Menu Contenu
Marie Françoise Fuchs, une vieillesse pleine d’avenir
A 85 ans, Marie-Françoise Fuchs n’a rien de la mamie gâteau et encore moins de la mamie gâteuse. Cheveux coupés courts, silhouette impeccable en pantalon, col roulé, elle vous accueille avec une tasse de thé et cette aisance toute naturelle des gens bien né. Dans son bureau, donnant sur la cour d’un immeuble ancien face au Louvre, les livres ont pris le pouvoir, allant jusqu’à investir le canapé. Il est vrai que cette petite femme aux faux airs de Françoise Giroud, n’est pas du genre à s’alanguir. Il y a 10 ans, à l’âge ou d’autres ressassent leurs souvenirs, elle a créé l’association Old’Up, dont elle vient de céder la présidence au Professeur Philippe Gutton. « Avec Old’Up, les vieux debout revendiquent d’être une richesse et de se sentir utiles à notre société. J’ai mis toute mes forces à faire remonter leur parole, comme je l’ai fait avant pour les femmes et les grands parents ».

>> Lire la suite...
 

Abonnez-vous!

>> en savoir plus
 
>> Consultez les dernières lettres d'Apriles
 
L’Odas interpelle les présidentiables
Fort de 30 ans d’évaluation des dynamiques locales, l’Odas vient de publier son manifeste pour une meilleure cohésion de notre société. Dans le prolongement des débats qui ont animé ses 10èmes Rencontres nationales, il y développe, à travers des exemples concrets, des propositions dont il souhaite qu’elles inspirent les candidats à la présidentielle. Chaque candidats sera d’ailleurs destinataires du manifeste, à consulter en ligne sur le site de l’Odas www.odas.net 
 
Accueil arrow Recherchez une action arrow Insertion arrow Adapemont, l’insertion « vachement » nature 
Bookmark and Share Envoyer à un(e) ami(e)
Version imprimable

Adapemont, l’insertion « vachement » nature



Mis à jour le: 23-03-2017

Contact action : >> VUILLEMIN Pierre-Etienne : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Emploi, Formation
  • Développement local rural
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Bénévolat
  • Diagnostic partagé

Région : Franche-Comt

Sur le vif :
« Nous sommes vraiment dans la notion de mieux vivre au pays », le directeur de l’Adapteront. 

Porteur(s) de l'action :
Association Adapemont, Association pour le Développement et l’Animation de la Petite Montagne 

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de contribuer au développement local de leur territoire rural très enclavé, des élus du Sud Jura ont constitué l’association Adapemont (Association pour le Développement et l’Animation de la Petite Montagne) en 1979. Largement portée par les habitants elle a pour objectifs de valoriser et animer le territoire et d’accompagner des salariés vers un emploi stable par des chantiers d’insertion. C’est dans ce cadre qu’a été développé un élevage conservatoire de vaches « Highland ». Cette activité permet notamment d’accueillir plus de femmes que les autres chantiers, de développer une activité économique respectueuse de l’environnement et, en contribuant à la gestion écologique des espaces, de favoriser un tourisme « vert ».

Origine(s) :
La Petite Montagne est située à l'extrémité sud du département du Jura et à la frange de la région. Elle est formée d'une succession de trois vallées et trois rivières, et son relief accidenté ainsi que l'éloignement des voies de communication principales, en font un territoire enclavé. L'activité économique locale traditionnelle est avant tout agricole et artisanale, avec une tradition d'activité d'agriculteurs tourneurs (à la belle saison activités agricoles, pendant l'hiver tournerie sur bois pour fabriquer de petits objets). Les bassins d'emploi les plus proches sont situés à Lons-le-Saunier, Oyonnax et Bourg-en-Bresse, impliquant des trajets importants.

Afin d'assurer le développement de ce territoire, des élus communaux, engagés dans la création d'un syndicat intercommunal, créent parallèlement en 1979 une association chargée d'animer le territoire sur les plans culturel et patrimonial. Animés par l'envie de mieux vivre au pays les créateurs de l'association, engagés dans des mouvements d'éducation populaire, ont d'emblée promu un fonctionnement très participatif. Et les habitants se sont très rapidement mobilisés, avec en 2015 quelques 120 bénévoles.

