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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Guerrier non violent
C’est ainsi que se définit lui-même Yazid Kherfi. Un combat qu’il mène pour aider les autres et rapprocher deux mondes, ceux du jour et celui de la nuit, les jeunes des quartiers et le “reste du monde”, les délinquants et la police... Car avant d’être un professionnel reconnu du champ de la médiation sociale, le créateur de « Médiation nomade » (voir fiche Apriles sur le sujet), a été délinquant, sauvé par des rencontres et la confiance que ces personnes lui ont accordée. Après avoir raconté ce parcours, il consacre un nouvel ouvrage, publié aux éditions La Découverte à l’aventure du camping car de Médiation nomade et à son message : ne laissons pas les jeunes des quartiers isolés.

Guerrier non Violent, Yazid Kherfi, éditions La Découverte, 2017, 156 pp
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Machizaud : un accueil de jour avec les familles



Mis à jour le: 23-11-2016

Type d'action :

  • Education
  • Intégration
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Protection de l'enfance
  • Parentalité
  • Jeunesse
  • Nouvelles pratiques professionnelles
  • Participation des habitants

Région : Rhône-Alpes

Sur le vif :
 « Ce ne sont pas les éducateurs qui doivent prendre le rôle des parents, ce qui est important c’est de se faire confiance » Une maman accompagnée par l’accueil de jour.

Porteur(s) de l'action :
Association Sauvegarde 42

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de favoriser autant que possible le maintien dans leur famille d’enfants suivis par ses services, l’association Sauvegarde 42, engagée dans la protection de l’enfance en danger et dans l’aide aux adultes en situation d’exclusion sociale, a souhaité adapter le mode d’intervention de son accueil de jour. Ce dernier, implanté au sein des quartiers où vivent les familles, est largement ouvert aux parents, afin d’éviter une rupture entre suivi éducatif et vie familiale mais plutôt de partager, vivre ensemble les accompagnements et les activités, en fonction des possibilités de chacun. En passant d’une prise en charge très institutionnelle à une démarche co-construite, une relation de confiance avec les parents s’installe durablement, permettant de redonner à chacun la possibilité d’agir et de changer, pour le bien de l’enfant.

Origine(s) :
A la fin des années 80, les éducateurs d’un service d’aide éducative en milieu ouvert (AEMO) constatent les limites d’un accompagnement éducatif essentiellement centré sur l’enfant et ses difficultés. Selon eux, il est essentiel que les parents, quelles que soient les limites ou carences éducatives qui ont motivé le suivi de leur enfant, passent plus de temps avec eux et partagent des activités. Ils ouvrent alors un accueil de jour, bénéficiant d’une double habilitation administrative et judiciaire, qui propose des activités collectives et constitue une alternative au choix binaire et traditionnel entre intervention à domicile et placement. Implanté dans un premier temps à Saint-Etienne, au cœur du quartier de Terrenoire à forte densité de population, dont sont principalement originaire les enfants accueillis, cet accueil de jour est ensuite déplacé au sein d’une maison d’enfants à caractère social (MECS), le centre éducatif et scolaire de Machizaud, également géré par la Sauvegarde 42, mais éloigné de quelques kilomètres du quartier.

Les enfants accompagnés par le service d’accueil de jour, âgés de 4 à 16 ans, sont alors scolarisés dans l’école intégrée à la MECS, puis dans l’école la plus proche de cette dernière et non plus dans celle de leur quartier. Cette situation mobilise des éducateurs pour assurer les déplacements entre le centre et le domicile des enfants et engendre d’important temps de transport pour les enfants. Quant aux parents, que l’équipe reçoit régulièrement en entretien afin de faire le point avec eux sur l’évolution de leur enfant et les difficultés rencontrées, ils témoignent de leur sentiment d’être mis de côté, absents de la vie quotidienne de leur enfant : ils ne participent plus à l’accompagnement à l’école, à la surveillance des devoirs et ne sont plus associés, par le biais de l’école, à la vie sociale de leur quartier.

Après quelques années de fonctionnement, le service d’accueil de jour a perdu son ambition initiale : non plus une véritable alternative pensée pour apporter une réponse adaptée aux besoins exprimés par les familles mais un service utilisé de plus en plus comme une étape avant un placement. Au sein de l’association l’écueil du fonctionnement en circuit fermé, avec des parcours d’enfant linéaires (AEMO, puis accueil de jour, puis placement en MECS) n’a pas été évité. Ces constats vont conduire à un changement dans la conception du projet de service pour être au plus près des besoins des familles, et les associer plus étroitement au quotidien des enfants, afin qu’ils se sentent réinvestis dans leur rôle de parents. 

Description détaillée :
L’objectif principal de l’accueil de jour Machizaud est de maintenir autant que possible l’enfant dans sa famille. Il s’agit de proposer, à partir de temps de vie collective, un accompagnement individualisé de l’enfant ainsi qu’un soutien aux parents dans l’exercice de leur autorité parentale. Le projet est donc repensé pour que l’accompagnement ne porte pas seulement sur les enfants mais prenne également en compte leurs parents.

