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Michel Vielle : "Donner une place aux habitants a toujours été mon obsession"
A l'occasion des reflexions qui naissent autour du mouvement des gilets jaunes et de la place du citoyen dans la vie démocratique, nous avons souhaité re-publier l'entretien de Michel Vielle datant de 2009. Disparu en 2010, ce géographe rural de formation, était venu au Développement social local (DSL) par sa passion nourrie pour "les territoires vécus, parcourus et repérés par les habitants". Devenu consultant, il a accompagné ses dix dernières années élus, professionnels et habitants dans les démarches de coopération et de co-construction de leur projet de développement. Une façon de donner corps et vie à la démocratie participative. Un grand professionnel, militant de la parole donnée aux citoyens, dont les constats et propositions n'ont rien perdu de leur actualité 10 ans aprés.


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Colloque : Zoom sur le bénévolat
Le bénévolat progresse-t-il en France ? Où se pratique-t-il et dans quels domaines particulièrement ? Quels temps y consacre-t-on ? Autant de questions auxquelles répondra le colloque organisé le 14 janvier 2019, au Crédit Coopératif (Nanterre) par la Fonda, le Mouvement associatif et le Réseau des Maisons des Associations. Il permettra notamment de restituer les résultats de l’études dirigée par Lionel Prouteau, d’après les résultats d’une large enquête conduite au printemps 2018 par le Centre de recherche des associations et le CSA. L’occasion également d’en tirer des enseignements stratégiques pour les associations et de présenter des initiatives inspirantes. Programme à venir sur http://fonda.asso.fr  
 
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Service social scolaire de Nanterre : intervenir au plus tôt auprès de l’enfant



Mis à jour le: 11-06-2015

Type d'action :

  • Education
  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Relations de voisinage
  • Protection de l'enfance
  • Parentalité
  • Jeunesse
  • Accès aux droits
  • Gouvernance, partenariats institutionnels

Région : Île-de-France

Sur le vif :
« Le parent n'est pas que parent : il est un habitant d’un quartier, un citoyen et notre intervention doit tenir compte de cette réalité. C’est ce qui donne un sens à notre travail auprès des familles ». La responsable du service social scolaire.

« Je travaillais auparavant en collège, mais je sentais bien qu’il aurait fallu intervenir plus tôt, créer une relation de confiance avant d’en arriver à imposer des psy ou des signalements. Même si cela prend du temps, c’est du positif pour après ». Une assistante sociale du service social scolaire.

Porteur(s) de l'action :
Ville de Nanterre

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de favoriser la réussite scolaire et l’épanouissement des enfants dès le plus jeune âge, la ville de Nanterre est l’une des six communes françaises à disposer d’un service social scolaire dédié au primaire. Intervenant au sein de l’ensemble des écoles maternelles et élémentaires de la commune ses travailleurs sociaux jouent un rôle essentiel d’accompagnement des parents dans leurs responsabilités éducatives et sont également d’efficaces agents de liaison à l’échelle des quartiers, avec les associations et l’ensemble des services publics. Proposant accompagnements individuels et actions collectives, ils interviennent au sein de l’école mais se déplacent aussi à domicile, accompagnent les parents dans leurs démarches, participent aux sorties scolaires et aux classes vertes. L’objectif étant d’aider tous les parents sans stigmatisation et au plus près des besoins des familles.

Origine(s) :
Marquée par un passé d’habitats précaires et de bidonvilles, la commune de Nanterre compte 91 000 habitants et plusieurs quartiers inscrits en politique de la ville caractérisés par de grands ensembles et une population précarisée et à bas revenus.
Dans les années 1980 une directrice d’école de la ville, constant les difficultés rencontrées par plusieurs enfants, fait remonter à la mairie le besoin d’une intervention sociale au sein de l’école. Selon elle, les difficultés économiques et sociales des familles dans certains quartiers ont des conséquences directes sur la scolarité des enfants. Ce diagnostic est partagé par les services de la mairie. La ville affiche alors une volonté politique forte d'intervenir le plus précocément possible dans une perspective de prévention. Ceci abouti, en 1986, à la création du service social scolaire.
Deux assistantes de service social sont alors embauchées par la ville afin d’intervenir au sein des écoles définies comme prioritaires. Puis au fil des ans, le service s’élargit à l’ensemble des 47 écoles primaires et maternelles de la commune.

