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Mineurs non accompagnés : une éducatrice témoigne
"Il faut arrêter de considérer ces jeunes comme un problème. Au contraire, c’est une vraie chance de les rencontrer et nous devons nous donner les moyens de les accueillir". L’intervention de Rozenn Le Berre, aux dernières Assises de la Protection de l’Enfance, début juillet, n’a pas laissé le public de l’atelier consacré aux Mineurs non accompagnés indifférent. Pendant un an et demi, cette éducatrice de 28 ans a auditionné des centaines de jeunes migrants, au sein d’un service d’accueil, pour le compte d’un Département. Une expérience indélébile, dont elle a tiré un livre, publié en Janvier dernier aux éditions La Découverte : «De rêves et de papiers. 547 jours avec les mineurs isolés étrangers».
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L’Odas interpelle les présidentiables
Fort de 30 ans d’évaluation des dynamiques locales, l’Odas vient de publier son manifeste pour une meilleure cohésion de notre société. Dans le prolongement des débats qui ont animé ses 10èmes Rencontres nationales, il y développe, à travers des exemples concrets, des propositions dont il souhaite qu’elles inspirent les candidats à la présidentielle. Chaque candidats sera d’ailleurs destinataires du manifeste, à consulter en ligne sur le site de l’Odas www.odas.net 
 
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E-FABRIK’ : la création numérique au service du lien social



Mis à jour le: 27-10-2017

Contact action : >> MIGNAN Vanessa : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Education
  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Jeunesse
  • Accessibilité, Mobilité
  • Vie en établissement
  • Gouvernance, partenariats institutionnels
  • Nouvelles pratiques professionnelles
  • Participation des habitants

Région : Île-de-France

Sur le vif :

« Participer à ce projet, ça nous permet d’acquérir des compétences et de l’ouverture d’esprit. Au début, nous étions un peu impressionnés, mais en travaillant avec des personnes hanicapées, on se rend compte qu’elles sont comme tout le monde » Un élève de l’école de la Deuxième chance à Sarcelles, participant à E-FABRIK’.

« Les professionnels découvrent les personnes en situation de handicap sous un autre jour, dans une interaction avec d’autres personnes. Nous observons comment cela change les dynamiques personnelles, en poussant vers plus d’autonomie et de communication » La cheffe de projet E-FABRIK’. 

Porteur(s) de l'action :
Association Traces-Les Atomes crochus 

Objectif(s) et bref descriptif :

Afin de familiariser des jeunes et des personnes en situation de handicap à la création numérique collaborative (pratiquée notamment au sein des Fab-Lab) et de favoriser la rencontre de l’autre et de sa différence, deux associations engagées dans l’accès pour tous aux sciences, ont lancé les défis E-FABRIK’. Des binômes, associant des jeunes valides avec des résidents de structures d’accueil pour personnes handicapées, imaginent et construisent ensemble une solution concrète à une difficulté rencontrée par la personne en situation de handicap, dans son quotidien. Ils sont accompagnés dans cette démarche par les professionnels de structures jeunesses ou handicaps et par la communauté des « makers », utilisateurs réguliers des Fab-Labs. Au-delà de son objectif de sensibilisation aux nouveaux outils numériques et de créations de liens entre valides et personnes en situation de handicap, E-FABRIK’ favorise une meilleure inclusion sociale de ces dernières et permet de valoriser l’implication des jeunes. Par ailleurs, son action encourage la mise en lien et la création de partenariats entre les acteurs d’un territoire relevant de champs d’action différents (jeunesse, handicap et création numérique).
 

Origine(s) :

E-FABRIK est né du rapprochement de deux associations franciliennes inscrites dans une démarche d’éducation populaire, Atomes crochus et Traces, qui s’efforcent de promouvoir l’accès à la science pour tous les publics. La première de façon ludique et en s’adressant prioritairement aux jeunes, chez qui elle cherche à développer le goût d’apprendre. La seconde qui réunit des professionnels de la recherche et du développement, soucieux de diffuser les outils et la réflexion scientifique auprès d’un public intéressé par la médiation scientifique. Elle intervient notamment sur le champ des formations proposées par atomes crochus auprès de professionnels (animateurs, médiateurs, enseignants…). Ensemble, ces deux associations ont déjà travaillé sur le lien social comme moteur d’apprentissage. Les deux association sont en effet attachées au mélange des publics afin de permettre à chacun d’apporter sa différence, pour se nourrir les uns des autres.
Naturellement, les deux associations se sont intéressées à la démarche des Fab-Labs comme moyen de franchir une étape de plus dans cette direction. Ces ateliers fonctionnant sur le principe d’une communauté d’échange (mise en commun des connaissances, entraide, convivialité) et orientés vers la création et la fabrication d’objet à l’aide de machines à commande numérique telles que des imprimantes 3D ou vinyle, des découpeuses laser… Elles ont cherché à y mener des projets avec des jeunes en s’appuyant sur la communauté des « makers », mais ont été confrontées d’une part à la difficulté de trouver au sein des Fab-Labs, des projets qui motivent les jeunes, d’autre part à une absence de cadre pédagogique nécessaire pour apporter une cohérence aux expériences conduites.
Parallèlement, en 2014, les membres de l’association rencontrent un collectif de designers, « FIX’expert », qui créent des objets pour améliorer la vie des personnes en situation de handicap. Ils ont alors l’idée de faire travailler ensemble des jeunes et des personnes handicapées autour de « défis », pour imaginer des objets solutionnant des difficultés rencontrées dans son quotidien par la personnes en situation de handicap et en réaliser le prototype dans un Fab-Lab.
Baptisée E-FABRIK’, la démarche est ensuite formalisée à l’occasion d’un appel à projets du Fonds d’expérimentation pour la Jeunesse (Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports), qui a pour objet de financer des programmes expérimentaux visant à favoriser la réussite scolaire des élèves, à contribuer à l’égalité des chances et à améliorer l’insertion sociale et professionnelle durable des jeunes de moins de vingt-cinq ans.
Le premier « défi » est lancé en 2015

