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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Quelle place pour les âgés ?
Comment promouvoir la participation sociale des personnes âgées ? C’est à cette question que s’efforce de répondre le dernier numéro de la revue de "Santé Publique France, La santé en action". Alors que l’on compte aujourd’hui en France 13 millions de personnes âgées de 65 ans, la publication lui consacre un dossier de 37 pages, auquel a contribué une vingtaine d’experts (médecins, sociologues, universitaires…). Cette approche transversale permet de préciser les définitions, définir les enjeux, dessiner des pistes d’actions, s’inspirer de nos voisins étrangers… L’occasion d’évoquer des sujets qui tiennent à cœur à Apriles, comme l’engagement bénévole des séniors ou encore leur participation à l’élaboration des politiques locales.
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Une bagagerie pour les SDF dans le quartier des Halles à Paris - 75



Mis à jour le: 01-01-1970

Type d'action :

  • Relations de voisinage
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Participation des habitants
  • Bénévolat

Région : Alsace

Sur le vif :
"Cette bagagerie est le carrefour de l'insertion des SDF dans le quartier". Un maraudeur d'Emmaüs.

Porteur(s) de l'action :
Association Mains Libres, association loi 1901

Objectif(s) et bref descriptif :
La bagagerie Mains libres permet aux SDF du quartier des Halles (Paris 1er) d'être déchargés de leurs paquets pendant la journée, afin de vaquer à leurs occupations, démarches, soins et faciliter ainsi leurs projets d'insertion. Cogérée par des SDF et des ADF (avec domicile fixe), cet espace de rencontre bénéficie d'un solide ancrage local, en lien avec les associations spécialisées et le centre social du quartier, et associant activement ses usagers.

Origine(s) :
Dans le cadre du projet de rénovation urbaine du quartier des Halles, une association d'habitants, sensible à la situation des SDF très présents dans le quartier, lance en 2002 une enquête sur leurs besoins en termes d'accueil. Tous demandent un lieu pour déposer leurs bagages afin de vivre déchargés de leur fardeau, sans être stigmatisés. L'association organise une soirée débat sur le thème "Comment inclure les SDF dans notre quartier '". Il en ressort un projet de bagagerie pour les SDF, et la nécessité de les associer au projet.

Description détaillée :

> Un projet porté collectivement par les "Avec Domicile Fixe" et "Sans Domicile Fixe" du quartier
A l'issue de cette soirée-débat sur la situation des SDF, un groupe de travail se constitue, composé d'ADF (membres d'associations spécialisées du quartier exclusivement - Aux captifs la libération, Emmaüs, Conférence Saint-Vincent-de-Paul'-) et de SDF (présents lors de la soirée-débat ou rejoignant l'équipe par cooptation). Dans la perspective de l'installation de la bagagerie, ils décident de réaliser des enquêtes sur l'offre existante (bagageries, offres commerciales), et les besoins des SDF (étude réalisée par une chercheuse auprès d'une cinquantaine d'entre eux, recueil de témoignages de maraudeurs sur les conditions de vie des SDF). Plus largement, le groupe de travail consulte les présidents des associations du quartier sur la vie associative et la gestion des bénévoles, d'une part ; et la police, sur les questions de sécurité et de la gestion de l'équipement, d'autre part.
L'essentiel de ce travail porte sur le fonctionnement de la future bagagerie : choix d'un espace ouvert tous les jours, matin et soir, pour offrir une solution de stockage durable, suffisante et sécurisée ; d'un accueil uniquement assuré par des bénévoles comprenant un guichet de communication des bagages, le service de boissons chaudes, et la possibilité de consulter Internet. En quelques mois, l'association Mains Libres est créée, avec un conseil d'administration composé à parité égale de SDF et d'ADF et de représentant d'associations. Le président est un ADF, le vice-président un SDF. Le règlement intérieur est rédigé par un SDF, et, une fois discuté et amendé, fait l'objet d'un vote unanime de l'assemblée générale.

Pour s'implanter, l'association identifie un local dans le quartier, ancienne halte garderie de 135m2. Mais entre temps, la Mairie choisit d'y placer provisoirement une maison des associations dans le cadre du plan de rénovation urbaine. C'est grâce à la mobilisation d'une délégation de SDF et d'ADF qui constitue et présente un dossier aux maires des arrondissements alentours, que la Mairie de Paris accepte finalement de mettre à disposition ce local en février 2007. Parallèlement, l'association recherche et obtient des financements pour l'investissement auprès de fondations et d'entreprises (l'Association Accomplir, l'Association Porticus France, le Collectif de commerçants Beaubourg les Halles, Fondation Phitrust, Fondations Total, Agir sa vie, Caisse d'épargne, Crédit Mutuel, la Mairie du 1erarrondissement'). La bagagerie est inaugurée en mars.

