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Marie Françoise Fuchs, une vieillesse pleine d’avenir
A 85 ans, Marie-Françoise Fuchs n’a rien de la mamie gâteau et encore moins de la mamie gâteuse. Cheveux coupés courts, silhouette impeccable en pantalon, col roulé, elle vous accueille avec une tasse de thé et cette aisance toute naturelle des gens bien né. Dans son bureau, donnant sur la cour d’un immeuble ancien face au Louvre, les livres ont pris le pouvoir, allant jusqu’à investir le canapé. Il est vrai que cette petite femme aux faux airs de Françoise Giroud, n’est pas du genre à s’alanguir. Il y a 10 ans, à l’âge ou d’autres ressassent leurs souvenirs, elle a créé l’association Old’Up, dont elle vient de céder la présidence au Professeur Philippe Gutton. « Avec Old’Up, les vieux debout revendiquent d’être une richesse et de se sentir utiles à notre société. J’ai mis toute mes forces à faire remonter leur parole, comme je l’ai fait avant pour les femmes et les grands parents ».

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La Fonda : faire ensemble 2030
A l’occasion de sa soirée de rentrée, La Fonda lance le 28 septembre 2017 son nouveau cycle de prospective participative. Objectif : démontrer et accroître la capacité des acteurs associatifs à répondre aux défis de l’Agenda 2030 (Programme mondial de développement durable à l’horizon 2030). Cette démarche s’appuiera notamment sur un programme de séminaires réguliers et donnera lieu à une « Université de la prospective », les 22 et 23 mars 2018, à Paris. www.fonda.asso.fr/ 
 
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Alternativ’hotel : une solution à l'urgence de l'hébergement



Mis à jour le: 24-04-2017

Contact action : >> BOUHIER Emmanuel : consulter sa fiche

Région : Auvergne

Sur le vif :

« On ne peut pas demander aux gens de s’investir dans une démarche juridique compliquée qu’impose le droit des étrangers en les bloquant dans une situation d’urgence », président de l’association porteuse de l’action.  

Porteur(s) de l'action :
Association Atelier Logement Solidaire (ALS) 

Objectif(s) et bref descriptif :

Afin mettre les familles déboutées du droit d’asile et hébergées dans le cadre de la protection de l’enfance en condition de trouver des solutions durables à leur situation, l’association Atelier Logement Solidaire (ALS) apporte une alternative à l’instabilité de l’hébergement d’urgence en hôtel. Conventionnée par le département et en partenariat avec de nombreuses associations locales, ALS loge les familles en appartement tout en leur proposant un accompagnement global, jusqu’à la régularisation de leur situation. Une solution moins chère que les nuitées hôtelières avec un meilleur impact social et économique.

Origine(s) :

En 2009, le nombre de familles demandeuses d’asile sans hébergement et logées à l’hôtel dans le cadre de la protection de l’enfance est croissant dans le Puy-de-Dôme. Trois associations locales, la Cimade63, le Secours populaire et le Secours catholique dénoncent alors la situation de ces familles dont beaucoup sont déboutées du droit d’asile: leur demande d’asile a été rejetée et elles doivent entamer d’autres démarches pour régulariser leur présence sur le territoire. Or, leur hébergement constitue un frein car elles sont ballotées entre l’hôtel, les centres d’hébergement et la rue. Elles perdent alors beaucoup d’énergie pour résoudre leurs problèmes d’hébergement. Leur situation administrative, leur insertion professionnelle, la scolarité des enfants ainsi que leur vie de famille s’en trouvent dégradées, tandis que les associations ont du mal à assurer une continuité de l’accompagnement. En outre, les capacités d’accueil des structures qui gèrent l’hébergement d’urgence n’étant pas suffisantes, l'hôtel est de plus en plus utilisé comme moyen de substitution. Cette dernière mesure, au départ temporaire, est devenue la règle. Pourtant elle est coûteuse, peu adaptée à la vie de famille et ne facilite pas les actions sociales et humanitaires.

