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Michel Vielle : "Donner une place aux habitants a toujours été mon obsession"
A l'occasion des reflexions qui naissent autour du mouvement des gilets jaunes et de la place du citoyen dans la vie démocratique, nous avons souhaité re-publier l'entretien de Michel Vielle datant de 2009. Disparu en 2010, ce géographe rural de formation, était venu au Développement social local (DSL) par sa passion nourrie pour "les territoires vécus, parcourus et repérés par les habitants". Devenu consultant, il a accompagné ses dix dernières années élus, professionnels et habitants dans les démarches de coopération et de co-construction de leur projet de développement. Une façon de donner corps et vie à la démocratie participative. Un grand professionnel, militant de la parole donnée aux citoyens, dont les constats et propositions n'ont rien perdu de leur actualité 10 ans aprés.


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Le Reflet s’illustre
Il y a quelques mois, Apriles consacrait une fiche au Restaurant le Reflet, à Nantes. Un restaurant extraordinaire puisque cette entreprise ordinaire a relevé le défi d’intégrer dans son équipe six personnes porteuses d’une trisomie 21. Aujourd’hui cette belle aventure fait l’objet d’un livre. Joliment illustré, cet ouvrage a pour vocation de partager à grande échelle le savoir-faire de l’association Trinôme 44, qui a porté le projet, et de diffuser le plus largement possible cette expérience afin d’inciter un plus grand nombre d’employeurs à embaucher des personnes porteuses de handicap. D’autres initiatives similaires ont d’ailleurs vu le jour à Nîmes ou encore à Rennes et Paris avec les cafés Joyeux. Prix 20 euros à commander sur http://projet-lereflet.fr/ notre-livre/ 
 
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En Touraine la Marpa fait école



Mis à jour le: 26-09-2016

Type d'action :

  • Education
  • Développement local rural
  • Relations de voisinage
  • Liens intergénérationnels
  • Jeunesse
  • Vie en établissement
  • Vie des séniors
  • Gouvernance, partenariats institutionnels
  • Nouvelles pratiques professionnelles
  • Participation des habitants

Région : Centre

Sur le vif :
« Des liens personnels se sont créés entre les résidents de la MARPA, des élèves et leurs familles. Il n’est pas rare que les enfants et leurs parents rendent visite aux personnes âgées en dehors du temps scolaire. Ce matin, un élève est allé frapper à la porte de la MARPA avec des cerises de son jardin pour les offrir aux résidents ». La directrice de la MARPA. 

Porteur(s) de l'action :
Commune de Souvigny-de-Touraine 

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de répondre à l’isolement d’un nombre important de personnes âgées sur le Canton d’Amboise et à une scolarisation en hausse au sein du Regroupement pédagogique intercommunal, la commune rurale de Souvigny-de-Touraine, en partenariat avec plusieurs acteurs locaux (Mutualité Sociale Agricole Berry-Touraine, Val Touraine Habitat, Etat, Région, Département) a fait le choix d’implanter pour la première fois en France une structure originale : une MARPA-école. Cet établissement, appelé « Les 2 aires », réunit sur un même site une Maison d’Accueil Rurale pour Personnes âgées (MARPA), petite unité de vie destinée à des personnes encore autonomes, une école primaire et des espaces collectifs ou de services ouverts à l’ensemble des habitants du village. Les vingt-quatre résidents, prévues à terme au sein de la MARPA sont amenés à partager des temps de vie avec les enfants scolarisés (repas, activités pédagogiques), afin d’impulser une dynamique intergénérationnelle, inscrite dans un projet social développé conjointement par l’ensemble des partenaires : « Bien grandir, bien vieillir ».  

Origine(s) :
En 2007, une enquête menée par la MSA Berry-Touraine auprès de 375 personnes âgées de plus de 75 ans, sur douze communes des communautés de communes du Val d’Amboise et des deux rives, révèle l’isolement géographique mais aussi social de près de la moitié d’entre elles. Si très peu envisagent l’entrée en maison de retraite, une majorité serait prête à s’installer dans une structure type MARPA ou foyer logement. Début 2008, la commune de Souvigny de Touraine se porte donc candidate auprès du Conseil départemental et de la MSA pour implanter un établissement de ce type.
Dans le même temps, la commune est également confrontée à une augmentation du nombre d’élèves scolarisés. Constituée en Regroupement pédagogique Intercommunal (RPI) avec la commune voisine de Sainte Rêgle, elle accueille les élèves de primaires dans une école devenue beaucoup trop exiguë pour faire face à deux ouvertures de classe consécutives.
Le Conseil municipal propose alors de coupler les deux projets pour mutualiser le coût des charges et favoriser les liens entre générations. Il reçoit le soutien de plusieurs partenaires, institutionnels (Département, Communauté de Communes des Deux Rives et du Val d’Amboise, dont la population des 14 communes pourra être accueillie au sein de la MARPA).


