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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Quelle place pour les âgés ?
Comment promouvoir la participation sociale des personnes âgées ? C’est à cette question que s’efforce de répondre le dernier numéro de la revue de "Santé Publique France, La santé en action". Alors que l’on compte aujourd’hui en France 13 millions de personnes âgées de 65 ans, la publication lui consacre un dossier de 37 pages, auquel a contribué une vingtaine d’experts (médecins, sociologues, universitaires…). Cette approche transversale permet de préciser les définitions, définir les enjeux, dessiner des pistes d’actions, s’inspirer de nos voisins étrangers… L’occasion d’évoquer des sujets qui tiennent à cœur à Apriles, comme l’engagement bénévole des séniors ou encore leur participation à l’élaboration des politiques locales.
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Préjugés religieux : Coexister libère la parole des collégiens et lycéens



Mis à jour le: 26-04-2016

Type d'action :

  • Education
  • Emploi, Formation
  • Culture, Sport
  • Intégration
  • Jeunesse
  • Bénévolat

Région : -France entière

Sur le vif :
« L’atelier m’a permis d’apprendre sur les autres religions, en faisant tomber les préjugés que j’avais. C’est rare qu’on puisse débattre de ça entre nous et c’est intéressant car on peut comparer notre opinion à celle des autres sans conflits. En plus, face à des jeunes, c’est plus facile de s’exprimer sans tabou » Tristan, 15 ans, élève de seconde. 

Porteur(s) de l'action :
Association Coexister 

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de lutter contre les tensions issues de préjugés interculturels ou religieux et d’encourager le vivre-ensemble, des jeunes de toutes convictions et origines culturelles se sont regroupés au sein de l’association Coexister. Organisés en groupes locaux, implantés dans toute la France, ils s’engagent dans une démarche individuelle et collective articulée autour de trois temps forts : le dialogue, l’action solidaire et la sensibilisation. Dans ce cadre, l’association a développé une méthodologie et des outils d’intervention auprès des jeunes et organise dans les collèges et lycées des ateliers pour déconstruire les stéréotypes religieux, promouvoir la laïcité et inciter à une « coexistence active ». Ces ateliers sont l’occasion de créer les conditions d’un dialogue et de désamorcer des situations de tension. 

Origine(s) :
L’association Coexister est née en septembre 2009 d’une rencontre, entre trois adolescents de confession différentes (catholique, juive, musulmane) et d’un double constat partagé : celui d’une part de l’augmentation des peurs et des tensions entre les différentes communautés, notamment autour du conflit israëlo-palestinien ; d’autre part de la certitude que la diversité constitue un formidable levier de vivre-ensemble et de création de lien social, à l’exemple des mouvements interculturels ou intergénérationnels.

Constituée à l’origine d’une dizaine de jeunes parisiens, l’association, qui se revendique aconfessionnelle, résume ses objectifs dans sa devise « diversité de convictions, unité de l’action ». Elle a dès l’origine construit sa démarche autour de trois objectifs : le dialogue, la solidarité et la sensibilisation, auxquels sont venus s’ajouter d’autres missions au fur et à mesure de la croissance de l’association (formation, vie commune, communication…). Rapidement l’association se fait connaître par des actions de solidarité médiatisées (dons de sang) et la participation de ses membres à des manifestations internationales (Journée mondiale de la Jeunesse, Religions for peace). De nombreux jeunes, âgés de 15 et 35 ans, rejoignent la démarche, séduits par sa dimension à la fois personnelle et collective, et des groupes se mettent en place en province : en 2015, Coexister compte 1800 membres dont 600 bénévoles actifs répartis dans 28 groupes locaux qui déclinent localement la démarche coexister un peu partout en France. Les membres de chaque groupe réalisent sur une année le « parcours Coexister », en participant à des temps de dialogue, en définissant une action commune pour laquelle leur diversité de conviction va être une force, en participant à des actions de sensibilisations auprès d’autres jeunes, avec pour objectif de lutter contre les préjugés. Pour structurer cette démarche et coordonner les actions des groupes, une équipe nationale est mise en place dès 2010. En 2015, elle compte six permanents et accueille 17 jeunes en service civique.