Les trois associations décident alors de passer de la dénonciation à l’action et réfléchissent ensemble à un projet pour faire face à cette problématique. Afin de définir un porteur de projet unique, et par là plus identifiable, elles créent le 25 mars 2010 l’association Atelier Logement Solidaire (ALS), de laquelle naît la première esquisse du projet Alternativ’hotel. En août, celle-ci est présentée lors d’un concours de jeunes créateurs de coopérations au Québec et remporte un prix. Les membres d’ALS, qui en ressortent d’autant plus confiants, consolident alors le projet et le proposent au conseil départemental en octobre. S’il est accepté un mois plus tard, les élections de 2011 rebattent les cartes et il faut attendre janvier 2013 pour que le dispositif soit déployé à travers une convention à titre expérimental signée entre ALS et le conseil départemental.

Cette convention concerne les familles étrangères (au moins un parent et un enfant mineur), déboutées du droit d’asile, en démarche de régularisation et en voie d’insertion professionnelle. Au niveau du département, une personne chargée de piloter les politiques de logement d’insertion s’occupe du déploiement opérationnel de la convention, aidée par des référents au niveau des territoires. Ces employés du département composent, avec les membres de l’association ALS mobilisés sur le projet Alternativ’hotel, une commission ad’hoc qui réceptionne les demandes des familles orientées vers le dispositif par le 115 ou les associations et choisit parmi celles-ci les familles qui pourront bénéficier du dispositif. La commission se réunit actuellement dès qu’une place se libère, c’est-à-dire quand une famille sort du dispositif.  

Description détaillée :


Stabilité du logement : un prérequis pour permettre aux familles de reprendre leur vie en main

L’idée première sur laquelle repose le dispositif Alternativ’hotel est assez simple : pour que les individus en difficulté puissent trouver des solutions à leurs problèmes, il faut les placer dans un environnement favorable à la résolution de ces derniers. C’est finalement le principe de la pyramide de Maslow selon laquelle les besoins sociaux des individus ne peuvent être pourvus sans répondre au préalable à leurs besoins physiologiques et de sécurité. Ainsi, le dispositif repose sur l’hébergement des familles en appartement. Vingt-et-un appartements sont loués par l’association ALS pour loger les familles intégrant le dispositif.

Il s’agit de leur assurer des conditions matérielles décentes et une stabilité du lieu de vie. Ainsi il n’existe pas de durée limite du placement en appartement pour les familles bénéficiaires. C’est seulement lorsqu’elles ne répondent plus à l’une des conditions citées dans la convention qu’elles quittent le dispositif. Dans l’idéal, il s’agit du moment où leur présence sur le territoire est régularisée.

Il importe aussi de développer l’autonomie des familles pour que la solution trouvée soit la plus durable possible. Dès lors, les appartements sont choisis par rapport à leur proximité à l’école, leur facilité d’accès aux transports en commun et leur insertion dans un large tissu associatif. La plupart sont ainsi situés dans l’agglomération Clermontoise. Ils ne sont toutefois pas tous regroupés dans le même immeuble ni dans le même quartier pour plus de mixité sociale. Allant du T2 au T5, les appartements sont pour le premier tiers issus du parc social, pour le deuxième tiers trouvés sur le marché privé (agences immobilières ou particuliers) et pour le dernier tiers loués à des propriétaires solidaires (Humanis et Etablissements Publics Fonciers). La stabilisation des familles en appartement permet alors à l’association d’effectuer un suivi social de proximité. Deux éducateurs suivent chacun une dizaine de familles dans leurs démarches administratives et dans la défense de leurs droits. Le placement des familles en appartement est aussi l’occasion, dans une démarche coopérative, de faire appel à des entreprises d’insertion ou d’économie sociale et solidaire dans les différents travaux qu’impliquent les déménagements : rénovation de meubles, remise en état des locaux, etc.