Description détaillée :
L’objectif premier du service social scolaire de la ville de Nanterre, placé sous la responsabilité du Centre communal d’action sociale (CCAS), est d’intervenir dans toutes les écoles publiques maternelles et primaires en prévention, pour favoriser l’épanouissement et la réussite scolaire des enfants. Il compte 12 professionnels dédiés (un responsable, neuf travailleurs sociaux et deux assistants administratifs) qui interviennent auprès de l’ensemble des 47 écoles maternelles et élémentaires de la ville.
Proposer des accompagnements individuels à l’école, en mairie, au domicile, mettre en place des actions collectives, s’adapter aux horaires des parents qui travaillent, participer aux sorties scolaires, et aux classes verte…, sont autant d’approches qui participent à l’accessibilité du service dont la prévention et la proximité sont les principales orientations.


Un service identifié et reconnu par les parents
Avec un bureau dans l’ensemble des 47 établissements de la commune, les assistantes sociales du service sont présentes dans chaque école à raison de deux demi-journées par semaine. Une présence régulière en proximité sur le lieu de scolarisation des enfants, qui leur permet d’être connues et reconnues par les parents. Le mercredi et pendant les vacances scolaires, les assistantes sociales du service se retrouvent au CCAS où elles peuvent accueillir certaines familles, effectuer le travail administratif et surtout, échanger entre elles sur leurs pratiques.
L’objectif principal est de favoriser l’épanouissement et la réussite scolaire de l’enfant et également de soutenir la scolarité, l’accès à la santé, la culture, les loisirs. Les professionnels du service sont donc présents à tous les moments clés de la vie de l’école : entrées et sorties quotidiennes, fêtes d’école, conseils de classe, réunions, fêtes de quartier... Le service est ainsi bien repéré, présent aussi en dehors des moments où on parle des difficultés et plus facilement interpellé par les parents traversant des moments compliqués dans leur vie personnelle et/ou dans la prise en charge des enfants.
Ses assistantes sociales reçoivent sur rendez-vous, et se déplacent également au domicile des familles lorsqu’elles ont besoin d’une évaluation plus fine.
Elles peuvent les accompagner pour des démarches sociales ou pour faire découvrir les équipements socioculturels du quartier lorsque le besoin en est évalué. Acteur du quartier le service s’emploie ainsi à faire le lien entre des usagers et les autres acteurs du quartier, services publics et associations. Si sa mission n’est pas d’assurer le suivi global des familles un important travail d’accompagnement peut se mettre en place autour des familles les plus vulnérables afin de leur permettre l’accès à des suivis plus spécialisés en les mettant en lien avec les associations et/ou les services des collectivités locales. Il accompagne également les familles pour leur permettre de recourir au droit commun.
Le service action sociale scolaire fait ainsi partie intégrante du paysage de l’école et les familles y ont un accès facile. D’ailleurs, 40% des sollicitations du service correspondent à une démarche spontanée des parents.

Un des maillons de l’accompagnement des familles et des enfants
L’objectif premier des professionnels du service est d’intervenir en prévention. La protection de l’enfance vient en second objectif, dans le respect des compétences du Conseil départemental.
Pour garantir le meilleur accompagnement possible des enfants, les professionnels du service social sont en lien régulier avec les travailleurs sociaux du Conseil départemental. Ils peuvent ainsi apporter leur expertise sur la situation des enfants qu’ils accompagnent, en informant toujours les familles des échanges les concernant avec d’autres services.
Ainsi, le service action sociale scolaire peut être amené à alerter l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sur des situations relevant de la protection de l’enfance, ou participer à la mise en œuvre de mesures d’aide.
Les professionnels du service sont également en lien avec l’espace départemental d’actions sociales (EDAS), le service social polyvalent de secteur, pour échanger sur la situation de certains élèves qui bénéficient de mesures d’aide. Leur connaissance des élèves et des difficultés qu’ils peuvent rencontrer au sein de leur famille fournit des informations précieuses pour les travailleurs sociaux.
Le service est également membre du réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (RASED) avec lequel des points réguliers sont fait pour rendre compte des situations de plusieurs élèves. Ces synthèses aident les assistantes sociales du service à connaître d’avantage d’enfants et à échanger avec les professionnels présents. En fonction des situations exposées, les travailleurs sociaux du service peuvent proposer de rencontrer les parents ou d’apporter des informations supplémentaires lorsqu’ils connaissent déjà les familles.

Essentiels, ces échanges entre professionnels permettent souvent d’éviter la judiciarisation des situations.


