expression artistique : dessin, peinture sur bois, expression plastique, danse et improvisation théâtrale, chant et guitare, photo, organisation d'une manifestation artistique tous les ans'
-activités culturelles et sportives : bibliothèque, vidéothèque, lettre trimestrielle, ateliers citoyens (écologie, citoyen du monde, culture, autonomisation), atelier d'écriture, conversation anglaise et allemande, jeux de société, atelier philo, sorties musées, cinéma, concerts, théâtre, expositions, marche, gymnastique, qi gong, foot, footing, piscine, ping-pong'.
-activités de convivialité : repas du mardi soir (table ouverte), buvette, jeux, sorties diverses, promenades, soirées dansantes, anniversaires, repas pour les fêtes.
-temps d'écoute : entretiens individuels, groupe de parole animé par un psychologue, atelier de discussion, réunions diverses, réunion des membres bénévoles et formation, groupes de parole des résidents'

Trois ateliers dits de « responsabilisation » permettent aux participants de se réinsérer par le travail tout en étant en contact avec le public. L'association pousse chacun à s'y investir.
-La buvette, réservée aux gens de l'association, permet aux participants de prendre progressivement des responsabilités (gestion de la caisse et des stocks, animation du lieu, rangement') et d'apprendre la tenue d'un poste de travail (horaires, assiduité, respect des consignes, travail en équipe, accueil du public').
-La friperie, ouverte au public, constitue également un outil pour le développement des capacités d'autonomie et relationnelles ainsi que la réhabilitation sociale et professionnelle des participants. Deux à trois participants y travaillent chaque jour, encadrés par un bénévole.
-La salle informatique qui réunit huit postes en réseau permet l'initiation et le perfectionnement aux outils bureautiques et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), des remises à niveau, la rédaction de CV ou de lettre de motivation. En outre, elle est ouverte sur l'extérieur et mélange donc participants et habitants de Besançon.

-Le groupe d'entraide mutuelle (GEM) La Fontaine
Association de participants créée le 31 janvier 2008, le GEM offre un accueil convivial, en permettant l'écoute et l'échange, l'information et l'entraide, le choix et l'organisation d'activités culturelles et de loisirs à près d'une cinquantaine de personnes. Outil d'insertion dans la cité, de lutte contre l'isolement et de prévention de l'exclusion sociale de personnes en situation de grande fragilité, il est géré par les usagers, avec l'aide d'animateurs et de bénévoles. Uniquement formé de participants, le conseil d'administration du GEM, qui se réunit une fois par mois, prend toutes les décisions liées à son fonctionnement (activités, budget').


Une philosophie : la psychiatrie citoyenne
Ce qui fait l'originalité de l'association c'est son approche : placer la citoyenneté au c'ur de sa méthodologie. L'idée des Invités au festin est de créer le chaînon manquant entre la psychiatrie et la société, en recréant un pont entre les personnes psychologiquement fragiles et la communauté des citoyens. Son outil : un modèle de structure légère non médicalisée basée sur les principes du « vivre avec, être avec, faire avec » : un lieu intermédiaire où vivent personnes en souffrance psychique et bénévoles sans distinction ni étiquette, pour qu'il n'y ait plus de fossé entre les exclus et les inclus, les soignants et les soignés, les bien portants et les participants. Bénévoles et professionnels vivent ainsi au quotidien, 24h/24h, à la Maison des sources. La responsable de la maison-relais par exemple, dort bénévolement sur place une semaine sur deux. Une présence indispensable, certains participants ne pouvant rester seuls la nuit.
Volonté affichée : remettre les personnes souffrantes au c'ur de la cité au plus prés de leurs familles, de leur travail, en leur redonnant toute leur place de citoyen. Pour cette raison, la blouse blanche est bannie et le mot « malade » n'est jamais prononcé : les résidents sont appelés participants, plutôt que patients ou usagers. C'est une vision positive de la personne, avant tout comme citoyenne et non seulement comme malade, que l'association promeut. Ainsi, sauf s'ils souhaitent être aidés, les résidents gèrent seuls leur prise de médicaments. Tandis que le suivi psychiatrique, médical, social et juridique est assuré à l'extérieur de la structure pour créer une cassure entre le lieu de vie et l'accompagnement pur et dur.
Ni infirmière, ni travailleur social, les huit salariés de la Maison des Sources sont embauchées pour leurs qualités propres et parce qu'ils adhérent au projet.
En outre, sept participants (résidents ou issus de l'accueil de jour) sont également salariés. Aide accompagnant, cuisine, informatique, ménage ou administration, les postes de travail sont adaptés à leurs capacités. Tout comme les horaires allant de 4,5 heures à 27 heures hebdomadaires.