La commune de Souvigny de Touraine acquiert alors un terrain de 18000 mètres carrés à la sortie du bourg. Une association est créée fin 2010. Composée d’élus du canton, de représentants de la MSA, d’associations en lien avec les personnes âgées et les parents d’élève, des professionnels, elle a pour mission de suivre la réalisation du projet, tant matériellement que dans sa philosophie, et d’assurer la gestion de la structure finale. Un gros travail est alors entrepris pour lever les freins administratifs et financiers (36 dossiers de demande de subvention ont été déposés !) inhérents au caractère innovant du projet et à l’existence de deux maitres d’ouvrage : la commune de Souvigny-de-Touraine pour l’école et Val Touraine Habitat pour la MARPA. Une convention de groupement de commandes est passé entre les deux partenaires pour sélectionner le plus de prestataires communs et mutualiser les moyens entre les deux structures. Fin 2012, le choix architectural est arrêté parmi 52 projets, le financement bouclé en 2013 et après un an et demi de travaux, la MARPA école est inaugurée à la rentrée 2015. 

Description détaillée :
Destiné à favoriser les échanges intergénérationnels, retisser du lien social et rompre l’isolement des personnes âgées, le site accueille 75 écoliers du CE1 au CM2 et est en cours de montée en charge pour les personnes âgées (24 places). Une attention particulière est portée aux choix des résidents admis dans la structure. S’ils ne sont pas obligées de prendre part aux activités, ils doivent cependant adhérer au projet intergénérationnel de l’établissement et être en mesure d’accepter la proximité des enfants. Ainsi les personnes éligibles sont repérées par toute une série de professionnels ayant connaissance de la structure et du type de public recherché : assistantes sociales au sein des hôpitaux, des Ehpad, etc. Une information a également été largement diffusée auprès des différents acteurs (pharmacies, commerces, centres sociaux…) en contact avec les personnes âgées, afin d’atteindre les plus isolées d’entre-elles. Chaque candidat et sa famille s’entretiennent ensuite avec la directrice de la MARPA et doit fournir un certificat médical confirmant sa capacité à vivre en présence d’enfants. En septembre 2016 la MARPA compte neuf résidents permanents, dont trois hommes. Cette montée en charge progressive est similaire aux autres établissements de ce type et donne, dans le cas présent, le temps aux professionnels d’adapter les activités et les relations qu’implique le caractère innovant du projet. Selon le maire, deux années devraient être nécessaires pour que l’ensemble des logements soient occupés. Le projet intergénérationnel a pu susciter de la réserve chez certaines familles de personnes âgées. Mais après les avoir sensibilisé et leur avoir expliqué que les activités communes se font sur la base du volontariat, la majorité finit par adhérer à l’idée.



Préserver la tranquillité de chacun tout en favorisant les liens
Le bâtiment a été conçu pour respecter l’intimité et la tranquillité des personnes âgées, tout en favorisant les échanges et l’ouverture sur l’extérieur. La construction est divisée en deux ailes distinctes : l’une comportant l’école, l’autre la MARPA, avec chacune leurs entrées et leurs locaux administratifs dédiés. Les espaces communs sont disposés à la jonction des deux ailes, formant un U. Ils se composent du réfectoire/restaurant, d’une bibliothèque et d’une salle polyvalente d’activités, destinée à recevoir également des usagers extérieurs. La cuisine a également été mutualisée Du côté MARPA des espaces de vie sont à destination des résidents seuls, mais certains appartements donnent sur une galerie végétalisée ouverte sur l’espace extérieur central créé à l’intérieur des bras du U et qui permet aux résidents de suivre la vie publique qui s’y déroule. Les 22 appartements avec terrasses, dont deux conçues pour recevoir des couples, sont agencés comme de véritables habitations : les personnes peuvent y apporter leur mobilier et y vivre en autonomie mais si elles le désirent, elles bénéficient également de services facultatifs, comme les repas, les animations (notamment avec les enfants) et d’une permanence. L’école, elle, compte trois classes ainsi que les bureaux des enseignants et du directeur. Afin de préserver la tranquillité des résidents de la MARPA, la cour de récréation destinée aux enfants est installée sur l’arrière du bâtiment mais un préau couvert s’ouvre également sur l’espace central.

