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Anne Sarah Kertudo, la voix des « déniés de justice »
Le 18 juin 2019, l’Association Droit Pluriel était à l’honneur. Le comité national coordination action handicap (CCAH) l’a désignée comme lauréate de son prix annuel dans la catégorie « changer le regard ». Cette nomination récompense le travail mené par Droit pluriel pour former les professionnels de la justice à l’accessibilité, faire évoluer leurs représentations autour des situations de handicap et favoriser ainsi l’accès des personnes handicapées au droit et à la justice. L’occasion d’évoquer le travail de cette association, soutenue par la Fondation Handicap Malakoff Médéric et accompagnée par le Défenseur des Droits, à travers le portrait qu’Apriles a consacré à sa fondatrice, Anne-Sarah Kertudo.
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Carrefour des innovations sociales : la version bêta en ligne
Vous en avez rêvé, le Carrefour des innovations sociales l’a fait : permettre en un clic de consulter les projets socialement innovants recensés par plus de 70 sourceurs différents, dont Apriles. Une version test du site, en ligne depuis le 16 avril, compile déjà plus de 5000 actions auprès d’une quinzaine de sourceurs. Au fur et à mesure de son développement, un moteur de recherche et une cartographie permettront notamment aux utilisateurs d’identifier les projets qui les intéressent, sur une base enrichie en permanence par les sourceurs. Avec quatre grands objectifs : regrouper en un espace partagé l’information fiable disponible sur les projets d’innovation sociale en France, visualiser les projets dans leurs écosystèmes locaux, quelle que soit l’échelle (locale, régionale, nationale), mesurer les dynamiques d’innovation sociale par territoire, soutenir l’essaimage des innovations sociales. Pour découvrir la plateforme et la tester : www.carrefourdes innovationssociales.fr 
 
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Lulu dans ma rue : la conciergerie de quartier qui crée de l'emploi pour tous



Mis à jour le: 10-07-2019

Type d'action :

  • Emploi, Formation
  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Relations de voisinage
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Gouvernance, partenariats institutionnels

Région : Île-de-France

Sur le vif :
« Lulu dans ma rue, c’est valoriser des talents à l’échelle locale, de redonner confiance et de mettre en avant des compétences que les Lulus n’identifient pas comme tel. » - Responsable des opérations.

Porteur(s) de l'action :
Lulu dans ma rue – Entreprise sociale et solidaire

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de développer de l’activité économique à l’échelle locale et de recréer du lien social, Lulu dans ma rue invente la conciergerie de quartier qui met en relation, via une plate-forme numérique et une infrastructure physique avec des kiosques et des concierges de quartier, des particuliers à la recherche de compétences et des « Lulus » qui ont du temps à offrir pour rendre des services rémunérés et multiples. Par son action, cette initiative entend répondre à la nécessité de remettre de l’humain dans le quotidien et de permettre à des personnes, notamment éloignées de l’emploi, de retrouver confiance et de développer des compétences professionnelles et relationnelles.

Origine(s) :
Cette conciergerie solidaire s’inscrit dans le prolongement des actions menées par Emmaüs Défi, laboratoire d’innovations sociales créé en 2007 et consacré à la recherche de solutions pour lutter contre la grande exclusion. Emmaüs Défi est un chantier d’insertion dont l’activité principale est la valorisation des objets et matériaux usagés. Dans le cadre de cette activité, le retour à la vie sociale des personnes accompagnées passe d’abord par la reprise d’une activité professionnelle adaptée, qui permet ensuite de favoriser l’accès à un hébergement et d’entreprendre des démarches administratives.

Avec cette ambition, et au fil du temps et des besoins identifiés, plusieurs dispositifs ont permis de développer le champ d’actions d’Emmaüs Défi. Avec le soutien du département de Paris, le dispositif « Premières Heures » est créé en 2008. Il offre la possibilité de reprendre une activité professionnelle de manière progressive, avec un volume horaire adapté aux capacités de la personne qui, bien souvent, suite à une période plus ou moins longue de sans-abrisme, n’est pas immédiatement en mesure de répondre aux attentes d’un contrat d’insertion classique. En 2012, le programme « Convergence » vient compléter les actions menées, proposant aux salariés un accompagnement personnalisé sur d’autres thématiques telles que le logement et la santé.

Cependant, le retour à l’emploi des personnes éloignées du marché du travail reste difficile pour un certain nombre d’entre elles, avec des difficultés à intégrer les entreprises classiques à l’issue de leur parcours d’insertion. C’est à partir de ce constat qu’émerge la volonté d’offrir à ce public, et plus largement aux personnes qui ne trouvent pas d’emploi salarié, la possibilité de développer des compétences et d’exercer une activité professionnelle. Le projet Lulu dans ma rue voit ainsi le jour en 2015, avec pour ambition de créer de l’activité économique à l’échelle locale, à travers des services de proximité (ménage, bricolage,…) susceptibles de redynamiser la vie de quartier.

