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Anne Sarah Kertudo, la voix des « déniés de justice »
Anne Sarah Kertudo a ses habitudes dans ce bistrot de quartier. A peine y est-elle entrée qu’on la salue joyeusement. Quoi de plus normal, pour cette jeune femme active, co-fondatrice de l’association Droit pluriel et maman de deux enfants. A la différence près qu’elle ne voit pas ceux qui l’interpellent et qu’elle les entend uniquement grâce à l’appareil dont elle est équipée. Anne Sarah est sourde depuis l’adolescence et atteinte de cécité depuis deux ans. Des handicaps certes invisibles mais qui ont forgé son franc parlé et sa détermination.  
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« Innovons pour l’éducation »
C’est l’ambition de l’appel à projet lancé par la Fondation SEVE (Savoir, Etre et Vivre-Ensemble) avec Chemins d’Enfances et l’Education nationale. Ouvert aux acteurs de l’éducation et de la société civile, il veut mettre en lumière et accompagner des initiatives innovantes permettant de développer des compétences de savoir-être et de vivre-ensemble chez des enfants et adolescents. Pour cette première édition, trois thématiques ont été retenue, autour des médias, de la citoyenneté et de la paix. Date limite de candidatures, le 14 avril 2017. 
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A la Fabrique Opéra, jeunes et artistes lyriques travaillent de concert



Mis à jour le: 09-01-2017

Contact action : >> MOLLERON Benjamin : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Education
  • Emploi, Formation
  • Culture, Sport
  • Logement, Habitat
  • Jeunesse

Région : -France entière

Sur le vif :
 

Porteur(s) de l'action :
La Fabrique Opéra, réseau associatif national  

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de démocratiser l’opéra et transmettre la passion pour cet art à des publics néophytes, la Fabrique Opéra, réseau associatif national, soutient dans plusieurs villes de France l’organisation de spectacles lyriques s’appuyant sur le savoir-faire des élèves d’établissements professionnels et techniques pour la réalisation des décors, costumes et maquillages. Fondée sur une véritable collaboration entre acteurs locaux, musiciens, professeurs et jeunes élèves, ces projets permettent une valorisation des compétences des jeunes et boostent la fréquentation de l’opéra dans les villes où ils ont lieu. 

Origine(s) :
Ce projet culturel participatif est né dans la tête d’un chef d’orchestre grenoblois de renommée mondiale. En 2006, animé du désir de transmettre sa passion, ce disciple de Léonard Bernstein s’alarme de la faible fréquentation de l’opéra par les Français (seuls 4 % s’y rendraient régulièrement) ainsi que de la progression de l’âge moyen du public de 15 ans en 30 années. Afin de redynamiser et démocratiser cet art, le mélomane entreprend d’organiser dans sa ville un spectacle qui impliquerait la jeunesse grenobloise. La même année, il part donc à la rencontre des établissements d’enseignement professionnels et techniques de Grenoble et parvient à mobiliser 450 élèves pour créer et concevoir les décors, costumes, coiffures et maquillages de la Flûte enchantée. Pendant plusieurs mois, élèves et artistes travaillent de concert à la réalisation d’une production de qualité professionnelle. Ce premier spectacle est un véritable succès : fort de sa dimension participative et de tarifs bien moins élevés que ceux pratiqués traditionnellement, il parvient à mobiliser 7700 spectateurs payants, dont la moitié n’avait auparavant jamais assisté à un opéra. Surtout, il permet aux jeunes élèves participants de porter un nouveau regard sur cet art qu’ils pensaient réservé à une élite. Depuis, l’association grenobloise créée pour l’occasion a réitéré la démarche chaque année et fêté en 2016 la 10ème édition de la Fabrique Opéra.

En 2010, afin de capitaliser les enseignements de cette expérience, la Fabrique Opéra s’est constituée en réseau associatif au niveau national sur les conseils du Ministère de la Ville dans le but d’essaimer dans d’autres villes françaises. Aujourd’hui, des Fabriques Opéra existent à Grenoble, Annecy, Orléans et Bordeaux.


 

Description détaillée :

Essaimer en s’appuyant sur des acteurs locaux
Depuis 2010, la Fabrique Opéra opère en tant que réseau national. Son objectif vise à répliquer l’expérience grenobloise dans d’autres communes en identifiant des porteurs de projets potentiels et en les soutenant afin qu’ils se constituent en association locale. La mobilisation d’acteurs du territoire est en effet un principe fondamental des Fabriques Opéra. Selon ses responsables, c’est bel et bien l’ancrage local du chef d’orchestre grenoblois qui avait garanti, lors des premières éditions, la mobilisation d’un nombre aussi important de participants, aussi bien du côté des établissements scolaires que des artistes. Ainsi, pour chaque nouveau projet, le chef d’orchestre et le metteur en scène sont choisis scrupuleusement par le réseau : ils doivent être des personnalités locales compétentes et animées des mêmes valeurs de transmission, de démocratisation et d’ouverture.

Afin de garantir la qualité des projets, la Fabrique Opéra a bâti, à partir des enseignements de l’expérience grenobloise, une méthodologie commune destinée à en faciliter la reproduction dans le respect des principes fondateurs de l’association. Un grand jury composé de porteurs de projet « Fabrique Opéra », de mécènes et d’un spécialiste en ressources humaines est mobilisé à chaque nouveau projet afin de s’assurer que celui-ci est viable et s’accorde avec les valeurs et les ambitions du réseau. Une fois le label accordé, les associations locales bénéficient d’une avance de trésorerie permettant de mettre le projet sur les rails ainsi que d’un appui méthodologique qui prend notamment la forme d’un guide détaillé. Pour le réseau, le respect du cahier des charges est une condition à laquelle les Fabriques Opéra locales ne peuvent pas déroger. Cependant, malgré toutes les précautions prises, il arrive que des porteurs de projet s’écartent des valeurs fondatrices du projet entraînant le retrait du label.