 
 

Description détaillée :


Une dynamique individuelle et collective

L’Objectif des défis E-FABRIK’ est non seulement de permettre aux participants engagés de réaliser un projet concret et solidaire mais également de favoriser la mise en lien et la création de partenariats entre les acteurs d’un territoire relevant de champs d’action différents (jeunesse, handicap et création numérique).
Le dispositif repose sur une plate-forme collaborative, www.efabrik.fr. Cette plateforme permet aux jeunes qui souhaitent participer à un défi de s’inscrire en ligne. Ils peuvent le faire à titre individuel, à condition toutefois d’être au moins deux et âgés de 18 à 30 ans. Le plus souvent cependant, cette inscription se fait dans un cadre collectif, qu’il s’agisse d’un établissement d’enseignement (lycée, école de la deuxième chance…) ou d’une structure jeunesse (Centre d’animation, Maison des jeunes…), mais toujours sur la base du volontariat. Elle concerne alors des jeunes de 13 à 25 ans. C’est également sur la plate-forme que se signalent les personnes en situation de handicap, le plus souvent prises en charge par un service ou une structure d’accueil spécialisée, qui souhaitent être associées à la démarche, ainsi que les Fab Labs et ceux qui veulent mettre leur compétences (bricoleurs, makers, animateurs, ingénieurs…) au service d’E-FABRIK’. Enfin, la plate-forme permet également la dimension collaborative du projet puisque chacun y dispose d’un accès au blog, d’un espace projet et est encouragé à l’enrichir, en mettant en ligne soit des outils d’aide à la réalisation des objets (logiciels, tutoriels…), soit les « fiches process » qui ont permis de les réaliser.

L’équipe d’E-FABRIK’ intervient pour formaliser les partenariats, créer les conditions nécessaires à la mise en synergie des 3 structures impliquées (jeunesse, handicap, fab’lab), et apporter le soutien matériel et technique à la réalisation des projets.
Lorsque des structures sont engagées dans la démarche (ce qui concerne la majorité des défis), ces dernières signent une charte et participent à une réunion de programmation qui permet de déterminer la durée de l’expérience (quelques semaines comme quelques mois), les modalités et le calendrier. Les structures bénéficient également d’une journée de formation régionale afin de les préparer à accueillir et animer les ateliers. Enfin les référents de chaque structure disposent d’un guide qui détaille les principes du projet ainsi que l’ensemble des ateliers du parcours. Les référents ont également accès au site internet collaboratif et participatif (ressources, espace personnel et forum en ligne). Les ateliers se déroulent chez les uns ou les autres, en fonction des besoins aux différents stades du défi (prise de contact, conception puis réalisation du prototype).

Faire ensemble pour se découvrir
Un premier atelier est organisé avec l’ensemble des potentiels participants pour leur présenter en détails la démarche et leur permettre de s’engager en connaissance de cause. Une fois qu’ils ont confirmé leur intérêt, un second atelier permet aux jeunes, alors baptisés e-apprentis, de faire connaissance avec les personnes en situation de handicap, ou e-associés. Des équipes sont alors formées, associant un ou plusieurs e-apprentis et un e-associé autour d’un besoin identifié. Plusieurs ateliers seront ensuite nécessaires pour concevoir et réaliser le prototype répondant à ce besoin. A l’exemple de Mamadou et Sissoko, de l’Antenne Jeune Flandres et de Karim, suivi par un accueil de jour et un foyer d’hébergement de l’association Cap’Devant, qui rencontre des difficultés pour utiliser la manette de commande de son fauteuil roulant. Avec l’aide de leurs référents dans leurs structures respectives et de Guillaume, leur e-complice au Fab-Lab WoMa, atelier de quartier du 19ème arrondissement, ils ont effectué ensemble des recherches sur les adaptations de manettes déjà conçues par des makers, ont conçu à l’issu de plusieurs essais une manette parfaitement adaptée à la main de Karim et à sa mobilité, puis l’on réalisé à l’aide d’une imprimante 3D.
Pour mener à bien son projet, chaque équipe dispose d’un budget de 150 euros et au-delà E-FABRIK’ prend en charge les besoins en matériel des participants. Le parcours se conclue par un moment festif et convivial où les équipes, devenus e-experts, présentent leur prototype. Ce dernier, ainsi que toutes les indications pour le réaliser soi-même dans un Fab-Lab sont ensuite mis en ligne sur le site d’E-FABRIK’ où ils peuvent être consultés par des personnes à la recherche d’une amélioration de leur quotidien.