Si Coexister revendique son statut associatif et un mode de fonctionnement participatif, elle a également développé un modèle économique qui lui permet de financer son fonctionnement et la classe dans les entreprises de l’économie sociale et solidaire. Une part importante de ses ressources provient des ateliers de sensibilisation facturés aux établissements scolaires, des conférences autour de l’«Interfaith tour » (tour du monde des initiatives interreligieuses et interconvictionelles réalisé par des équipes de quatre jeunes de convictions différentes), de l’organisation des Festiv’All together (festival culturel), d’actions de formation à l’attention d’institutions et associations (Ministère de l’intérieur, Secours Catholique…). 

Description détaillée :
Les actions de sensibilisation sont nées de la volonté des membres de Coexister de témoigner de leur engagement auprès d’autres jeunes. Faisant le constat de l’existence de nombreux préjugés et stéréotypes, ils ont mis en place dès 2010 des ateliers de sensibilisation à destination des collégiens et lycéens principalement afin de déconstruire ces préjugés et promouvoir un vivre-ensemble respectueux de la diversité interculturelle et interreligieuse.

Au cours de l’année scolaire 2014/2015 165 interventions de sensibilisation, facturées aux structures demandeuses, ont été organisés partout en France, par les groupes locaux et l’équipe nationale, principalement à la demande d’établissements scolaires (128 interventions), mais aussi de paroisses, d’une mosquée ou d’associations comme la fédération des centres sociaux de la Vienne. Si ces ateliers de sensibilisation ont principalement touché des collégiens et lycéens (près de 1500 élèves), certains étaient également spécifiquement destinés aux adultes chargés de les encadrer dans le cadre scolaire ou extra-scolaire (Maison des jeunes, scoutisme par exemple…). Il est toutefois à noter que jusqu’en 2015 seuls des établissements d’enseignement privés ont bénéficié de ces interventions, l’association Coexister étant en cours d’habilitation pour intervenir dans les établissements publics.

Ces interventions sont organisées à l’initiative le plus souvent des responsables de la pastorale et parfois des chefs d’établissements. Ils ont généralement eu connaissance de l’action de Coexister par des élèves déjà engagés dans des mouvements œcuméniques (scoutisme, centres spirituels…) ou par le bouche à oreille. Tout en adoptant majoritairement une position bienveillante, les Directions diocésaines de l’enseignement catholique ne se posent pas en promoteur de la démarche auprès de leurs établissements. Les demandes correspondent généralement à une évolution au sein de l’établissement (inscription d’élèves d’une autre confession), à un ressenti plus général de replis sur soi ou d’indifférence des élèves vis-à-vis du fait religieux ou à un incident spécifique (propos ou attitude discriminantes). Les sollicitations auprès de Coexister ont notamment augmenté après l’attentat de Charlie Hebdo.

Les contacts sont pris soit directement avec l’équipe nationale, soit avec les groupes locaux de Coexister et les interventions préparées conjointement en amont. Les jeunes bénévoles qui interviennent sont préalablement formés au sein de l’association, par des intervenants spécialisés, aux fondamentaux de la laïcité, de la coexistence active, de la prise de parole en public et à l’utilisation des outils pédagogiques développés par l’association. Ces outils (jeux, scénettes de théâtre, questions/réponses…) ont été validés par des pédagogues et par l’Observatoire de la laïcité. Le format de l’intervention est également décidé conjointement : dans le cadre de la pastorale, par niveau scolaire, pour l’ensemble des élèves ou seulement sur la base du volontariat, en présence ou non des enseignants… Il s’agit de s’adapter au mieux aux contraintes et attentes de l’établissement.

