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Claire Bolduc, la québécoise qui défige le monde rural
Sa force de conviction et son enthousiasme feraient reculer l’hiver de la belle la Province ! Derrière sa frange blonde et ses lunettes sages, Claire Bolduc est une boule d’énergie, au service des causes qu’elle défend : le dynamisme des territoires ruraux et une autre façon de faire société , plus durable et respectueuse des ressources environnementales. Depuis plus de 30 ans, alors jeune épouse, puis mère de quatre enfants et aujourd’hui grand-mère comblée, cette quinqua québécoise n’a cessé de s’engager.

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Coup de pouce aux parents solo
Pas facile, lorsque l’on est une maman solo, de trouver à se loger, entre la charge du loyer sur un salaire unique et le peu de temps à consacrer à la recherche d’un logement. C’est pourquoi la Fondation Monoprix, dont la vocation est de soutenir des initiatives favorisant l’accès aux biens de première nécessité ou luttant contre la solitude en ville, vient d’attribuer son prix à Fraveillance. Cette initiative citoyenne s’efforce d’aider les familles monoparentales à accéder au logement en renforçant leur dossier de candidat locataire, en finançant le dépôt de garantie et en favorisant la création de groupe de colocataires. Alors que Fraveillance lance sa première campagne de crowfunding, Monoprix s’est engagé à doubler les dons qui seront faits. https://fr.ulule.com/ fraveillance/ 
 
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A Trébédan vivre ensemble c’est l’enfance de l’art



Mis à jour le: 31-01-2017

Contact action : >> GUILLOU Nolwenn : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Education
  • Culture, Sport
  • Développement local rural
  • Relations de voisinage
  • Liens intergénérationnels
  • Jeunesse
  • Vie des séniors
  • Nouvelles pratiques professionnelles
  • Participation des habitants
  • Bénévolat

Région : Bretagne

Sur le vif :
« L’école a tout rassemblée. Elle a fait le lien entre les associations qui existaient, les anciens, le club de foot, l’amicale laïque… Il a fallu s’investir dans le projet, beaucoup sont venus participer à la construction, aux aménagements. Cette école elle a fait parler de nous, elle a attiré de nouveaux arrivants, elle a généré une vraie dynamique». Un parent d’élève.  

Porteur(s) de l'action :
Les commanditaires (des habitants, élus, institutrices du village de Trébédan). 

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de créer du lien entre l’école et le village, et de favoriser l’implication et l’autonomie des élèves, les institutrices de l’école maternelle et primaire de Trébédan ont engagé leur école dans une démarche de sensibilisation à la création artistique et à la mise en valeur du patrimoine local. Cette démarche conduite sur plusieurs années, a permis d’ouvrir largement l’école sur l’extérieur et d’en faire un lieu de partage entre générations (personnes âgées, parents d’élèves, enfants, notamment). Cette dynamique du « vivre-ensemble », créée autour de l’école, s’est concrétisée par l’engagement du village dans le projet « nouveaux commanditaires », porté par la Fondation de France : faire de la rénovation de l’école une aventure humaine et un projet artistique à part entière, conçu par la designer internationale Matali Crasset en étroite collaboration avec les élèves et les habitants. 