En 2016, E-FABRIK’ a ainsi permis à 400 bénéficiaires de découvrir des outils numériques, le goût d’apprendre, le lien social et de porter à leur terme une soixantaine de projets. Ce sont également 35 structures qui ont été impliquées sur 11 territoires d’Ile de France, permettant ainsi d’impulser une dynamique entre handicap, jeunesse et numérique.

De fait, à l’issue des projets initiés par l’équipe d’ E-FABRIK’, des partenariats entre les structures jeunesse, handicap et Fab’lab perdurent. A Montreuil par exemple, le Fab lab et la maison d’accueil spécialisée (MAS) Glasberg ont décidé de travailler à la réalisation un jardin thérapeutique dans la MAS.
Le dispositif se déploie pour l’instant uniquement en Ile-de-France, mais E-FABRIK’ continue à démarcher des structures et compte profiter de sa notoriété naissante (l’action est répertorié sur le site de La France s’engage) pour s’implanter sur d’autres régions.
En janvier 2018, l’association lancera également une formation « E-FABRIK’ » pour devenir médiateur numérique et social.
Le projet compte par ailleurs s’étendre en Normandie, Rhône-Alpes et Aquitaine.  

Impact(s) :


Côté jeunes :

- Favoriser le changement de regard sur le handicap
- Pour des jeunes en difficulté, il s’agit d’une expérience valorisante : le projet permet d’aboutir à un produit fini, dont l’utilité est immédiatement constatée, et qui n’est pas sanctionné par une note. Participer au projet a donc un impact sur la confiance en soi et en sa capacité à apprendre. A l’issue du parcours, certains jeunes continuent à se rendre dans les FabLabs pour y développer des projets personnels.
- Les défis permettent d’acquérir des compétences techniques et une expérience qu’il est possible de valoriser dans la recherche de stages ou d’emploi. Participé à E-FABRIK à même éveiller des vocations ou confirmer des orientations. Certains ont ainsi par exemple décidé de poursuivre des formations dans le médico-social.
- L’implication des jeunes dans les défis contribue à faire évoluer les regards sur la jeunesse portés par les professionnels des structures d’accueil pour personnes handicapées et des Fab’Lab.

Côté structures d’accueil pour personnes handicapées :
- Participer à E-FABRIK permet d’ouvrir la structure sur l’extérieur et de favoriser les relations entre personnes en situation de handicap et personnes valides.
- Le projet peut avoir une influence sur les dynamiques personnelles des personnes en situation de handicap, en les encourageant à plus d’autonomie et d’interaction.
- Le regard des professionnels sur la personne en situation de handicap évolue, et les éducateurs peuvent être amené à modifier certains projets personnels.

Côté Fab-Lab :
- Les Fab-Lab se conçoivent comme des lieux ouverts à tous et leur participation à E-FABRIK participe de cet objectif.
- Les Fab-Labs choisis sont dans une démarche de création de lien social de proximité . E-FABRIK’ est ainsi l’occasion pour eux de rencontrer d’autres acteurs locaux.

Côté partenariat :
- De nombreuses structures engagées dans un parcours E-FABRIK continuent ensuite à travailler ensemble, en organisant des activités communes.

Partenaire(s) :
-Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports
-Fondation de France,
-Fondation AG2R la mondiale
-Fondation Croix rouge
-Fondation Free
-Département de l’Essonne
-Région Ile-de-France (dispositif E-inclusion-Innovation sociale numérique, avec l’appui de La Fonderie, agence numérique d’Ile-de-France)
 

Moyens :


Humains :
L’équipe E-FABRIK’ se compose trois permanents, appuyés par un stagiaire et un membre de Trace qui apporte un soutien administratif et financier.

Financiers :
Une édition des défis E-FABRIK’ représente un budget d’environ 100 000 euros (pour l’année 2017).
60% est assuré par des financements publics (Fond d’expérimentation jeunesse, Région Ile-de-France et Conseil départemental de l’Essonne).
Les 40% restants proviennent de financements privés (Fondation free, AG2R-La Mondiale, Fondation de France au titre de l’appel à projet handicap, Fondation Croix-Rouge sur la dimension lien social).

Matériels :
E-FABRIK’ nécessite des trois structures engagées sur un territoire la mise à disposition de locaux pour accueillir les ateliers. Les Fab-Labs mettent à disposition les machines nécessaires à la réalisation des prototypes.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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