Une coopération à tous les niveaux pour un accompagnement global des familles
Le dispositif Alternativ’hotel accorde une large place à la coopération. Premièrement, au niveau de sa construction. En effet, il est issu du travail de l’association ALS, qui repose sur la coopération de trois associations locales confrontées à la problématique du logement pour les personnes précarisées : la Cimade63, le Secours populaire et le Secours catholique. Ces dernières sont membres de l’association en tant que personnes morales et y partagent leur expérience au service du développement de projets sociaux innovants. Pour Alternativ’hotel, le premier projet issu de cette coopération, la fondation de l’association ALS a aussi permis de se détacher des normes propres à chaque association membre et d’admettre ainsi davantage de marge de manœuvre.

Un autre élément qui témoigne du caractère coopératif du projet se retrouve dans les nombreux partenariats noués par l’association ALS avec le tissu social local. Il importe que les familles aient toutes les cartes en main pour répondre à l’ensemble de leurs besoins. Pour l’apprentissage du français langue étrangère, les familles peuvent bénéficier de cours dispensés par la Cimade63. Pour l’accès à la culture, l’association est partenaire de culture du cœur. Pour l’accès aux sports, elle est partenaire de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT). Elle est aussi partenaire de l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV) pour le soutien scolaire des enfants. Ces partenariats sont valorisés auprès des familles bénéficiaires par les éducateurs qui les suivent dès leur entrée dans le dispositif.

Le troisième niveau de coopération du dispositif, et peut-être le plus difficile à mettre en place, se situe entre l’association et les familles. En effet, il importe, dans une stratégie d’empowerement, de mobiliser les familles dans des projets collectifs. Le plus abouti, piloté par un père de famille ancien ingénieur agronome, est la mise en place d’un jardin partagé. Ce dernier est entretenu par les bénéficiaires du dispositif. Malgré les difficultés de mobilisation que ces projets collectifs peuvent impliquer, il semble important de construire cette coopération avec les familles car celles-ci, souvent marquées par un passé difficile, ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à se détacher de tout réflexe collectif.

L’association ALS est aussi dans une démarche de coopération avec le département du Puy-de-Dôme. En effet, le conseil départemental, au nom de ses missions de protection de l’enfance et de développement de l’insertion, renouvelle chaque année depuis 2013 une convention d’expérimentation avec l’association pour l’Alternativ’hotel. Dans celle-ci, il est précisé que le département finance les frais de fonctionnement de l’association. Le nombre d’appartements y est également défini : il est de 21 et n’a pas évolué depuis 2013. Les dépenses d’investissement sont quant à elles prises en charge par l’association qui a obtenu différents financements (voir infra). Les relations entre l’association et le département ne sont toutefois pas seulement de nature financière. Les éducateurs de l’association sont régulièrement amenés à travailler avec les services sociaux du département pour l’accompagnement des familles.

Malgré les limites budgétaires du département, un impact social positif qui ouvre des perspectives d’essaimage
Entre 2013 et début 2017, 28 familles ont bénéficié du dispositif Alternativ’hotel. Le nombre d’appartements étant toujours de vingt-et-un, cela implique que sept familles en sont sorties. Parmi elles, cinq ont quitté le dispositif pour cause de régularisation et ont ainsi pu être orientées vers d’autres types d’accompagnement. Les deux sorties restantes sont issues, dans un cas, de l’arrivée à la majorité de l’enfant, dans l’autre cas, d’une nécessaire réorientation de la famille aux vues des difficultés auxquelles elle était confrontée et de l’incapacité de l’association à y répondre. Même si ce n’est pas sans quelques frustrations, le dispositif Alternativ’hotel semble donc bien répondre à ses objectifs en termes de régularisation des situations, élément clef pour l’insertion, au moins professionnelle, des familles. Le dispositif permet aussi une meilleure optimisation des ressources du département. Alors que l’hébergement en hôtel revient à 17euros/nuit/personne, l’action d’Alternativ’hotel revient à 12euros/nuit/personne. C’est sans compter que cette action inclut un accompagnement social global de chaque famille. Elle participe ainsi à désengorger les hôtels et à soulager les services sociaux du département dans le nombre de dossiers qu’ils ont à traiter. Ces évolutions sont bien sûr à rapporter à un contexte de hausse de la demande sociale, qui n’a pas pu être suivie par le dispositif. En effet, le nombre d’appartements est resté stable. C’est que le financement départemental du dispositif provient des budgets plus généraux du Programme Départemental d’Insertion (PDI) et de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) que la collectivité cherche à maîtriser.