Le bénévolat au centre du projet
Pour ne pas recréer un ghetto qui ne dirait pas son nom, pour la circulation des personnes, des idées, et de la parole, l'association mise sur l'ouverture vers l'extérieur. Son crédo : créer une ère de liberté propre à chacun. C'est pour cette raison que les soins médicaux se font hors de la structure. L'association s'appuie par ailleurs sur un travail en réseau avec tous les partenaires locaux et régionaux, en particulier les responsables de la Cité.
En outre, les Invités au festin étant très bien ancrés localement, plus de 80 bénévoles apportent leur soutien sur les trois structures. Ils proposent et encadrent un grand nombre d'activités et passent également des nuits à la maison relais. Un soutien vital pour le fonctionnement de la Maison des sources. Une fois par mois, l'association propose d'ailleurs une réunion de formation pour ses bénévoles : analyse de la pratique, formation à la conduite de projet' De nombreux sujets sont abordés pour améliorer leurs pratiques.
Portée par l'éthique de mission, la majorité des salariés pratique également le bénévolat pour l'association : ils restent la nuit ou le week-end, ne comptent pas leurs heures lors des activités'

Un réseau pour essaimer
Cette structure ayant fait la preuve de son efficacité, les Invités au festin ont souhaité créer et développer un réseau international, comprenant à la fois des lieux construits sur le même modèle, et des structures déjà existantes désirant adhérer. L'ensemble des ces lieux d'accueil et de vie sont signataires d'une charte d'adhésion qui permet l'obtention du label « IAF Réseau Les Invités au festin ».
But affiché : essaimer le concept de psychiatrie citoyenne et créer un mouvement d'opinion qui permettra de répondre aux demandes très importantes de prise en charge actuellement insatisfaites, et d''uvrer pour que le regard de la société sur les personnes souffrant de troubles psychiques et sociaux change, soit plus positif et accueillant.
Début 2012, alors que le réseau compte déjà quatre structures, 11 associations y ont adhéré. Résultat : 10 projet sont en route sur le territoire français et à l'étranger (Belgique et même Rwanda).

Plus d'informations sur : http://www.iaf-reseau.com/

Impact(s) :
-Sur 33 personnes ayant habité aux Capucines entre 2000 et 2012, une quinzaine a pu s'installer dans un logement indépendant.
-Les symptômes des personnes accueillies diminuent, ils consomment moins de médicaments et sont moins hospitalisés.
-Cette action permet d'économiser plus de 2000 journées d'hôpital chaque année en évitant l'hospitalisation de certains de ses usagers et en accueillant des personnes qui autrement seraient placées en institution médicalisée.
-Les personnes accueillies refont des activités, recréent du lien social, amical, amoureux. Ils réapprennent à aller en ville. Certains retravaillent.
-L'ouverture de la structure sur l'extérieur permet de changer le regard que portent les habitants sur la maladie psychique.

-La maison relais compte 13 places
-L'accueil de jour ouvre ses portes à plus de 100 participants
-Le GEM est fréquenté par plus de 50 personnes
-80 bénévoles s'investissent au quotidien dans la Maison des Sources.

Partenaire(s) :
DDCS, ARS de Franche-Comté, Conseil général du Doubs, commune de Besançon
Au niveau du réseau : Ashoka, ESSEC'Fédérations Habitat et Humanisme, Le Chênelet, Les Amis de l'Atelier'


Moyens :
-Humains
Au total, La Maison des Sources compte 10 ETP :
-2 salariés sur la maison relais
-3 salariés sur l'accueil de jour
-1 directeur
-8 usagers travaillent en cuisine, informatique et ménage

Des professionnels auxquels s'ajoutent 80 bénévoles.

-Financiers
Le budget de l'association pour l'année 2012 s'élève à 1 084 000 euros. On compte ici le budget lié au fonctionnement de la Maison des sources, mais également de la maison relais la Lanterne à Pouilley-les-Vignes (14 places) et de l'accueil de jour les Invités à Boulogne.
Le budget se répartit ainsi :
-Part monétaire marchand : 375 000 euros.
Il s'agit de l'argent lié aux activités économiques de l'association: logement, repas, prestations annexes, cotisations liées à l'accueil de jour, friperie ouverte au public, formations (l'association est organisme de formation), dons en espèce.
-Part monétaire non marchand : 375 000 euros
157 000 euros versés par la DDCS au titre des maisons relais.
75 000 euros versés par l'ARS de Franche-Comté pour le groupe d'entraide mutuelle.
35 000 euros versés par le conseil général du Doubs.
7 000 euros versés par la commune de Besançon
Des emplois aidés ainsi que des services civiques
Pour les locaux de Boulogne, il est fait don du loyer à l'association, soit 25 000
Restent 50 000 euros de financement à trouver.
-Part non monétaire : 334 000 euros
311 000 euros liés au bénévolat.
23 000 euros de dons en nature : tout ce qui est donné pour la friperie ainsi que les marchandises de la banque alimentaire (6 000 euros).

L'association calcule son SROI (social return on investment). Il s'agit d'une méthode pour mesurer l'impact social de l'action par rapport aux ressources investies. Un exemple de critère retenu : la Maison des Sources économise 2 000 journées d'hôpital par an.
Résultat, le retour sur investissement de l'association est de 2,46 euros pour 1 euro investi.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Marie-Noëlle Besançon
Presidente
Les Invités au festin
10 rue de la Cassotte
25000 Besançon
Tel: 03 81 88 90 30
Mail: mnb@lesinvitesaufestin.fr

Lien internet: www.lesinvitesaufestin.fr/
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