Les ateliers de sensibilisation se déroulent sur deux heures, généralement en deux temps. Les jeunes intervenants présentent d’abord l’association, témoignent de leur parcours au sein de l’association, du message de Coexister et des activités de l’organisme. Puis le travail de déconstruction commence après avoir listé les préjugés sur les juifs, catholiques et musulmans, à travers différents jeux, questionnaires… Un débat s’engage afin d’établir une distinction entre ce qui relève du cliché et dela définition même de chaque religion, d’éveiller l’esprit critique et de donner une autre vision des religions et de la laïcité. Le fait qu’il soit porté par des jeunes à l’attention d’autres jeunes est un atout reconnu par les équipes pédagogiques comme par les participants car cela permet de libérer la parole et de rendre certains mots plus facilement audibles. Mais il peut aussi, dans certaines situations où le débat est particulièrement crispé, constituer une limite, les jeunes intervenants n’ayant pas toujours, malgré la qualité reconnue de leur formation, l’épaisseur de vie suffisante pour y faire face. L’intervention de coexister peut-être renforcée lorsqu’ une réflexion préalable a déjà été amorcé, en cours ou en pastorale, avec les élèves.

Les ateliers de sensibilisation sont cependant dans l’ensemble perçus positivement, tant par les équipes pédagogiques, que par les élèves ou leurs parents, même si de rares mais virulentes oppositions ont pu se manifester ponctuellement. Certains établissements font appel chaque année à Coexister. Les ateliers peuvent même générer des initiatives chez les élèves : Ainsi, à Saint-Nazaire, une antenne Coexister s’est créée au sein d’un établissement, qui réunit une vingtaine d’élèves (chrétiens, musulmans, agnostiques, athées…). Ils interviennent à leur tour auprès d’élèves plus jeunes d’un autre établissement du groupe scolaire. Il n’est pas rare qu’à l’issue des ateliers, des élèves se rapprochent également des groupes Coexister déjà en place sur leur territoire. 




Impact(s) :

  • Les jeunes engagés dans le parcours Coexister témoignent d’un changement personnel et intime dans leur relation à l’autre, qui se concrétise dans leurs cercles amicaux et professionnels.
  • Ils gagnent également en autonomie, en confiance en eux et acquièrent des compétences liées à leurs activités au sein de l’association.
  • Concernant les jeunes qui ont participé aux ateliers de sensibilisation, les retours d’enseignants témoignent d’une libération de la parole sur un sujet difficile à aborder. Dans certains établissements, lorsqu’il existait des tensions avérées, leur diminution a pu être constatée. Il faut cependant rappeler que dans la majorité des établissements faisant appel à Coexister, les élèves sont pour la plupart déjà sensibilisés au fait religieux.
  • L’atelier de sensibilisation peut générer d’autres initiatives en faveur d’une coexistence active, porter par les élèves eux-mêmes.

Partenaire(s) :
L’association a reçu le soutien de très nombreux partenaires : représentants des principales religions, mouvements confessionnels, mouvements autour de la non-violence, de l’oeucuménisme, acteurs institutionnels et associatifs, fondations…

Il est notamment soutenu par La Présidence de la République qui en a fait en 2015 son « grand projet présidentiel » dans le cadre de La France s’engage, par l’Observatoire de la laïcité, le Ministère des affaires étrangères et du développement international, le Conseil économique et social.
 

Moyens :

Financiers
Le budget annuel de l’association sur l’année 2014-2015 s’élève à 210 000 euros, dont 26% de financements publics et 17% de financement privé. Les 57% restants sont de l’autofinancement : cotisations des adhérents (20 euros) et prestations notamment, dont les ateliers de sensibilisation (200€ pour deux heures, 300 € pour une demi-journée, et 500 € pour une journée).

Humains
4 ETP pour assurer la coordination de l’association au niveau national, 17 jeunes en service civique, positionnés pour certains auprès des groupes locaux.

Matériels
Chaque groupe dispose d’un local pour l’accueillir. Concernant les ateliers de sensibilisation, les intervenants s’appuient sur les outils mis au point par Coexister (vidéo, questionnaires…)
 

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Samia HATHROUBI
Directrice du développement
Association Coexister
104 rue de Vaugirard
75015 Paris
Mail: developpement@coexister.fr

Lien internet: www.coexister.fr
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