Proposer des actions collectives
Au-delà de l’intervention sociale individuelle qui représente 90% des suivis, le service anime avec divers partenaires des actions collectives impliquant les parents dans la vie du quartier et valorisant leurs compétences. L’objectif étant de permettre aux parents de mener un projet du début à la fin et de voir l’aboutissement de leur implication. C’est par exemple l’idée qui a présidé à la création d’une ludothèque associative avec des mères en difficulté éducative et sociale : une action qui leur a permis de construire un vrai projet et de devenir des acteurs reconnus dans le quartier.
Dans le cadre de ses actions collectives le service social scolaire intervient beaucoup dans le domaine des loisirs, qui ne constituent souvent pas une priorité pour les familles en difficulté. Il peut ainsi en orienter les familles vers l’offre de service de la commune et plus largement soutenir et accompagner des initiatives de sorties ou de séjours.
Les professionnels du service ont par exemple organisé un week-end familial avec quelques-unes des familles suivies. Activités, repas.., celles-ci ont pris part à l’organisation du séjour. Au retour, après une réunion de restitution, accompagnées par les travailleurs sociaux, certaines se sont inscrites au centre social.
Des soirées thématiques sont également organisées pour échanger collectivement sur des sujets choisis par les parents en fonction des difficultés qu’ils rencontrent (parentalité, cyber-harcèlement, sommeil…).
Les assistantes de service social participent par ailleurs aux séjours en classe verte. Elles assistent aux réunions préparatoires, ce qui leur permet de présenter leur action, de prendre contact avec les parents et de leur indiquer qu’ils peuvent venir les rencontrer s’ils ont des difficultés à payer la participation aux frais demandée. Le but étant qu’aucun enfant ne soit privé de voyage pour des raisons financières. Au cours du séjour, l’assistante sociale présente participe entièrement aux taches et aux activités. Ce qui constitue une occasion de mieux connaître chaque enfant et de travailler sur certaines problématiques comme l’angoisse de la séparation chez certaines familles monoparentales.

Ainsi, la palette des interventions est large afin de s’adapter au mieux aux besoins des familles mais également pour permettre au service de se fondre dans le paysage et d’être ainsi un véritable service de droit commun, ouvert à tous. Résultat : leur visibilité et leur disponibilité fait que l’image des assistantes sociales du service est très bonne parmi les familles. Certaines recommandent même leurs services auprès des autres parents.


Un travail en partenariat avec le corps enseignant
La présence régulière des assistantes sociales au sein des différentes écoles de la ville permet également aux enseignants de mieux les connaître et de les interpeller plus facilement. D’ailleurs, pour une plus grande proximité et une meilleure intégration, le midi, les assistantes sociales déjeunent à la cantine avec les équipes pédagogiques.
Lorsqu’une équipe pédagogique rencontre des difficultés avec un élève, une réunion de synthèse réunit tous les acteurs de l’école qui travaillent autour de l’enfant : direction, enseignants, psychologue, assistantes sociales du service social scolaire… Chacun peut y faire remonter ce qu’il connaît à propos de l’élève afin de définir, ensemble, quels sont le meilleur angle d’approche et le professionnel le plus adapté pour aborder la problématique.

Parfois, l’assistante sociale fait remonter les difficultés d’une famille vers l’équipe enseignante. Une information précieuse qui permet à cette dernière de relativiser certaines évolutions constatées en classe ou d’éviter de mettre l’enfant en situation de difficile par rapport à ce qu’il vit chez lui.
En outre, la présence de travailleurs sociaux au sein de chaque établissement facilite le questionnement. Les professeurs peuvent lui présenter des situations de manière informelle afin de savoir si cela nécessite son intervention ou pas.
Ainsi, 45% des orientations vers le service social scolaire sont faites par le corps enseignant.

Impact(s) :
- Le service social scolaire permet de repérer les enfants et familles en difficulté de façon précoce. Cela permet souvent d’éviter la judiciarisation des situations.
- En 2014 12% des enfants scolarisés ont été accompagnés par le service qui a ainsi touché 735 familles. L’accès facile à ce service d’action sociale non stigmatisant et son rôle de facilitateur de lien avec les autres services participent à une meilleure intégration des parents au sein de l’école et du quartier.
- 45% des orientations vers le service social scolaire sont faites par le corps enseignant. Dans 40% des cas, ce sont les parents eux-mêmes qui sollicitent le service. Le reste, ce sont des orientations faites par les partenaires : travailleurs sociaux, centres de loisir, associations…

Partenaire(s) :
Education nationale, enseignants, directeurs, RASED, Conseil général (ASE, PMI, Service social de polyvalence), associations du quartier, centres socio-culturels, CAF, Centre Médico-Psychologique, Centre de santé, associations caritatives, associations de service de l’enfance, les services municipaux.

Moyens :
Financiers :
406 000 euros par an dont 395 000 euros pour les frais de personnel

Humains :
12 personnes : 1 responsable de service, 9 travailleurs sociaux, 2 assistants administratifs

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Emmanuelle RENAUD
responsable du service action sociale scolaire
Mairie de Nanterre
Mairie de Nanterre, 8 rue du 8 mai 1945
92000 Nanterre
Tel: 01 47 29 50 42
Mail: emmanuelle.renaud@mairie-nanterre.fr

Lien internet: www.nanterre.fr
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