> Un lieu d'accueil géré uniquement par des bénévoles ADF ou SDF
Ouverte de 7h à 9h et de 20h à 22h, la permanence de la bagagerie est assurée par les bénévoles SDF et ADF. Chaque bénévole est présent deux heures par semaine, le jour de son choix, le matin ou le soir. Pour chaque créneau, un responsable est désigné, qui s'assure de la présence de deux ou trois volontaires à la permanence suivante. Un planning affiché au mur permet aux volontaires de s'inscrire dans les créneaux déficitaires. Le volontaire s'occupe de l'ouverture du lieu et de l'accueil (aller et retour aux casiers, service de boissons chaudes, répartition des quatre ordinateurs à tour de rôle, ménage en fin de vacation, etc.). Il ne remplit pas le rôle d'accompagnement vers l'insertion professionnelle, qui est réservé aux partenaires associatifs.

L'association formalise le partenariat avec les associations spécialisées capables de prendre en charge l'accompagnement des personnes et les démarches d'insertion. Une convention signée entre la Ville de Paris, Mains Libres, Emmaüs, Aux Captifs la libération, et le centre social La Clairière, fixe les critères d'admission à la bagagerie. Les futurs usagers adhérents sont orientés par les associations partenaires qui s'assurent au préalable que les candidats vivent dans le quartier ou ses environs, que la bagagerie leur permettra de retrouver leur mobilité, et qu'ils sont prêts à adhérer à son règlement intérieur. Les candidatures sont ensuite soumises au Conseil d'administration de Mains libres, qui s'engage à donner une réponse dans un délai maximum de huit jours. Tous les usagers sont adhérents de l'association et à son règlement intérieur qui permet de faire de la bagagerie un lieu normé. A ce titre, chacun se sent responsable et est susceptible d'intervenir en cas d'énervement, pour calmer le jeu. Ce règlement fait l'objet d'ajustements réguliers lors des conseils d'administration, pour qu'il soit le plus adapté possible aux situations variées.

> Un espace de rencontre inséré dans le tissu associatif local
Progressivement, ce travail en commun permet de nouer des liens durables entre ADF et SDF. Cet espace de rencontre permet l'enracinement et l'émergence de nouveaux projets, grâce à un ancrage solide dans le tissu associatif du quartier. Un pôle d'insertion voit le jour. Tous les dimanche, les usagers tiennent un stand de produits équitables au marché, où ils sont salariés (environ 200 euros /mois) par l'association Travail au clair qui s'occupe de la gestion des fiche de paie. Un projet de théâtre est lancé en mars 2008 avec les bénévoles de la permanence, qui permet à certains d'entre eux, intermittents du spectacle, de retrouver du travail par la suite. Les usagers adhérents de Mains Libres participent à l'organisation et à l'animation des deux vides greniers annuels et à la fête du quartier avec les autres associations locales. Ils prennent part aux différentes instances locales : Conseil de quartier, comité d'arrondissement, réunions inter associatives, projet de rénovation urbaine, etc.

Impact(s) :
La militance des associations locales et du conseil de quartier participe à l'adhésion des élus. Une démarche de citoyenneté et de valorisation des personnes en situation d'exclusion portée collectivement qui permet :
- pour les SDF : un accès facilité aux droits et aux soins, et permet à certains d'entre eux de retrouver plus facilement du travail ou un logement ;
- pour les habitants du quartier : une prise de conscience que les SDF ont le droit et la capacité d'exercer leur citoyenneté, et peuvent utilement contribuer à la réflexion et l'action collective;
- Nombre d'adhérents de l'association : 86 adhérents, dont 33 SDF, 35 ADF, cinq associatifs, 13 donateurs;
- Nombre de volontaires pour l'accueil : 49, dont 15 SDF et 34 ADF (les ADF sont plus nombreux, mais les SDF, qui ont plus de temps, assurent plus de permanences).

Partenaire(s) :
Mairie de Paris et Mairie du 1er
Députée de Paris Centre
Fondation Phitrust
Association Accomplir et Porticus France, Soupe st Eustache
Fondations Total, Agir sa vie
Collectifs des commerçants Beaubourg Les Halles
Caisse d'épargne, Crédit Mutuel

Moyens :

Budget annuel 2008 : 55 000 euros

Mise à disposition gratuite des locaux : Mairie de Paris

Subventions (Député, Théâtre, Mairie du 1er, Phitrust - Mains Libres, Phitrust ' Stand, Caisse d'Epargne), Dons de l'association Accomplir et des particuliers, Dons en nature Soupe St Eustache

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