Menu Contenu
Marie Françoise Fuchs, une vieillesse pleine d’avenir
A 85 ans, Marie-Françoise Fuchs n’a rien de la mamie gâteau et encore moins de la mamie gâteuse. Cheveux coupés courts, silhouette impeccable en pantalon, col roulé, elle vous accueille avec une tasse de thé et cette aisance toute naturelle des gens bien né. Dans son bureau, donnant sur la cour d’un immeuble ancien face au Louvre, les livres ont pris le pouvoir, allant jusqu’à investir le canapé. Il est vrai que cette petite femme aux faux airs de Françoise Giroud, n’est pas du genre à s’alanguir. Il y a 10 ans, à l’âge ou d’autres ressassent leurs souvenirs, elle a créé l’association Old’Up, dont elle vient de céder la présidence au Professeur Philippe Gutton. « Avec Old’Up, les vieux debout revendiquent d’être une richesse et de se sentir utiles à notre société. J’ai mis toute mes forces à faire remonter leur parole, comme je l’ai fait avant pour les femmes et les grands parents ».

>> Lire la suite...
 

Abonnez-vous!

>> en savoir plus
 
>> Consultez les dernières lettres d'Apriles
 
La Fonda : faire ensemble 2030
A l’occasion de sa soirée de rentrée, La Fonda lance le 28 septembre 2017 son nouveau cycle de prospective participative. Objectif : démontrer et accroître la capacité des acteurs associatifs à répondre aux défis de l’Agenda 2030 (Programme mondial de développement durable à l’horizon 2030). Cette démarche s’appuiera notamment sur un programme de séminaires réguliers et donnera lieu à une « Université de la prospective », les 22 et 23 mars 2018, à Paris. www.fonda.asso.fr/ 
 
Accueil arrow Recherchez une action arrow Insertion arrow Mon Eco Logement : quand la rénovation donne de l’élan à un quartier 
Bookmark and Share Envoyer à un(e) ami(e)
Version imprimable

Mon Eco Logement : quand la rénovation donne de l’élan à un quartier



Mis à jour le: 26-09-2016

Contact action : >> SIMON Virginie : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Rénovation urbaine
  • Logement, Habitat
  • Relations de voisinage
  • Liens intergénérationnels
  • Intégration
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Participation des habitants

Région : Nord-Pas-de-Calais

Sur le vif :
« Cette expérience, c’est que du positif. Nous sommes arrivés il y a deux ans et les ateliers de jardinage nous ont permis de rencontrer nos voisins. Il y a de l’entraide pendant les ateliers, mais elle est toujours présente le reste du temps. (…) On se sent acceptés par tout le monde. On se sent mieux.» - Une nouvelle locataire de la cité des Vieux Corons.  

Porteur(s) de l'action :
Soliha Douaisis  

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin d’améliorer les conditions de vie des locataires d’une ancienne cité minière du Nord et de favoriser leur autonomie, Soliha, réseau associatif spécialisé dans l’accompagnement par le logement, a conduit de 2011 à 2016 « Mon Eco Logement », projet de réhabilitation énergétique de 26 logements dégradés de la cité des Vieux Corons à Douai. La concertation étroite avec les locataires et leur implication ont non seulement garanti la réussite de ce projet, mais ont également permis de susciter une véritable dynamique participative ayant débouché sur le développement d’une nouvelle action à l’initiative des habitants. En effet, en 2013, soutenus et accompagnés par Soliha, ceux-ci ont entrepris une rénovation des jardins et abords de la cité fondée sur la coopération et l’entraide. 

Origine(s) :
En 2011, à la demande de la ville de Douai qui compte 38% de logements sociaux, SOLIHA Douaisis décide de s’engager dans un projet de réhabilitation de 26 logements des « Vieux Corons », ancienne cité ouvrière du quartier de Dorignies à Douai, commune située dans l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, en choisissant d’associer dès le début les habitants qui peuvent, s’ils le souhaitent, bénéficier d’un logement adapté au niveau BBC Rénovation.

Soliha (Solidaires pour l’habitat) est un réseau associatif national issu de la fusion entre la Fédération des PACT (propagande et action contre les taudis) et la Fédération nationale Habitat et Développement. Alors que son action était à l’origine centrée autour de l’accompagnement par le logement, Soliha a progressivement développé son activité pour répondre aux problématiques liées au logement identifiées sur le territoire national. Aujourd’hui, ce vaste réseau, composé de 197 associations et organismes locaux et organisé autour d’unions territoriales régionales, produit des logements d’insertion par la réhabilitation du parc privé ancien dégradé. L’union territoriale des Hauts de France gère 8 000 logements occupés en majorité par des publics rencontrant d’importantes difficultés sociales (80 % des locataires bénéficient du RSA). C’est dans ce cadre que Soliha Hauts de France a entrepris la réhabilitation de la cité des Vieux Corons, en lien avec l’association locale Soliha Douaisis qui s’est vu confier la maîtrise d’œuvre de l’opération.