Origine(s) :
Le village de Trébédan, situé à quinzaine de kilomètres de Dinan compte 422 habitants, dont une importante communauté portugaise, venue à l’origine travailler dans les carrières de granit. L’école « le blé en herbe » accueille une soixantaine d’enfants, dont plusieurs confiés par l’ASE à des familles du village, dans trois classes multi-niveaux (maternelles, CP-CE1-CE2, CM1-CM2). Quand, au début des années 2000, une nouvelle équipe pédagogique arrive dans la petite école rurale, les carrières de granit sont en train de fermer, le dernier café s’apprête à mettre la clef sous la porte et les occasions de rencontres entre habitants sont réduites à quelques initiatives ponctuelles. Ce climat pesant se répercute sur l’école, menacée d’une fermeture de classe. Les locaux (le bâtiment d’origine est un préfabriqué qui prend l’eau) sont vétustes, les habitants peu investis et les élèves peinent à s’impliquer dans leurs apprentissages.
Les institutrices, sensibilisées à une pédagogie valorisant l’autonomie, la coopération et l’ouverture aux autres, décident alors d’initier des projets fédérateurs, non seulement pour les élèves mais également avec les parents et les habitants du village, notamment les retraités du Club de l’amitié. Avec l’aide du Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement (CAUE) des Côtes-d’Armor, qui conduit des missions de sensibilisations à l’architecture, à l’aménagement et au paysage auprès des scolaires, les maitresses appuient successivement le projet d’école sur la réalisation de cabanes, la création d’un jardin, l’installation dans l’espace public de personnages nés de l’imaginaire des enfants. Les parents, les âgés, sont invités à participer, à transmettre leurs connaissances aux enfants, que ce soit en matière de jardinage, de construction et à partager des moments festifs. Progressivement des réticences sont levées, des habitudes d’entrer dans l’école se prennent, une confiance réciproque s’installe. De même, les enfants découvrent leur capacité à agir sur leur environnement et leur implication dans leur commune, comme lorsque le maire sollicite l’école pour faire découvrir le petit patrimoine local. Ecoliers et retraités travaillent ensemble à la création d’un petit guide touristique, à la réalisation d’un film d’animation avec les anciens des communes alentour, aux animations d’un parcours découverte.
Une dynamique est née, ainsi qu’une familiarité avec l’objet artistique. Reste à lui donner l’occasion de se concrétiser au sein d’un projet durable et mobilisateur pour l’ensemble du village.
 

Description détaillée :

Le défi Nouveaux commanditaires
En 2006, le CAUE propose aux institutrices de s’engager dans une démarche dépassant le cadre de l’école mais qui donnerait sens aux évolutions amorcées : les Nouveaux commanditaires http://www.fondationdefrance.org/programme/nouveaux-commanditaires. Ce programme, initié par la Fondation de France, permet à des groupes de personnes, de toutes origines et de tous milieux, de solliciter un artiste pour qu’il traduise leurs préoccupations sur une question de société à travers une œuvre installée dans l'espace public. Or les Côtes-d’Armor sont le seul département à avoir signé une convention avec la Fondation de France pour la mise en œuvre de ce dispositif et deux projets ont alors déjà été réalisés sur son territoire.
Les institutrices, séduites par la démarche, mobilisent la mairie pour sensibiliser les habitants et constituer un groupe de commanditaires : il réunit le Maire (et son successeur à partir de 2008), des parents d’élèves, des habitants de la commune, dont le président du Club des amis et un ancien de l’école (élève en école d’architecture), ainsi qu’une personne extérieure, conseiller départemental en art plastique. Une association médiatrice « Eternal network» va les aider à définir la commande. Très vite, alors que celle-ci s’était orientée initialement autour de la valorisation du petit patrimoine, l’idée de la rénovation de l’école, qui a acquis une véritable dimension fédératrice au sein du village, s’impose. Et la designer Matali Crasset, qui a déjà collaboré au programme dans le Nord et dont la philosophie (elle a conçu la crèche du 104, à Paris) rejoint celle des commanditaires, est pressentie

Tout un village mobilisé
S’engage alors une véritable aventure humaine et collective sur plusieurs années. Tout au long de la conception, de la recherche de financement, puis de la réalisation, élèves, habitants, élus vont être associés au projet, en lien avec l’artiste et le médiateur de la Fondation de France. Le cahier des charges est défini collectivement, lors d’échanges réguliers avec Matali Crasset, puis avec l’architecte, afin que l’œuvre finale rende visible les choix pédagogiques et les exigences environnementale, sociale et artistique portées par l’école et relayées par l’ensemble de la communauté. Ainsi, l’école est conçue en norme passive c’est-à-dire de façon à générer elle-même son énergie, par son orientation et par l’activité des enfants ; les bâtiments accueillent des activités différentes selon les moments de la journée et s’ouvrent aux habitants : lasalle de partage est à la fois cantine et salle de motricité sur le temps scolaire et reçoit en dehors des activités associatives, des expositions, des spectacles… La médiathèque est également celle du village et des activités intergénérationnelles y sont organisées (Lire et faire lire, bébés lecteurs…). L’ouverture de l’école est matérialisée par la création de sculptures monumentales et oniriques en bois, qui débordent de la cour de récréation sur la place centrale du bourg : « les extensions de générosité ». Un mobilier modulable et ludique est inventé par la designer pour répondre aux besoins des enfants et des enseignants. Enfin, chaque grande étape – déménagement, démolition, chantier, retour dans les nouveaux bâtiments,…- fait l’objet d’un travail pédagogique avec les élèves, de temps forts partagés et mobilise l’ensemble du village. Les parents artisans sont par exemple venus expliquer les méthodes de construction, le mobilier a été monté en commun, …