Description détaillée :
Une phase d’expérimentation débutée en 2015
En avril 2015, Lulu dans ma rue conduit un projet pilote dans le quartier Saint-Paul du 4e arrondissement de Paris. L’entreprise bénéficie alors du soutien de la mairie, avec laquelle elle signe une convention d’occupation du domaine public pour l’exploitation, à titre expérimental, d’un kiosque pour une durée provisoire d’un an. D’autre part, la Place Saint-Paul présente l’avantage d’être un lieu de passage très fréquenté, ce qui en fait un espace urbain intéressant au regard de l’ambition de Lulu dans ma rue de contribuer au développement des liens sociaux de proximité.

Dès son lancement, le projet s’articule autour d’une implantation physique où un concierge de quartier, salarié de Lulu dans ma rue, accueille les habitants à la recherche de petits services – bricolage, dépannage informatique, changement d’ampoule, promenade du chien, et cetera – ainsi que d’une plateforme numérique permettant d’entrer en relation avec les Lulus. Les tarifs fixés sont accessibles, allant de 5 à 20 euros les 30 minutes d’intervention et dont la moitié est déductible des impôts.

Cette année d’expérimentation a alors pour objectif de construire un modèle économique viable et pérenne. A la fin de chaque mois, Lulu dan ma rue prélève une commission de 21% par prestation réalisée. Cela permet de financer la mise en relation avec les clients, l’accompagnement administratif personnalisé, le système de facturation, mais aussi les formations commerciales et techniques mise en place pour les Lulus. En effet, Lulu dans ma rue s’inscrit dans le cadre de la loi Hamon relative à l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), les bénéfices engendrés par l’activité des Lulus étant majoritairement consacrés à l’objectif de maintien ou de développement de l’activité de l’association.

Par le biais d’une étude d’impact conduite par le cabinet de conseil Azao, un premier bilan est dressé en automne 2015. Parmi la quarantaine de Lulus référencés, 40% gagnent entre 550 et 1 200 € par mois selon leur engagement et leurs disponibilités. Génératrice de revenus, l’activité des Lulus permet aussi de renforcer l’employabilité de certains d’entre eux sur le marché du travail. Par ailleurs, l’étude confirme l’existence d’une vraie demande de petits services de proximité rémunérés. Le nombre des commandes n’a cessé de progresser depuis le lancement de la conciergerie solidaire, allant de 10 commandes par jour en avril 2015 à 300 en mai 2019. Les enquêtes de satisfaction témoignent aussi de retours très positifs : 98% des clients sont satisfaits des services effectués et refont d’ores et déjà appel aux Lulus pour de nouvelles prestations.

Quelques mois après, Lulu dans ma rue reçoit de nombreuses propositions pour ouvrir des conciergeries solidaires en France et à l’étranger (notamment en Belgique, Italie, Canada et Allemagne). Mais avant de porter l’essaimage au niveau (supra)national, l’entreprise stabilise son implantation à Paris, bénéficiant du soutien de la Ville qui, par le biais d’une convention d’expérimentation, met à sa disposition des lieux d’implantation de kiosques dans la capitale. Elle apporte aussi un soutien financier destiné à assurer un suivi personnalisé des personnes les plus éloignées de l’emploi. Mi 2019, six kiosques sont installés dans la capitale (4e, 14e, 15e, 17e, 18e et 20e arrondissements).

Développer et valoriser les compétences des Lulus aux profils variés
Initialement pensée pour les personnes en situation d’exclusion ou éloignées de l’emploi, Lulu dans ma rue compte des éducateurs spécialisés, des chargés d’accompagnement et des chargées d’insertion professionnelles pour accompagner les Lulus les plus fragiles. Ces salariés effectuent en parallèle un travail d’articulation et de partenariats auprès de structures susceptibles de compléter les réponses apportées. Encore en développement, ce volet a d’ores et déjà permis d’établir des liens avec les Petits Frères des pauvres, l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et de Prévention (ANPAP), ainsi que les Régies de quartier dans les arrondissements où Lulu dans ma rue est présent. En dehors du secteur associatif, Lulu dans ma rue est également en relation avec les CCAS de la Ville de Paris et les mairies d’arrondissement, ainsi que des établissements publics tel que Pôle Emploi, qui participe au référencement des Lulus et oriente certains de ses usagers vers la structure pour retrouver une activité économique. Un accompagnement partagé s’organise alors sous forme de rencontres et d’échanges avec la structure d’insertion d’origine pour assurer le suivi de la personne.

Depuis son essaimage dans la capitale, l’entreprise sociale et solidaire s’appuie désormais sur des profils plus variés : mères au foyer, étudiants, travailleurs à temps partiels, demandeurs d’emploi, allocataires du RSA, retraités, ainsi que des personnes éloignées du marché du travail. Lulu dans ma rue ne recourt pas à des critères de sélection pour postuler. Elle vise précisément cette diversité de profils qui permet de sortir de l’assignation de « bénéficiaires » d’une entreprise sociale dans laquelle les Lulus pourraient se voir enfermer. De par cette sociologie plurielle, Lulu dans ma rue souhaite permettre à chacun, quelle que soit sa situation, de se sentir membre à part entière de sa communauté.