L'association investit une grande diversité d'actions autour de trois grandes missions :
- Valoriser le territoire en publiant un magazine trimestriel, en éditant des ouvrages, en gérant un point d'information touristique, en participant à la conservation et la restauration du patrimoine…
- Animer en organisant des actions culturelles, des festivals, des expositions artistiques…
- Accompagner/insérer en assurant le fonctionnement de cinq équipes vertes/chantiers d'insertion et en gérant un troupeau de vaches Highlands, auxiliaires d'une gestion agrobiologique du territoire,
En plus de 35 ans l'association est devenue le fer de lance du développement du territoire de la Petite Montagne et un acteur de l'insertion professionnelle.
 

Description détaillée :
En 1992, forte de son expérience diversifiée et de constats partagés avec les élus et les habitants l’Adapemont développe une activité dans le domaine de la réinsertion par l’activité économique. L’association met en place un chantier d’insertion dans le domaine de l’entretien des espaces verts en milieu rural : les équipes vertes, aujourd’hui au nombre de cinq et intervenant chacune sur une commune distincte. Des personnes éloignées de l’emploi, souvent bénéficiaires de minimas sociaux et pour certaines en situation de handicap psychiques sont recrutées en Contrats à Durée Déterminée d’Insertion (CDDI) par le chantier d'insertion et accompagnées en fonction de leurs difficultés vers le monde du travail. Financé à la fois par l’État et les collectivités territoriales, le CDDI est signé pour une durée minimale de quatre mois renouvelables, dans la limite d'une durée totale de deux ans. Si l’entretien des espaces verts en milieu rural n’est pas en soi un secteur porteur d’emploi non aidé, l’activité permet de lever des freins psychologiques, d’apporter aux bénéficiaires une stabilité financière et sociale et de développer des compétences multiples en matière de savoir-faire (bucheronnage, maçonnerie pierres sèches, clôtures, menuiserie…), mais aussi de savoir-être… Toutefois, ces chantiers d’insertion restent peu accessibles aux femmes, qui ne constituent que 30% des équipes, en raison de la pénibilité des tâches effectuées.

Retrouvez l'intégralité de la BD en bas de page

Une vache venue d’ailleurs
Les équipes vertes partagent également un diagnostic effectué dans le cadre de Natura 2000 : l’enfrichement d’un grand nombre de zones du territoire en raison du repli de l’agriculture et ses conséquences sur le recul de la biodiversité. Les parcelles les plus difficiles à exploiter sont aujourd’hui abandonnées par l’agriculture, au profit des terrains pastoraux dans les vallées et, alors qu’autrefois la plupart des familles possédaient une ou deux vaches qui entretenaient le territoire, à la fois par le nourrissage et le piétinement, des friches se développent sur des hauteurs.

L’Adapemont va alors chercher des solutions pour répondre à cette problématique de l’enfrichement tout en facilitant l’insertion des femmes dans les équipes. Ses recherches la conduisent à s’orienter vers l’élevage, avec une attention particulière au choix des animaux car l’état des terrains et le rude climat de la région imposent une race de bovins particulièrement rustique.

C’est la vache Highland originaire d’Ecosse qui répond à ces critères. Cette race très ancienne, de petite taille mais robuste, demande peu de soins et est capable de vivre dans les conditions les plus dures... tout en s’adaptant aussi aux climats plus tempérés. Elle peut consommer une grande variété de végétaux, y compris de type arbustifs, ce qui en fait une excellente débroussailleuse et tondeuse écologique. Sa rusticité s’accompagne d’une croissance lente, 32 mois jusqu’à l’âge adulte (24 mois pour les races les plus présentes dans les troupeaux français) et d’une remarquable longévité.

Retrouvez l'intégralité de la BD en bas de page


Développement raisonné et insertion
Depuis 2014, soutenue par l’Etat et les collectivités territoriales, l’Adapemont a donc introduit l’élevage de vaches Highlands en collaboration avec les techniciens de l’environnement de Natura 2000, qui dressent des inventaires de la biodiversité et mettent en place des protocoles de gestion des pâtures. Fin 2015, le cheptel compte plus d’une trentaine de bêtes, réparties sur environ 70 hectares de surface agricole utile (SAU), avec des parcelles sur cinq communes différentes. Cette activité d’élevage a permis la création de neuf emplois aidés, occupés à 60% par des femmes.

