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Marie Françoise Fuchs, une vieillesse pleine d’avenir
A 85 ans, Marie-Françoise Fuchs n’a rien de la mamie gâteau et encore moins de la mamie gâteuse. Cheveux coupés courts, silhouette impeccable en pantalon, col roulé, elle vous accueille avec une tasse de thé et cette aisance toute naturelle des gens bien né. Dans son bureau, donnant sur la cour d’un immeuble ancien face au Louvre, les livres ont pris le pouvoir, allant jusqu’à investir le canapé. Il est vrai que cette petite femme aux faux airs de Françoise Giroud, n’est pas du genre à s’alanguir. Il y a 10 ans, à l’âge ou d’autres ressassent leurs souvenirs, elle a créé l’association Old’Up, dont elle vient de céder la présidence au Professeur Philippe Gutton. « Avec Old’Up, les vieux debout revendiquent d’être une richesse et de se sentir utiles à notre société. J’ai mis toute mes forces à faire remonter leur parole, comme je l’ai fait avant pour les femmes et les grands parents ».

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Prix Ocirp : un bon cru 2017
Remis à Paris le 29 juin dernier, la 10ème édition du Prix OCIRP Handicap a récompensé dix acteurs économiques particulièrement engagés pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Partenaire du prix depuis sa création, l’Odas, représenté par son Directeur général Didier Lesueur, a notamment remis le prix de la catégorie « Réalisations et partenariats territoriaux » à l’association Envie Anjou, qui collecte et recycle du matériel médical. L’Association Droit Pluriel, présidée par Anne Sarah Kertudo (voir son portrait) a été primée dans la catégorie « Citoyenneté ». Le prix a également mis en valeur plusieurs actions impliquant l’utilisation des nouvelles technologies, qu’il s’agisse d’applications (handivalise, AVA), d’outils numérique (Dyscool) ou de FabLab (Fablife).
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Fermaud-Merci : une seconde vie pour les Chibanis



Mis à jour le: 16-12-2016

Contact action : >> DIMACOPOULOS Maxime : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Education
  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Logement, Habitat
  • Relations de voisinage
  • Liens intergénérationnels
  • Intégration
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Jeunesse
  • Vie des séniors
  • Participation des habitants

Région : Languedoc-Roussillon

Sur le vif :
« Je n’aurais pas pensé finir ma vie dans un endroit aussi beau. J’ai une chambre, avec une petite cuisine, une salle de bain. Une femme de ménage vient deux fois par semaine. Je peux être indépendant tout en vivant en communauté. C’est le Paradis» - un habitant du 6 rue Fermaud Merci

Porteur(s) de l'action :
Adoma Languedoc Roussillon

Objectif(s) et bref descriptif :
A Montpellier, afin d’accompagner l’avancée en âge de migrants isolés et fragilisés, Adoma a conçu un lieu d’hébergement, la pension de famille Fermaud Merci, qui associe logements individuels, espace de vie commune largement ouvert sur le quartier et accompagnement individuel ou collectif des résidents. Parmi les actions collectives tournées vers l’accès au droit, la prévention et le lien, plusieurs s’appuient sur la transmission réciproque entre générations, facteur de lien social et d’évolution du regard. L’une d’elle, développée entre les élèves de troisième d’un collège de zone urbaine sensible et des Chibanis volontaires a permis de recueillir la parole de ces derniers et de créer un spectacle présenté dans le cadre du festival Arabesque. L'initiative va être primée nationalement dans le cadre de l'opération "Talents des Cités"