Un apprentissage de l’ouverture à l’autre et de la différence
Les relations entre enfants et personnes âgées sont au cœur du projet de la MARPA école. Des activités communes ont donc été développées. Sur la base du volontariat, les résidents peuvent s’inscrire à des activités en classe : dictée et calcul mental. Les professeurs repèrent le niveau de la personne âgée et la font participer aux exercices proposés aux enfants. Les personnes âgées peuvent ainsi corriger les fautes des enfants et parfois même leur donner des réponses... Si les enfants ont pu être méfiants à l’arrivée d’adultes dans la salle de classe, ils les considèrent à présent un peu comme des « grands-parents de substitution ». Les résidents participent aussi à l’enseignement des plus jeunes en animant un potager partagé et en étant associés aux sorties scolaires. L’activité la plus fédératrice reste le rendez-vous mensuel ou résidents et enfants fêtent l’ensemble des anniversaires du mois. Chacun apporte un gâteau (réalisé par les parents, les enfants ou les résidents) pour un goûter convivial. Par ailleurs, la proximité de ces deux publics aux comportements et appréciations radicalement différents oblige à penser les relations entre chaque groupe.
Ainsi, les enfants peuvent être confrontés à des situations qu’un écolier traditionnellement ne rencontre pas. L’équipe pédagogique est alors amenée à aborder des thèmes comme la maladie et la mort, lors de l’hospitalisation d’une des personnes âgées. Même si il est rare que cela survienne dans une résidence non médicalisée, en amont les enseignant ont mené une réflexion sur l’éventualité qu’un résident décède pendant son séjour à la MARPA. Pour chaque classe, ils ont choisi huit livres qui abordent le thème de la mort.
De même, il est parfois nécessaire de rappeler aux plus jeunes comment se comporter avec les plus âgés et concilier deux rythmes de vie différents. Alors que les premiers repas se prenaient en grands groupes dans le réfectoire, le bruit engendré par les enfants ne permettait pas une ambiance agréable : les personnes âgées sont souvent appareillées pour mieux entendre et ces dispositifs ne fonctionnent pas lorsque le niveau sonore est trop élevé. Les résidents mangent désormais au sein de la salle d’activité attenante au réfectoire, avec un groupe restreint d’enfants volontaires. De la même façon, les visites des enfants aux résidents ont du être régulées, en raison de la fatigue qu’elles pouvaient générer.



L’amorce d’une dynamique de territoire
Au-delà des relations entre écoliers et personnes âgées, la MARPA-école est devenue un espace polarisant pour l’ensemble du village : un parcours de santé entoure l’ensemble du bâtiment et attire les enfants et habitants qui viennent s’y promener après l’école ou le week-end. La cour centrale est un espace sécurisant pour les parents qui laissent leurs enfants y faire du vélo en dehors de l’école. De plus, afin de pallier la fermeture du commerce de proximité, la mairie a fait installer dans la cour centrale, un distributeur automatique de pain qui génère un nouvel espace de rencontre et d’échange entre habitants, parents d’élève et professionnels. Enfin, « Les 2 Aires » possèdent un cabinet médical directement accessible aux résidents depuis la MARPA, mais également ouvert sur l’extérieur pour les consultations des habitants. Autant d’atouts qui contribuent au développement d’un dynamisme territorial. La MARPA école pourrait d’ailleurs prochainement essaimer : une autre commune du département réfléchit à une MARPA-crèche et «Les 2 Aires » suscitent l’intérêt des universitaires, en particulier de deux chercheurs de l’Université François-Rabelais de Tours qui apportent leur soutien pour modéliser le concept de MARPA-école afin de favoriser sa duplication.

Impact(s) :

  • Permettre le développement d’une véritable relation intergénérationnelle entre les écoliers et les personnes âgées : le partage d’activités stimule les résidents et encourage la socialisation des plus jeunes.
  • Rompre l’isolement des personnes âgées sans pour autant les éloigner de leurs lieux de vie initiaux.
  • Dynamiser une zone rurale en utilisant l’installation comme un nouveau pôle de vie publique au sein du village.
  • Mutualiser les coûts et charges en couplant deux projets.
 

Partenaire(s) :

  • Union européenne, Etat français, Région Centre-Val de Loire, le Département d’Indre-et-Loire, la Communauté de communes du Val d’Amboise, le Pays Loire Touraine, Souvigny de Touraine ;
  • La MSA, le Régime Social de Indépendants, l’Assurance Retraite, l’Office Public de l’Habitat Val Touraine Habitat, le Groupe Arica, Atelier RVL architecte ;
  • L’université Français-Rabelais de Tours.
 

Moyens :

Financiers

Le coût d’investissement total du projet est de 4.5 M€.
- L’école (1.2 M€) est financée par la commune soutenue par des subventions à hauteur de 750 000€.
- La MARPA (3.6 M€) est financée par Val Touraine Habitat, la Carsat Centre et la MSA et 521 600€ de subventions.
Les subventions et autres apports financiers sont issus de l’Etat-préfecture d’Indre-et-Loire, le Conseil régional du Centre, le Conseil départemental d’Indre-et-Loire, le Pays Loire Touraine, la communauté de communes Val d’Amboise, la MSA Berry Touraine et d’autres caisses de retraite.

Humains
Le dispositif ne suppose pas d’effectifs supplémentaires que ceux alloués à un établissement scolaire ou une MARPA de taille identique.




Crédit photo : Cyril Chignot pour la Croix
 

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
Contact action : Anne-Sophie HOUSSEAU
Directrice de la Marpa
Marpa-école « Les 2 aires »
34 rue Pierre de Ronsard
37530 Souvigny de Touraine
Tel: 02 47 57 63 30
Mail: direction-marpa-2aires@orange.fr

Lien internet: www.marpa.fr/annuaires/fiche-marpa/?tx_marpa%5BmarpaUid%5D=237&cHash=1486adbd235311918e86c87fb4d32834
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