Les collectivités mettent à disposition les terrains communs, financent l’équipement en points d’eau et en clôtures. L’Adapemont mobilise de son côté une trentaine de salariés des équipes en insertion sur les activités connexes à l’élevage : pose et entretien des clôtures, travaux mécaniques sur le matériel, alimentation en eau et fourrage d’appoint, etc… L’intérêt d’un tel troupeau ne se limite pas au débroussaillage. Les animaux sont également élevés pour leur viande de qualité. Elle est pour l’instant commercialisée directement auprès des habitants et des salariés qui bénéficient ainsi de prix attractifs et d’une alimentation de qualité. Cette activité de vente directe génère un tiers des ressources de fonctionnement des troupeaux (les deux derniers tiers étant assurés par des subventions publiques) et valorise également le parcours des employés en insertion. Elle pourrait encore se développer puisqu’un partenariat avec un jardin de cocagne (Lire notre fiche Apriles sur les Jardins de Cocagne) est actuellement à l’étude.

L’occasion de créer d’autres synergies et de renforcer l’attractivité et le développement du territoire de la Petite Montagne, alors que l’Adapemont continue à développer de nouveaux projets, comme celui d’un FabLab. 

Impact(s) :
• Les activités d’insertion permettent d’orienter vers l’emploi des populations qui en sont très éloignées. En une année 80 personnes passent en chantier d’insertion dont 60% sont en sorties dynamiques (emploi, stage, formation…).
• L’activité troupeau permet d’élargir les compétences des personnes accompagnées par le chantier d’insertion. De plus, leur mise en responsabilité auprès des animaux favorise une meilleure estime d’eux-mêmes.
• Outre son intérêt pour l’insertion, l’activité élevage contribue à la gestion écologique des espaces et promeut un développement raisonné du territoire.
• L’ensemble de l’action de l’association Adapemont permet de développer les synergies sur le territoire, contribue à maintenir du lien social et renforcer l’attractivité d’une zone très isolée.
 

Partenaire(s) :
Etat
Collectivités territoriales : Conseil départemental, communes du Pays de la Petite Montagne
Pôle emploi, Cap emploi
Fond social européen
 

Moyens :

Humains :
53 salariés pour 40,12 ETP dont 10 salariés permanents et 43 salariés accompagnés vers l’emploi.
Les bénévoles de l’association interviennent essentiellement sur les activités d’édition, de valorisation du patrimoine et d’organisation de manifestations, dont le festival Bouche à Oreille

Financiers : Le budget de l’association s’élève à 1 126 000 euros en 2016 dont environ 220 000 pour l’activité troupeau. Les produits de cette activité troupeau sont constitués à parts quasi égales du financement Etat/ Conseil départemental pour les emplois aidés, de la vente de la viande et des primes agricoles spécifiques aux zones de montagne (ICHN : indemnité compensatoire de handicap naturel) dans le cadre de la PAC (politique agricole commune de l’Union européenne).

Matériels : hangars de stockage pour le matériel agricole et le foin, véhicules, tracteurs, débroussailleuse, tronçonneuses, bétaillère, van, tonne à eau…
Deux boxes fermés sur 3 côtés pour les vaches.

Le Bruit des idées : 
promouvoir l'innovation autrement

De septembre 2015 à juin 2016, à l'innitiative du SGMAP et du CGET quatre élèves du Master Politiques Publiques de Sciences Po Paris et quatre élèves de l’Ecole d’art Emile Cohl ont sillonné la France pour découvrir et nous faire partager des initiatives innovantes au croisement des enjeux publics et des dynamiques associatives. Ils en ont rapporté huit reportages en bande dessinée. Cela à donné lieu à la publication « Le bruit des Idées – Innovations territoriales en bande dessinée » soutenue par Apriles. L'un d'entre eux porte sur Adapemont. 
Voici sa version en ligne (cliquer sur l'icone en haut à gauche pour la voir en plein écran):

 


*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
[ Retour ]