Un diagnostic de départ mené par l’association a permis dans un premier temps d’identifier les besoins et les attentes des familles. Les anciens corons, dégradés et consommateurs d’énergie, sont occupés par des publics diversifiés (couples avec ou sans enfant, parents isolés, personnes âgées…) mais majoritairement en situation de grande précarité sociale et énergétique. Un tiers des locataires de ces logements mal isolés, dont certains sont encore chauffés au charbon, se trouve alors en situation de surendettement énergétique. D’autres occupent des logements inadaptés à leur situation familiale : pour ces dix familles, des solutions de relogement sont recherchées et de nouveaux locataires sont accueillis. Le diagnostic a permis en outre de mettre en évidence d’autres problématiques sociales telles que l’isolement, ou la perte mobilité liée à l’âge.

Fort de ces constats, le projet s’est orienté vers une rénovation de qualité Bâtiment Basse Consommation afin d’améliorer la performance énergétique des foyers en renforçant l’isolation et en installant de nouveaux équipements moins gourmands en énergie (chaudières, VMC,…). Une adaptation des logements aux normes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite a également été prévue pour quatre logements du rez-de-chaussée. Afin de renforcer le lien social au sein de la cité et de favoriser l’autonomisation des habitants, le projet prévoyait également une forte dimension participative.

S’agissant d’une réhabilitation de logement habités, les aménagements ont été réalisés logement par logement et Soliha a eu recourt à des « logements tiroirs », une solution de relogement temporaire pendant la durée des travaux achevés aux printemps 2016. 



Description détaillée :

Combiner accompagnement social, rénovation de l’habitat et participation effective des habitants

S’adressant à des publics fragiles, le projet prévoit dès son origine un accompagnement social individuel à destination des locataires. Les familles éligibles bénéficient également d’un accompagnement dans le cadre du Fonds Social pour le Logement géré par le conseil départemental : des modules de médiation, de maitrise des loyers et des charges et d’installation pour les familles relogées sont mis en place.

Par ailleurs, partisane d’une approche participative, Soliha souhaite dès le commencement du projet associer les habitants au projet de rénovation. Ainsi, les locataires participent à des ateliers de concertation organisés une fois par mois, pendant lesquels ils peuvent se prononcer sur les agencements prévus, personnaliser certains éléments (couleur du carrelage, etc.) et suivre l’avancée des travaux. En outre, l’association entreprend une démarche pédagogique visant à expliciter l’utilisation et l’entretien des nouveaux équipements, afin de favoriser leur appropriation par les locataires.

Pour les porteurs de projet, la concertation avec les habitants constitue la clé de réussite de l’action en ce qu’elle a permis d’instaurer une relation de confiance et de lever certains freins à la mobilisation de locataires parfois réfractaires au projet en raison du mauvais souvenir laissé par une précédente expérience de rénovation. La visite des premiers appartements achevés et l’identification de personnes motrices au sein du groupe des locataires ont été autant de leviers pour la participation du plus grand nombre. Au total, l’ensemble des foyers ont participé au moins une fois à la démarche de concertation et dix familles ont constitué le noyau dur du groupe.

Un soutien aux initiatives des locataires
Preuve de réussite notable, la démarche de concertation a fait naitre une initiative d’habitants : satisfaits du projet de rénovation de leur logement, les locataires ont souhaité aller plus loin en réaménageant les jardins et les espaces extérieurs dégradés et laissés à l’abandon. Un financement sollicité auprès du Conseil Régional dans le cadre du Fonds d’initiatives des territoires et de leurs acteurs (FITA) a permis au projet « Mon Eco Jardin » de voir le jour en 2013.

Dans un premier temps, une démarche de conception des plans et dessins de jardins durables a été conduite avec l’aide d’un paysagiste et du service technique de l’association. Puis, des ateliers de jardinage animés par un jardinier de l’association « Près du sol » ont permis aux habitants de se sensibiliser aux éco-gestes et techniques écologiques de jardinage : tri et valorisation des déchets par la mise en place de composteurs et la création de paillis, utilisation d’alternatives aux engrais, création et partage de semis, recours à des essences locales et consommations de fruits et légumes de saison… Ces ateliers ont en outre offert l’occasion aux habitants de valoriser leurs savoir-faire et de découvrir de nouvelles activités qui ont parfois suscité de véritables vocations : un groupe de femmes s’est ainsi révélé dans le travail du bois à l’occasion d’un atelier de création de meubles en palettes. De plus, la décision de faire appel à un chantier d’insertion pour la réalisation des aménagements extérieurs et pour lequel sont embauchés deux locataires leur offrent de nouvelles perspectives professionnelles.

