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Adieu monsieur Lenoir
René Lenoir, 1er président de l’Odas, nous a quitté samedi 16 décembre victime d’un infarctus à l’âge de 90 ans. Cet «avocat des exclus» avait participé à la création de notre observatoire en 1990 et en avait assuré la présidence jusqu’en 1992. Son regard bienveillant et ses convictions ont toujours guidé ses choix. C’est avec une immense tristesse que nous avons appris sa disparition. Par ces quelques lignes, nous souhaitions rendre hommage à cet homme pétri de convictions. 

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Où en est le DSL ?
C’est à cette question que s’efforce de répondre l’ouvrage rédigé à deux voix, française et québécoise, Les nouvelles dynamiques du développement social. Ses auteurs, Cyprien Avenel, sociologue et ancien collaborateur de l’Odas, et Denis Bourque, universitaire québécois ont construit leur réflexion autour de quatre questions : le rôle de l’Etat et la contribution des politiques sociales au développement des territoires ; l’ouverture des pratiques professionnelles du champ social à l’intervention collective ; le renforcement de la société civile et de la participation citoyenne ; l’enjeu d’une conception stratégique de la politique sociale comme instrument d’une dynamique de bien commun. Avec en bonus, un regard croisé franco-québécois.

Les nouvelles dynamiques du développement social, Cyprien Avenel, Denis Bourque, Editions Champ social, 2017
 
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Vitré se mobilise contre l'obésité et pour la cohésion sociale - 35



Mis à jour le: 01-07-2010

Type d'action :

  • Education
  • Liens intergénérationnels
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Jeunesse
  • Participation des habitants

Région : Bretagne

Porteur(s) de l'action :
Ville de Vitré

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de prévenir de manière efficace l'obésité des enfants et promouvoir un mode de vie sain pour tous ses habitants, la Ville de Vitré est engagée depuis 2004 dans le programme EPODE (Ensemble prévenons l'obésité des enfants). Grâce à une forte mobilisation municipale, associative, scolaire ou encore médicale, les enfants et leurs familles deviennent les acteurs de nombreuses initiatives relatives à l'alimentation et à l'activité physique. La découverte, le jeu et la convivialité sont au c'ur d'un projet qui a fait ses preuves pour changer certaines habitudes et diminuer le nombre d'enfants en situation de surcharge pondérale.

Origine(s) :
En 2004, à la suite d'une proposition de l'Assemblée nationale faite aux députés-maires, Vitré devient l'une des dix villes pilotes EPODE. Pendant ses deux premières années d'existence, le programme constitue avant tout une démarche de prévention, s'appuyant sur des documents pédagogiques diffusés auprès des enseignants, des élèves et des familles. En 2006, le recrutement d'un chef de projet, diététicien de formation, donne une autre ampleur au programme EPODE. L'objectif de prévention, qui reste au centre de la mobilisation des acteurs de la Ville, suscite une panoplie d'initiatives visant à promouvoir l'équilibre alimentaire, l'activité sportive, mais aussi le plaisir lié à une alimentation saine et conviviale.

Description détaillée :
Entre 1992 et 2004, l'étude Fleurbaix Laventie Ville Santé, menée par deux équipes médicales, évalue l'influence de l'éducation alimentaire des enfants sur les comportements de toute la famille, à travers le suivi prospectif des populations de deux villes du nord de la France, Fleurbaix et Laventie, et de deux villes contrôle. La mobilisation de l'ensemble de la collectivité ayant été suivie d'une baisse significative du taux de prévalence de l'obésité des enfants dans les villes concernées, les travaux menés conduisent à l'identification de quatre conditions nécessaires à une démarche efficace : l'engagement politique, un support scientifique solide, une structure de coordination, un partenariat public-privé.

Une méthodologie naît de ces constats. à la demande de l'association Fleurbaix Laventie Ville Santé (FLVS), le programme EPODE est initié par l'agence Protéines. Pour répondre à un enjeu de santé publique, trois niveaux sont mobilisés : la coordination nationale, s'appuyant sur un comité d'experts de différents domaines (nutrition, activité physique, marketing, sociologie, communication santé et pédagogie'), la municipalité, avec en particulier l'engagement direct du maire, et enfin les familles ainsi que l'ensemble du tissu local (écoles, associations, professionnels de santé, commerçants').