Démocratiser l’opéra en s’appuyant sur des valeurs et des ambitions communes
Les Fabriques Opéra se doivent ainsi de respecter une ambition commune : démocratiser l’art lyrique en permettant à des jeunes des filières professionnelles et techniques de développer leur créativité et leur savoir-faire. Pour cela, les établissements d’enseignement professionnel et technique sont associés à la démarche. Les élèves en bâtiment, mode, maquillage, coiffure, encadrés par leurs enseignants, sont ainsi sollicités pour concevoir les décors, costumes et maquillages pour l’ensemble des acteurs, des professionnels rémunérés par la production, en collaboration étroite avec le metteur en scène au cours d’ateliers organisés pendant les mois précédant les représentations. Ces ateliers de travail sont également l’occasion d’un échange entre professionnels, artistes et jeunes autour de leur métier. Enfin, une semaine en amont, les élèves travaillent en conditions réelles avec la trentaine d’artistes et professionnels mobilisés pour assembler les décors et costumes des différentes représentations programmées (de deux à cinq selon les villes).

Mais la démarche de démocratisation ne s’arrête pas là : afin de désacraliser l’opéra, les représentations de la Fabrique Opéra doivent se dérouler de préférence dans un lieu populaire connu du grand public. De plus, les surtitres et les sous-titres traditionnellement utilisés pour traduire les opéras joués en langue étrangère sont remplacés par une narration qui, à différents moments-clés du spectacle, fait le point sur l’intrigue. Ce procédé innovant permet aux spectateurs novices de profiter pleinement du spectacle contrairement au mode classique de traduction inadapté et fastidieux. Celui-ci n’avait pourtant jamais été remis en question car le public averti connaît les pièces auxquelles il se rend et n’en a pas toujours l’usage.

Enfin, pour la Fabrique Opéra, le mode de financement de ses productions constitue un enjeu éthique. Il vise en effet à prendre le contrepied d’un paradoxe : l’opéra est l’art le plus subventionné de France alors même qu’il n’est fréquenté que par une minorité issue le plus souvent de milieux privilégiés. Selon le modèle de la Fabrique Opéra, ce sont donc les personnes qui assistent à un opéra qui doivent contribuer en majorité à son financement. Pour ce faire, les budgets des opéras sont calibrés selon une règle d’or : le total des entrées doit permettre de couvrir 65 % du budget global de la représentation. Les représentations estampillées Fabrique Opéra se doivent ainsi de proposer des places en moyenne deux fois moins chères que l’opéra classique, en pratiquant des tarifs réduits pour certains publics (étudiants, scolaires et demandeurs d’emploi), ce qui permet d’attirer les populations les moins argentées. La part restante du budget provient le plus souvent de subventions des collectivités locales ou de fondations d’entreprises.

Valoriser les compétences des filières techniques et redonner confiance aux jeunes
La mobilisation des établissements d’enseignement professionnels et techniques fait bien plus que d’apporter un public nouveau à l’opéra. Elle permet également à des jeunes de filières peu valorisées de porter un regard neuf sur leurs compétences via la découverte d’un univers professionnel nouveau, hors des murs de l’établissement. Dans un contexte où les filières techniques constituent souvent un choix par défaut et sont associées à un sentiment d’échec, la participation à des projets de cette envergure permet de redonner confiance à ces jeunes, souvent issus de quartiers prioritaires. Les applaudissements du public, l’importante communication déployée autour des représentations via une large campagne d’affichage et l’intérêt que les médias nationaux portent à la démarche (la Fabrique Opéra a fait l’objet de plusieurs reportages diffusés sur des grandes chaînes de télévision nationales) sont autant de sources de reconnaissance de leur savoir-faire.

Ainsi, une étude réalisée par la fondation HEC à Grenoble a mis en lumière les effets d’une participation à un tel projet : l’année de l’étude, 100 % des jeunes participants avaient changé de regard sur l’opéra, 65 % estimaient avoir renforcé leurs compétences et 75 % déclaraient avoir gagné davantage de confiance en eux. La participation au projet constitue même parfois un tremplin vers des emplois dans de grandes maisons.

De plus, ces projets sont une opportunité de revaloriser les filières techniques : en atteste la hausse des demandes d’inscription dans les établissements partenaires des Fabriques Opéra. A Grenoble, les inscriptions en filière mode avaient ainsi progressé de 400 % l’année suivant la première édition.

Impact(s) :
• Ouverture de l’Opéra à des centaines de néophytes
• 100 % des jeunes participants changent de regard sur l’opéra
• Augmentation des demandes d’inscription dans les filières techniques
• Amélioration de la confiance en soi de 75 % élèves des filières techniques participants
• Développement des compétences pour 65 % des élèves participants 

Partenaire(s) :
Le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET)
Le Ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche
L’agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances
Fondation SNCF
La Société générale
La fondation Daniel et Nina Carrasso
La fondation Vivendi
La fondation Pierre Belon 

Moyens :

Réseau national :
Humains : 1 ETP
Financiers : 100 000 euros
Matériels : Livret méthodologique

Association locale :
Humains : De 20 à 30 professionnels, artistes et techniciens, pour les représentations. Environ 400 élèves bénévoles et leurs enseignants.
Financiers : De 300 000 à 600 000 euros en fonction des villes, dont 65 % sur fonds propres.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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