Une dynamique enracinée
Si la durée du projet (huit ans) laissait craindre une certaine usure, elle a surtout permis d’établir une relation de confiance, de rassurer et de lever des résistances, notamment autour de l’investissement financier du projet, inenvisageable pour une commune comme Trébédan. Là encore, l’engagement de chacun des acteurs a été nécessaire pour aller chercher des financements très divers, le projet touchant à de nombreux domaines (culture, environnement, social, développement rural, éducation…) : fondations, fonds européen, réserve parlementaire, dotations publiques du département et de la région, commande publique auprès du ministère de la Culture… Au total, les 1,4 millions d’euros de la rénovation ont été financés aux deux tiers par des subventions publiques et privées, le dernier tiers faisant l’objet d’un prêt, sans que pour autant les impôts des Trébédannais n’augmentent. Un investissement important mais dont les retombées humaines et économiques se prolongent depuis l’inauguration de la nouvelle école, en septembre 2015 et génère une fierté légitime et un sentiment d’appartenance chez les habitants. Lors des journées du patrimoine, l’école a attiré plusieurs centaine de visiteurs dans le village. Elle constitue un pôle d’attraction pour des familles extérieures qui ont choisi d’y inscrire leurs enfants et la construction d’un nouveau lotissement a été décidée pour répondre aux demandes d’installation. De nouvelles actions pédagogiques ont été initiées, tant avec les aînés qu’avec le CAUE 22 et s’élargissent au-delà de la commune, à de nouveaux publics (personnes en situation de handicap, notamment) ; les parents d’élève continuent d’être mobilisés et viennent de financer l’acquisition d’un tableau numérique. Enfin, l’état d’esprit et la dynamique développés par l’école depuis une dizaine d’année trouve aujourd’hui un écho dans « La fabrique d’énergie citoyenne », une association qui s’appuie là encore sur le partage de compétences et la mise en synergie des différentes associations de la commune. Elle a ouvert, aux portes de l’école, un café associatif qui propose ateliers et animations et dont le modèle essaime auprès des communes voisines : deux se sont aussi lancées dans l’aventure.

Impact(s) :
• La création d’une dynamique de développement local, portée par les habitants et renforcée par un réseau partenarial fort.
• Une remobilisation des élèves sur leurs apprentissages, autour de valeurs de coopération, de respect des autres et de l’environnement, d’initiation à une citoyenneté active et concrète.
• Une reconnaissance de l’école et de l’équipe pédagogique, qui favorise des relations de confiance avec les parents et le village.
• Le développement des liens intergénérationnels et la valorisation du rôle des plus âgés en matière de transmission (mémoire, savoirs…).
• La valeur d’exemplarité du projet qui génère de nouvelles initiatives au sein du village et dans les communes environnantes.
• La mise en œuvre de nouvelles pratiques professionnelles et de nouvelles approches des relations partenariales. 

Partenaire(s) :
Fondation de France ; Fondation Carasso ; Conseil Départemental des Côtes d’Armor ; Communauté de communes Plélan Plancoët ; Ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales ; Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Bretagne, commande publique) ; Région Bretagne (contrat de pays et Eco-Faur) ; Réserve parlementaire ; Communauté Européenne (FEDER et Leader) ; ADEME ; Plust Collection ; Commune de Trébédan 

Moyens :

Humains :
Les habitants du village de Trébédan, les élèves et l’équipe pédagogique de l’école « Le blé en herbe », les partenaires, les multiples interlocuteurs et intervenants (designer, architecte, artisans, institutionnels…) aux différentes étapes du projet et du chantier.

Financiers :
La Fondation de France et le Conseil départemental des Côtes-d’Armor on financé l’étude et l’accompagnement.
Subvention de l’Etat à la commune au titre de la construction scolaire.
Fondation Caraso sur l’aménagement intérieur et la prestation d’architecte, soit deux fois 200 000 euros
Fonds européens pour la création de la médiathèque.
Ministère de la culture via la commande publique pour le mobilier, soit 90 000 euros.
 

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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