Ainsi l'objectif du programme est d'aider les familles à adopter des modes de vie favorables à la santé, grâce à la mobilisation des acteurs locaux autour d'une offre de proximité conforme aux recommandations du Programme national Nutrition Santé. Les trois principaux axes d'EPODE sont : une alimentation équilibrée, diversifiée, abordable et plaisante pour la famille ; une activité physique régulière et intégrée dans le quotidien ; un environnement local favorable au développement de ces bonnes habitudes, promouvant notamment une approche positive, le sens du partage et le renforcement de la cohésion sociale.

à Vitré, les bonnes habitudes s'acquièrent par le jeu
Vitré, ville EPODE depuis 2004, a bénéficié dès le départ des supports pédagogiques réalisés par l'agence Protéines visant à sensibiliser enfants, parents et enseignants aux bienfaits d'une alimentation équilibrée. Les enseignants ont eu notamment à leur disposition des fiches thématiques les invitant à travailler avec leurs élèves sur le goût et le toucher des différents aliments.

à partir de 2006, la «pratique» devient une voie privilégiée de prévention. Dans toutes les écoles de la Ville, un diététicien intervient régulièrement auprès d'enfants de 5 à 10 ans. Ces derniers apprennent à reconnaître les différents groupes alimentaires. Une activité de dégustation de produits laitiers, de féculents ou encore de fruits et légumes amène les élèves à s'interroger sur les différentes manières de préparer un aliment et sur l'impact que cela peut avoir sur le goût ou la texture. Un poireau cru, par exemple, sera peut-être davantage apprécié par un enfant qu'un poireau cuit et cuisiné. Cette éducation au goût permet de faire prendre conscience au jeune public de la diversité des aliments et de leur préparation, et de la possibilité de changer de préférence. Un atelier d'éveil sensoriel invite les élèves à sentir, goûter, et tenter de reconnaître des jus de fruit ou des produits déguisés. Enfin, des stagiaires sont chargés de créer des jeux adaptés à un âge bien particulier; un «trivial poursuit CM2» a ainsi été réalisé.

En ce qui concerne l'activité physique, un éducateur sportif commence à intervenir dans les écoles afin d'augmenter le nombre et la diversité des jeux présents dans une cour de récréation. En effet, les sports collectifs, généralement principale activité rendue possible par l'aménagement des cours, ne plaisent pas à tout le monde. Par la disposition de petits espaces réservés à des activités particulières (badminton sans raquette, basket ou encore cerceaux), l'objectif est de réussir à faire bouger au moins 95% des enfants au moment des pauses. Les Atsem (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) ou encore les élèves de CM2 sont formés par l'éducateur et deviennent les relais de l'animation des récréations. Le jeu, tout en atteignant son but de favoriser l'activité physique, est en même temps vecteur de convivialité et d'échanges.

Bien manger et bien bouger : une histoire d'équipe entre petits et grands
Au sein de la ville, des ateliers cuisine sont organisés pour un public de jeunes enfants ; trois écoles maternelles sont aujourd'hui mobilisées. Deux fois par mois, pendant deux heures, les petits préparent un plat salé et un plat sucré qu'ils rapportent ensuite chez eux pour une dégustation familiale. L'instituteur des classes concernées apporte sa contribution afin de mettre en forme les recettes illustrées de dessins, fournies aux enfants. Les plats choisis doivent à la fois susciter la curiosité de l'enfant et être aisément reproductibles par les parents. Ces derniers ont été séduits par la démarche grâce à laquelle ils peuvent faire goûter à leurs enfants de nouveaux aliments, comme des légumes peu connus ou d'ordinaire peu appréciés. Par l'intermédiaire des enfants, les parents eux-mêmes sont «éduqués», en apprenant à oser la diversité dans leur cuisine et à changer progressivement leurs habitudes. Enfin, il faut noter que cet atelier cuisine est localisé dans une résidence pour personnes âgées. De temps en temps, les résidents viennent jouer les chefs d'équipes et conseiller les apprentis marmitons. En retour, les enfants font souvent goûter leurs réalisations aux personnes âgées. La cuisine fait naître ainsi des liens spontanés entre les générations.

La cohésion entre les différents membres de la Ville est également favorisée par les activités organisées chaque année lors de la SNAPS (semaine nutrition activités physiques et sportives). Une randonnée à vélo a ainsi réuni une centaine de personnes. Une autre année, une randonnée pédestre dans la commune de Vitré a rassemblé environ 200 personnes, dont des enfants. Ces manifestations sont closes par un pot offrant la dégustation de jus de fruits et autres saveurs réalisés par les chefs d'une école hôtelière voisine. Là encore, c'est la convivialité autour d'une alimentation saine et d'un mode de vie sportif qui est privilégiée. Une autre année, pendant une semaine, les associations sportives de toute la ville étaient présentées dans les écoles, pendant la pause déjeuner, afin de promouvoir la pratique du sport.