Origine(s) :
Depuis plusieurs années, la Ville de Montpellier a lancé une vaste opération de réhabilitation de son centre historique et de ses Faubourgs, « Grand Cœur », dont la réalisation a été déléguée à une société d’économie mixte, la Société d’équipement de la région Montpelliéraine (SERM). C est dans le cadre de cette opération qui concerne 1/3 des habitants de la commune, 18000 logements et 700 hectares, qu’est né le projet de pension de famille de la rue Fermaud Merci.
En 2005, la SERM, qui a défini des îlots d’intervention prioritaires en raison de leur habitat fortement dégradé, acquiert un de ces bâtiments, situé au 31 cours Gambetta. L’immeuble, insalubre et vétuste, compte alors encore 24 logements, occupés par une trentaine de personnes âgées retraitées, principalement des hommes seuls autour de 70 ans, issus de l’immigration et installés depuis de longues années dans ce quartier populaire où vit une importante communauté d’Afrique du Nord. Ces habitants, recrutés au bled en forte période de croissance par d’anciens rapatriés, vivent là dans une situation de grande précarité : contraints de résider en France au moins six mois de l’année pour percevoir les droits complémentaires associés à leur retraite, ils parlent peu ou pas le français, entretiennent des liens très distendus avec leur famille restée au pays et sont le plus souvent dans une situation de non recours au droit, en matière de santé notamment.
Après avoir réalisé les travaux de sécurisation urgents, la SERM engage alors une démarche de relogement de l’ensemble des locataires mais se heurte très vite à la barrière de la langue, à la complexité des situations sociales des habitants, ainsi qu’à leur refus d’être relogés, même temporairement, hors du quartier où ils ont tous leurs repères. Elle fait alors appel à Adoma, opérateur de logement social et d’hébergement à l’attention de public en difficulté économique ou d’insertion, fortement implanté localement et connaissant bien la problématique des migrants, afin de mettre en place une solution d’accueil adaptée. Elle sollicite aussi, afin d’établir une relation de confiance avec les habitants, le chargé de mission de l'Action de Développement Local à l'Intégration (ADLI), dispositif mis en place par la Direction de l'Accueil de l'Intégration et de la Citoyenneté (DAIC) qui dans une logique d’intermédiation avec l’ensemble des acteurs locaux, s’efforce de débloquer des situations concernant l'accès aux droits, les relations entre les services publics, les populations locales et les populations immigrées.
Un projet est alors conçu avec la Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale (DASS). Il s’agit d’une petite résidence sociale autonome, de type maison relais permettant un accueil dans la durée, et dont le coût de réalisation doit permettre de proposer un loyer modéré pour le résident (entre 50 et 200 euros par mois, incluant l’eau, le chauffage, la blanchisserie et l’usage des parties communes). La maîtrise d’ouvrage en est confiée à ADOMA et la SERM, qui dispose d’immeubles vacants en attente de réhabilitation à proximité du 31 cours Gambetta, au 6 rue Fermaud et au 11 rue Merci et assure le long portage foncier et administratif du dossier, avant de revendre à ADOMA un projet finalisé. Il faudra encore deux ans de travaux pour que la Maison de famille ouvre ses portes le 17 juin 2011 et accueille dans un de ses deux sites, totalisant 17 logements de type studio, 8 des 24 anciens résidents du cours Gambetta, des solutions différentes ayant été décidées en accord avec chacun des autres habitants (retour au pays, maison de retraite du CCAS, foyer Adoma et logement social classique).

Description détaillée :
L'intérêt d’un lieu d’accueil tel que Fermaud Merci est d’offrir à ses résidents, des personnes isolées et très fragilisées, un logement privatif, des espaces de vie communes et un accompagnement soutenu, grâce à un couple d’hôte, en l’occurrence deux hommes, familiarisé à l’accompagnement social et à la gestion de projets, présente six jours sur sept, dix heures par jour et à un réseau de partenaires qualifiés. Pour les habitants du lieu, des vieux migrants ou des personnes en fragilités mentales, déjà installés dans le quartier mais obligés de quitter un logement indécent, cet accompagnement, à la fois individuel et collectif, est indispensable pour permettre le maintien de leur autonomie, restaurer ou accéder au droit et recréer du lien social.

Ainsi, l’accompagnement dans le logement va au-delà du simple suivi des droits auxquels peuvent prétendre chacun des résidents. Chaque studio a été adapté pour permettre à son locataire de préserver ou compenser une perte d’autonomie. Il a cependant fallu familiariser ces résidents, habitués à vivre dans des conditions d’hygiène et de sécurité déplorable à l’utilisation de nouveaux équipements que peuvent constituer une table de cuisson ou une douche. Pour certains, les plus dépendants d’entre eux, il peut être nécessaire de les entourer dans la sollicitation d’une aide auprès du Conseil général ou de la Carsat pour permettre leur maintien à domicile, puis dans la mise en place de cette aide avec les services à domicile, afin d’encourager chaque résident à exprimer ses besoins, mais aussi de résoudre d’éventuels conflits.