Un projet qui mobilise l’ensemble des forces vives du quartier
Tout au long de la démarche, l’association s’est appuyée sur le tissu associatif local qu’elle connait bien. Le centre social du quartier de Dorignies, lieu privilégié de création du lien social au sein du quartier, est ainsi associé au comité de pilotage. L’objectif est alors de favoriser les liens avec les habitants et de faire connaître aux nouveaux arrivants l’offre de services et d’actions proposée par le centre. En outre, pour la rénovation des jardins, Soliha a fait appel aux jardins familiaux afin de bénéficier de leur expertise et d’organiser des visites de sites à destination des locataires. Certains ateliers se sont également déroulés en partenariat avec la maison relais.

Des effets déjà visibles sur la qualité de vie, l’autonomisation des habitants et la cohésion sociale au sein de la cité
Cinq ans après, le projet a produit des résultats parfois inattendus. Tout d’abord, la rénovation des logements et jardins a conduit à une nette amélioration de la qualité de vie des habitants dont la facture énergétique s’est réduite d’environ 30%. Des locataires souffrant de pathologies tels que l’asthme ont également fait état d’une amélioration notable de leur état de santé. Pour les porteurs du projet, les effets sont perceptibles jusque dans l’apparence physique des locataires, reflet d’un bien-être moral retrouvé.

Le projet a également impacté positivement la dynamique au sein de la cité des Vieux Corons : en particulier, les ateliers de jardinage ont permis aux locataires de retisser du lien social et intergénérationnel, et de développer des logiques d’entraide qui ont perduré en dehors des ateliers. Une fête des voisins a ainsi été organisée pour la première fois. Les habitants se sont en outre pris au jeu de la concertation et de la participation citoyenne : certains d’entre eux participent désormais au conseil de quartier.

Un projet qui demande du temps et qui se heurte à la rigidité des appels à projets et des logiques institutionnelles
Les porteurs de projet rappellent toutefois que ce genre de projet demande du temps. Pour des publics fragiles faisant face à des difficultés sociales et familiales qui peuvent à tout moment interrompre leur participation, un accompagnement de longue durée est nécessaire. Néanmoins, les contraintes temporelles et budgétaires des appels à projet ne sont pas toujours compatibles avec les besoins d’une action de cette envergure. Par ailleurs, la recherche de financements est une tâche prenante et chronophage pour les équipes et peut donner lieu à des moments de latence qui sont autant de freins potentiels à la dynamique collective.

Les porteurs de projet regrettent également les difficultés rencontrées pour faire remonter des initiatives issues du terrain aux financeurs. Malgré la représentation des financeurs au sein du comité de pilotage, l’association et les habitants ont parfois peiné à faire entendre leurs propositions.

Les prolongements du projet : vers la rénovation des espaces publics du quartier de Dorignies
Si la rénovation est achevée, l’association souhaite poursuivre et étendre la dynamique à l’ensemble du quartier. Une demande de financement est en cours pour travailler avec les habitants de Dorignies à la réhabilitation des espaces publics, en partenariat avec la municipalité.
Afin de valoriser leur expérience, les locataires sont régulièrement sollicités pour témoigner à l’occasion d’échanges avec des groupes d’habitants d’autres communes.
 

Impact(s) :

  • Appropriation d’éco-gestes ;
  • Impact sur le budget des ménages (réduction de 30% du montant de la facture énergétique) ;
  • Amélioration de l’état de santé des personnes ;
  • Promotion du lien social et intergénérationnel ;
  • Promotion de la participation citoyenne : participation des locataires au conseil de quartier. 
 

Partenaire(s) :

  • Partenaires financiers : La Fondation de France, Solinergy, Le Conseil Régional Nord-Pas de Calais (Fonds d’Initiative pour une consommation Eco-responsable, Fonds d’Initiatives des Territoires et de leurs Acteurs), la Communauté d'Agglomération du Douaisis, la ville de Douai, le Conseil Général du Nord (FSL), l'ARS, la Fondation Abbé Pierre ;
  • Intervenants : l'association « Près du sol », les jardins familiaux ;
  • Dynamique de quartier : le centre social Dorignies
  • Réalisation d’un film reportage sur le projet : la Fondation Abbé Pierre.
 

Moyens :

Financiers :

  • Budget global d’investissement pour la réhabilitation des 26 logements : 2 713 943 € financés en majorité par un prêt locatif aidé d’intégration (PLAI) de la Caisse de Dépôts.
  • Budget pour l’animation d’ateliers « mon éco logement » : 24 512 €
  • Budget « mon éco jardin » : 200 000 € en investissement et 40 000 € en fonctionnement. 

Humains :
  • Une conseillère en économie sociale et familiale de Soliha Douaisis et une salariée de Soliha Hauts de France pour l'animation et l'organisation des ateliers de "mon éco logement".
  • Intervention de l'association « près du sol » pour l’animation des ateliers « mon éco jardin » et d’un paysagiste.

Matériels :
  • Outil pédagogique « Mon logement et moi » développé par un groupe de travail composé de travailleurs sociaux de Soliha : maison en 3D et questions/réponses autour du logement.
 

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
[ Retour ]