Autre vecteur de sensibilisation des familles, des documents pédagogiques sont réalisés et diffusés largement dans la commune. La question du petit-déjeuner et de la collation le matin étant particulièrement sensible, une enquête a été réalisée dans le but de savoir ce que les parents donnent à manger à leurs enfants le matin. à la suite des résultats de cette enquête, un petit-déjeuner collectif a été organisé dans chaque école maternelle et élémentaire de la ville. Les familles repartaient avec un document pédagogique sur le petit-déjeuner. Cette initiative a été très suivie (80% des parents), même si une enquête postérieure à l'événement a montré que les comportements avaient été peu modifiés. D'autres documents pédagogiques ont été réalisés, sur la manière de réaliser un pique-nique équilibré par exemple. Enfin, un livre de recettes, effectué à partir des ateliers cuisine, a été distribué à tous les élèves des écoles de Vitré.

D'autres initiatives sont en cours de développement, notamment des petits-déjeuners et goûters pour de très jeunes enfants (0-3 ans), en lien avec les crèches et une association de parents d'élèves. Par ailleurs, un travail est effectué avec l'épicerie sociale, afin d'aider des familles en difficulté à apprendre à préparer des repas équilibrés et bon marché. Un jeu a été créé à cette occasion; il s'agit d'un puzzle composé de 126 images (représentant des éléments de toutes sortes : entrées, féculents, légumes') correspondant à 80 recettes. Par ailleurs, des cours de cuisine vont être prochainement organisés pour ce public.

Une réussite reposant sur une forte mobilisation des acteurs de la Ville
Le programme EPODE intègre une dimension évaluative, notamment à partir de visites d'infirmières scolaires qui tiennent régulièrement à jour un tableau de suivi pour chacun des enfants. Ainsi entre 2005 et 2010, la proportion des enfants en surcharge pondérale est passée de 12% (10% d'enfants en surpoids, 2% en situation d'obésité) à 8% (7% surpoids, 1% obésité). Ces bons résultats sont à mettre en relation avec une forte motivation de l'ensemble des parties prenantes au sein de la Ville de Vitré : élus et services municipaux, éducation nationale, médecine scolaire, enfants et parents, associations, etc. Un comité de pilotage réunit tous les trois mois les partenaires afin de coordonner le dispositif. Outre la dimension préventive, un volet de prise en charge a été développé, grâce à une bonne coordination avec l'hôpital. Lors des visites médicales, les enfants diagnostiqués en situation de surpoids ou d'obésité se voient proposer un suivi nutritionnel à l'hôpital ; toutefois, du fait de l'impact psychologique que cela représente, les parents des enfants concernés sont seulement 30 à 40% à donner suite à ce genre de préconisations. Ainsi des pistes pourraient être encore explorées pour faire évoluer les états d'esprit et les comportements, même si le c'ur du programme est bien centré autour de l'enfant qui, en découvrant de nouvelles manières de vivre, peut par la suite avoir lui-même un impact sur sa famille.

Impact(s) :
1 800 enfants concernés par les activités (ateliers, petits-déjeuners équilibrés, ') dans les écoles (10 écoles, avec une alternance annuelle : cinq écoles une année, cinq autres écoles l'année suivante).

L'ensemble des parents d'élèves et des familles ont été touchés, directement ou indirectement, par ces initiatives.

La proportion des enfants en surcharge pondérale est passée de 12% en 2005 à 8% en 2010.

Partenaire(s) :
Ville de Vitré : maire, élus (dont un élu chargé des sports éducatifs et scolaires et du programme Epode), services municipaux (dont un chef de projet Epode), CCAS (épicerie sociale).

Education nationale (les 10 écoles de Vitré, Inspection académique), médecine scolaire, professionnels de santé libéraux, hôpital.

Moyens :

Humains :
1 chef de projet diététicien (0,4 ETP);
1 éducateur sportif intervenant quelques heures par semaine dans les écoles;
2-3 stagiaires diététiciens par an (stage de 4 semaines).

Financiers : Ville de Vitré : budget annuel de 10 000 euros.

Le financement du programme au niveau national (supports pédagogiques, outils de communication, logistique') est assuré par des partenaires privés (fondations d'entreprise Nestlé France, Carrefour, ISICA ; entreprises Orangina Schweppes, Ferrero France, Kellogg's).

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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