L’équipe de l’AEMO décide donc que l’accueil de jour doit être implanté au plus près des familles, s’inscrire dans le quartier et s’appuyer sur les ressources des uns et des autres (écoles, lycées, associations, centre social…). L’association investit alors deux lieux différents dans les quartiers de Terrenoire et Bellevue, concentrant les besoins de familles en difficulté. Les enfants sont de nouveau inscrits dans les établissements scolaires de proximité. Chacune des deux structures suit 13 enfants qui y sont accueillis, en fonction de leur capacité et de leur évolution, au minimum trois fois par semaine, le midi, le soir, individuellement ou en groupe. Les besoin de l’enfant sont détaillés dans un projet individuel et des activités sont mises en place, en fonction des difficultés de l’enfant, au sein de l’accueil de jour mais également au sein du quartier. La dimension collective de la plupart des activités est mise en avant. Réponses aux troubles manifestés par certains enfants en matière de comportement et d’attention, ces activités collectives favorisent également l’apprentissage des règles de vie en communauté et l’exercice de l’autorité, souvent pointée comme une carence dans les évaluations de situation.

Les parents sont étroitement associés à ce projet individuel de leur enfant. Ils sont invités à partager le repas de midi, leur aide peut être sollicitée lors des séquences d’accueil de leurs enfants, ils amènent les enfants, viennent les chercher, s’installent pour prendre un café dans une ambiance volontairement familiale et conviviale. Conçu autant pour l’accueil des enfants que des parents, le lieu vise à favoriser la co-éducation. Chaque activité proposée à l’enfant fait l’objet d’un échange avec le ou les parents, qui peuvent ainsi faire connaître leurs valeurs et priorités, et les voir reconnues par les professionnels. Les parents se sentent valorisés par cette confiance des professionnels et cette reconnaissance de leur rôle, par l’absence de stigmatisation des carences qui ont pu être pointées dans les décisions d’admission, par la simplicité des relations. Une confiance progressive s’installe qui permet à l’équipe de trouver un équilibre entre réponse aux besoins de l’enfant et respect des parents.

Les professionnels insistent sur la nécessité de décrypter la demande initiale des parents qui est rarement liée à l’éducation des enfants mais d’ordre matériel. En effet les familles, souvent isolées, sont aux prises avec des difficultés du quotidien - aménagement du logement, organisation des temps de repas, des loisirs des enfants…- pour lesquelles elles hésitent à demander de l’aide. Autant d’opportunités que peuvent saisir les éducateurs : aider à monter un meuble, participer à un déménagement, permet de passer un moment ensemble, de dépasser les simples discours, de rassurer les parents, tout en créant les conditions pour se confier plus facilement. D’autres temps de convivialité, plus formels, sont organisés comme lors la fête de rentrée qui réunit toutes les familles (en 2016, seuls quatre parents étaient absents), autour d’un grand repas. Autant de moments simples qui favorisent un « apprivoisement » réciproque et modifient le regard des parents sur les professionnels, perçus comme plus humains, mais aussi des professionnels sur les parents.
Par ailleurs ces moments partagés sont autant d’occasions de rencontrer les autres familles, d’être en lien avec des personnes du même quartier. Certains parents, conscients de l’aide reçue, n’hésitent plus à orienter des familles de leur entourage, repérées pour leurs difficultés, vers l’accueil de jour.

Si l’organisation interne du service peut être un véritable casse-tête pour l’équipe, compte tenu des projets individuels, cette adaptation aux besoins des enfants et de leurs parents est la clé de la confiance retrouvée. Ainsi, des familles dont l’accompagnement est terminé restent en lien avec le service : ils téléphonent pour donner des nouvelles, demander des conseils ou passent simplement dire bonjour.  

Impact(s) :
• L’accompagnement des enfants, dans le cadre d’une prise en charge conçue pour un groupe et non un individu isolé, est une réponse adaptée aux troubles de la relation et du comportement de certains enfants.
Cette prise en charge collective permet également l’apprentissage des règles de vie et de l’autorité.
• L’accueil et l’accompagnement des parents, autant que celui des enfants, permet de lutter contre leur isolement et évite le tête-à-tête constant et pesant de parents isolés avec leurs enfants.
• Alors que dans son fonctionnement d’origine, l’accueil de jour fonctionnait comme un sas de préparation aux placements, ces derniers sont aujourd’hui évités et le soutien au quotidien des familles permet de restaurer une prise en charge éducative parentale de qualité.

Partenaire(s) :
Conseil départemental de la Loire
Education nationale, écoles, RASED
Centres sociaux
Les parents

Moyens :

Humains :
8 ETP pour les 2 accueils de jour :
1 Chef de service éducatif
7 ETP éducatifs soit pour chaque lieu 3 éducateurs et 0,5 maîtresse de maison/TISF
Financiers : Pour les 2 accueils de jour une dotation globale de 637 000 euros soit une estimation de prix de journée de 94,31 euros
Matériels : 2 lieux d’accueil d’une superficie de 80 à 120 m², pour chaque lieu un véhicule 7 places
L’association et le Conseil départemental sont engagés dans un Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens (CPOM) qui couvre les activités de l’association.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Delphine MURGUE
éducatrice
Sauvegarde 42
78, rue du Colonel Fabien
42100 Saint Etienne
Tel: 04 77 95 74 06
Mail: machizaud@sauvegarde42.fr

Lien internet: www.sauvegarde42.fr
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