Un travail important est également mené par l’équipe de Fermaud Merci et ses partenaires pour permettre aux résidents de retrouver leurs droits et réintégrer ainsi des dispositifs de droit commun. C’est le cas en matière de retraite, le parcours professionnel des résidents ayant souvent été chaotique, entre absence de déclarations des employeurs, voire de bulletins de salaires et périodes d’inactivité. Il est alors nécessaire de leur permettre de le reconstituer afin qu’ils puissent bénéficier de leur pension mais également des compléments d’aide sociale qui y sont liés. Une attention particulière est aussi accordée à l’accès au soin, chez des personnes qui en ont souvent été très éloignés, pour des raisons culturelles ou financières. Une convention avec la CPAM permet ainsi un traitement prioritaire sur les dossiers de Couverture maladie universelle (CMU) et CMU complémentaire. La consultation d’un médecin traitant et le recours à une infirmière à domicile sont encouragés et en cas d’hospitalisation ou de visite à l’hôpital, la personne pourra être physiquement accompagnée.

Mais c’est dans la mise en oeuvre d’actions collectives que le travail réalisé à Fermaud Merci prend toute sa valeur. Elles s’organisent autour de deux thématiques : la prévention santé avec la très forte implication d’arcopred, une association régionale née à l’initiative d’un professeur de médecine et dont les bénévoles organisent des conférences de sensibilisation et des actions de dépistages ; le maintien du lien social, afin de prévenir tout risque d’enfermement communautaire et de redonner aux résidents l’estime d’eux mêmes.
Dès sa construction, la pension de famille s’est voulu largement tournée vers le quartier, en ouvrant ses portes au voisinage pendant les travaux et en organisant dès l’inauguration un déjeuner ouvert à tous. L’espace commun et le jardin communautaire sont aujourd’hui devenus des lieux d’accueil et de vie collective, que chaque habitant s’est approprié et où il n’est pas rare de croiser un voisin venu prendre un thé à la menthe préparé par un des résidents ou participer à l’entretien des plantations. Des liens se sont également tissés avec le centre socio culturel du quartier, afin d’amener progressivement les résidents à participer aux animations proposées. Un accompagnement dans l’accès à la culture leur est également proposé, comme lors du festival « Arabesques » consacrés aux arts arabe. Mais les plus belles retombées en matière de lien social sont celles obtenues lors d’actions intergénérationnelles. L’une a été favorisée dans le cadre d’un chantier citoyen qui a permis à des jeunes de quartiers défavorisés de réaliser le jeu de boule et la pergola de la résidence. L’occasion pour beaucoup d’entre eux, issus de l’immigration, de reprendre contact avec leurs racines et pour les anciens de transmettre techniques et savoirs et s’ouvrir à d’autres modes de vie. L’autre s’est construite avec le collège « les Escholliers » la Mosson, situé dans un quartier sensible de Montpellier, et des Chabanis volontaires de plusieurs résidences Adoma de Montpellier, dont Fermaux Merci, autour du recueil de la parole et des souvenirs de ces vieux migrants. Elle a donné lieu à la création d’une pièce de théâtre, interprétée par les collégiens lors du festival Arabesque et sera prochainement primée dans le cadre de l’opération nationale « Talents des cités ».

Impact(s) :
- Favoriser le retour vers des dispositifs de droits communs de publics fragilisés et isolés
- Permettre la prévention et l’accès et à la santé
- Encourager le retour et le maintien dans l’autonomie
- Générer des changements de regards et une meilleure estime de soi
- Renforcer le lien social et intergénérationnel
- Développer la pratique de l’intermédiation
- Renforcer les partenariats entre acteurs

Partenaire(s) :
L’Etat, le Conseil général de l’Hérault, la Ville de Montpellier, le CCAS de Montpellier (« Maison des Séniors »), la Carsat du Languedoc Roussillon, de nombreuses associations (Passe Muraille, Arcopred, le Clat, les Petits Frères des pauvres, Fondation Agir contre l’Exclusion Hérault).

Moyens :
Réalisation de la structure : 1,43 million d’euros
- ville de Montpellier : 229 000
- ANRU : 261 00
- Montpellier agglomération : 170 00
- Département de l’Hérault : 104 000
- Ademe : 11 000
- Caisse des dépôts et Consignations (prêt) : 171 000
- Adoma (fonds propre) : 171 000

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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