Plus précisément, le recrutement des Lulus débute par une réunion d’informations collective afin d’expliquer le concept de la conciergerie solidaire et les engagements (notamment vis-à-vis des clients) qui doivent être respectés en tant que Lulu. Cette réunion permet également de présenter les aspects administratifs tel que le statut de micro entrepreneur. En effet, le micro-entreprenariat s’articule avec toutes les autres formes de statuts (salariat, retraites, RSA, allocations chômages…) et offre la possibilité à la personne de s’investir selon ses disponibilités et ses capacités. Le potentiel Lulu est alors accompagné dans ses démarches administratives ainsi que sur tous les aspects relatifs à la gestion des ressources humaines. Après avoir réalisé des prestations tests pour connaître leur niveau de compétence (notamment dans certains métiers tel que le ménage ou le bricolage), chaque Lulu retenu est accompagné dans la création de sa micro entreprise.

Les Lulus bénéficient alors de formations commerciales et professionnelles permettant d’enrichir et de valoriser leurs compétences.. Lulu dans ma rue expérimente des formats et modalités innovants sur des formations à la relation client, au savoir-être, à la gestion d’activité et aux usages numériques. Des formations aux techniques commerciales sont proposées, ainsi que des ateliers collectifs professionnalisant (informatique, bricolage…), avec un focus particulier sur les personnes qui en ont le plus besoin. Par ailleurs, pour les Lulus issus de chantier d’insertion,, l’entreprise construit un accompagnement partagé, qui s’organise sous forme de rencontres et d’échanges avec la structure d’insertion d’origine du Lulu. Finalement, les parcours de formation s’inscrivent en parallèle de la montée en charge des activités professionnelles du Lulu. De fait, activité et formation se déroulent dans un même temps.

Ces services de proximité ont également pour objet d’être vecteurs de liens sociaux. Car créer du lien dans les quartiers où elle est implantée est aussi l’un des objectifs affichés par Lulu dans ma rue qui organise mensuellement des événements festifs (notamment des fêtes de quartier) à l’échelle des kiosques afin de permettre aux Lulus et aux utilisateurs de se retrouver et d’échanger dans une atmosphère conviviale. En dehors de ces temps, l’entreprise agit également au sein de sa communauté, organisant régulièrement des « apéros Lulus », l’occasion de se rencontrer le temps d’un verre ou un café. Par ailleurs, Lulu dans ma rue a mis en place un système de parrainage et de tutorat depuis septembre 2018, permettant aux plus anciens d’accompagner les nouveaux Lulus dans leur premier pas et de faciliter leur intégration dans la communauté.

Lulu dans ma rue conduit aussi d’autres initiatives, comme le partenariat réalisé avec la Croix Rouge à Clichy pour former des Lulus « bienveillants » aux gestes de premier secours. Plus récemment encore, l’entreprise sociale et solidaire s’est joint Aux Petits Frères des Pauvres et à Autonomie Paris Saint-Jacques pour lancer le dispositif « Paris en compagnie », permettant aux personnes âgées d’être accompagnées gratuitement dans des déplacements liés à leur vie quotidienne. Par le biais du bénévolat, des citoyens engagés peuvent ainsi devenir des accompagnateurs et, après avoir suivi une formation d’1h00, choisir l'accompagnement de leur choix en fonction des besoins de aînés, sur leur application dédiée. Depuis le lancement du service en janvier dernier, plus de 500 accompagnements ont été réalisés via le site : https://www.parisencompagnie.org.

A présent, Lulu dans ma rue travaille sur un conventionnement pour devenir l’une des premières entreprises d’insertion par le travail indépendant (EITI).

Impact(s) :
• Développe de l’activité économique locale et accessible à tous
• Favorise le lien social à l’échelle des quartiers
• Participe à l’insertion professionnelle des personnes éloignées de l’emploi

Partenaire(s) :
Acteurs institutionnels : Mairie de Paris, Mairies d’arrondissements (4e, 14e, 15e, 17e, 18e, 20e) Pôle Emploi, La France s’engage, Fondation de France.
Entreprises : Carrefour, Axa, Société Générale, JCDecaux, Bpifrance, PAI Partners, Enedis, Nexity, BHV/Marais, Société générale…
Fondations : Fondation Carrefour, Fondation Vinci pour la Cité, Véolia.
Associations : Les Petits Frères des Pauvres, Le Carillon, Emmaüs Défi, Croix Rouge.

Moyens :
Humains : 700 Lulus référencés mi 2019 et une équipe d’environ 50 personnes (CDI, CDD, services civiques et stagiaires) au sein de l’entreprise sociale et solidaire.
Financiers : Une commission mensuelle de 21% sur les prestations réalisés de chaque Lulu.
Matériels : 6 kiosques à Paris, 1 kiosque à Clichy, 2 corners situés au BHV et à Carrefour.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Norma VALTEAU
Chargé du développement et des partenariats
Lulu dans ma rue
32 rue Pajol
75018 Paris
Tel: +33(0)1 73 74 89 52
Mail: norma.valteau@luludansmarue.org

Lien internet: www.luludansmarue.org
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