En 2017, après quatre années de déploiement, le dispositif Alternativ’hotel est stabilisé et entre dans une nouvelle phase de développement. D’abord, en interne : il s’agit d’affiner sa structuration au niveau du Puy-de-Dôme à travers notamment la formalisation des procédures. Pour cela, l’association est accompagnée par un dispositif d’audit local. D’autre part, il importe de développer le bénévolat autour de l’association ALS. Par manque de temps, cette mission a pu être laissée de côté lors des premières années de déploiement du dispositif. Au-delà des membres du bureau, le bénévolat s’y limite pour le moment à l’adhésion. Les membres d’ALS commencent alors à réfléchir à la manière dont une action bénévole pourrait aujourd’hui enrichir le dispositif. Ensuite, depuis 2017, l’association ALS initie une démarche d’essaimage pour Alternativ’Hotel. Elle propose actuellement à d’autres départements une expertise sur leurs besoins sociaux afin de pouvoir exporter le dispositif tout en l’adaptant aux problématiques locales.

Impact(s) :

• Le dispositif Alternativ’Hôtel permet d’assurer un hébergement décent et mieux adapté à la composition des familles offrant la possibilité de cuisiner, de recevoir de la visite et de retrouver une vie de famille plus stable.
• Un suivi sur la durée, personnalisé et coordonné : 100% des familles hébergées ont leur situation connue des associations, 100% des enfants en âge de l'être sont scolarisés dans de bonnes conditions.
• Davantage de continuité dans le parcours scolaire des enfants
• 30 % d’économies pour le département par rapport à l’hébergement en hôtel
• Plus de participation des familles aux activités locales et une meilleure intégration dans le tissu social
• Soulagement des services sociaux départementaux
• Désengorgement des hôtels
• 5 familles régularisées entre 2013 et 2016

Partenaire(s) :
• Cimade63
• Secours populaire
• Secours catholique
• Le conseil départemental du Puy-de-Dôme
• Culture du cœur
• Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT)
• Association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV)
• Mains Ouvertes
• Envie Mo
• Job Agglo
 

Moyens :

Humains
L’association ALS emploie 4 ETP : 1 coordinatrice, 2 éducateurs, 1 technicien

Financiers
Les dépenses de fonctionnement de l’association sont prises en charge par le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme. Il s’agit d’une part des salaires des employés de l’association et d’autre part des loyers des 21 appartements loués par l’association ALS (à hauteur de 12€/nuit/personne).

Les dépenses d’investissement de l’association sont quant à elles prises en charge par l’association qui a obtenu des fonds :
• du Conseil Régional Auvergne Rhône Alpes
• de fondations (Abbé Pierre, Caritas)
• du prix obtenu lors du concours de coopératives au Québec
• d’une campagne de financement participatif (plateforme « les petites pierres » qui ne prend pas de commission et est spécialisée sur le logement solidaire)
• du moteur de recherche « lilo » qui finance des projets sociaux
• de dons
• des adhésions
Actuellement, afin de financer l’embauche d’un(e) chargé(e) de mission qui sera mobilisé(e) sur l’essaimage, l’association ALS candidate au concours de la Fabrique Aviva pour le meilleur projet favorisant le lien social.

Matériels
L’association ALS possède 1 fourgon pour les déménagements.
 

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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