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Remis à Paris le 29 juin dernier, la 10ème édition du Prix OCIRP Handicap a récompensé dix acteurs économiques particulièrement engagés pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Partenaire du prix depuis sa création, l’Odas, représenté par son Directeur général Didier Lesueur, a notamment remis le prix de la catégorie « Réalisations et partenariats territoriaux » à l’association Envie Anjou, qui collecte et recycle du matériel médical. L’Association Droit Pluriel, présidée par Anne Sarah Kertudo (voir son portrait) a été primée dans la catégorie « Citoyenneté ». Le prix a également mis en valeur plusieurs actions impliquant l’utilisation des nouvelles technologies, qu’il s’agisse d’applications (handivalise, AVA), d’outils numérique (Dyscool) ou de FabLab (Fablife).
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« Bien vivre ensemble dans son quartier » à Creil : des habitants s’engagent pour transformer leur quartier



Mis à jour le: 05-12-2017

Contact action : >> COINDEAU Thomas : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Relations de voisinage
  • Liens intergénérationnels
  • Participation des habitants
  • Bénévolat

Région : Picardie

Sur le vif :

« Pendant le conseil de quartier, on entendait toujours les gens se plaindre des incivilités. Au bout d’un moment, plutôt que de se plaindre, on a proposé de faire un groupe pour travailler avec la mairie sur la résolution les problèmes. Le but est de devenir des citoyens participatifs plutôt que des riverains râleurs. » Habitante membre du groupe « Bien vivre ensemble dans son quartier ». 

Porteur(s) de l'action :

Groupe d’habitants « Bien vivre ensemble dans son quartier », soutenu par la Ville de Creil.

Objectif(s) et bref descriptif :

Afin de répondre aux problèmes du quotidien, mais également de créer du lien sur un quartier traditionnellement considéré comme peu investi par ses habitants, un groupe de citoyens issus du conseil du quartier Jaurès-Gare de Creil, baptisé « Bien vivre ensemble dans son quartier », propose et met en œuvre des actions concrètes depuis 2015. Il intervient à la fois sur des enjeux liés au cadre de vie (problèmes de voisinage, propreté du quartier, incivilités), mais développe également des initiatives visant à renforcer le sentiment d’appartenance au quartier chez les habitants. Une démarche soutenue par la Ville de Creil, qui accompagne le groupe de travail par le biais de formations, d’outils et de ressources permettant à celui-ci de monter en compétence et de réaliser ses projets.


Cette action a été repérée et expertisée dans le cadre de l'action recherche « Villes et vivre ensemble – La gouvernance locale de la cohésion sociale », menée par l'Odas en partenariat avec le CGET.   

Origine(s) :

A la fin de l’année 2014, un groupe de citoyens participant à l’un des conseils de quartier de Creil, commune de 35 000 habitants, décide de se réunir en dehors de cette instance, tout en continuant à y participer par ailleurs. En effet, le format du conseil de quartier, qui est surtout un lieu où sont formulées de nombreuses réclamations et critiques, ne satisfait pas complétement ces habitants. Dans ce quartier de la gare, qui accueille des résidents installés depuis longtemps mais connaît également une forte mobilité résidentielle chez les nouveaux arrivants, ces citoyens souhaitent aller au-delà d’un simple constat des dysfonctionnements urbains et des conflits d’usage inhérents à tout territoire pour proposer des solutions concrètes.

Souhaitant renforcer l’implication habitante au service du quartier, ces habitants, (initialement six personnes) se structurent en groupe de réflexion. Ils s’adressent alors au service citoyenneté de la mairie de Creil, qui porte le conseil de quartier. Celui-ci accepte leur proposition et décide de soutenir leur action.

Les premières rencontres du groupe de réflexion se mettent en place dès le début de l’année 2015, une fois par mois de 19h à 20h30. Avec la volonté de travailler sur les liens autant que les biens, le groupe choisit de se nommer « Groupe de travail : Bien-vivre ensemble dans son quartier ». Pendant plusieurs séances, les participants réalisent un diagnostic du quartier qui leur permet d’identifier des pistes d’action prioritaires. Ils complètent ce diagnostic en organisant des marches citoyennes diurnes et nocturnes durant lesquelles ils partent à la rencontre d’autres habitants du quartier. A l’instar des marches exploratoires1, elles leur permettent d’identifier des dysfonctionnements récurrents : encombrants sur les trottoirs, espaces publics très dégradés, etc. À l’issue de ces premières investigations, trois grands thèmes de travail sont identifiés comme prioritaires : faire évoluer les comportements en promouvant la mémoire du quartier et en sensibilisant les habitants au respect des espaces publics ; réaliser de petits aménagements publics manquants (cendriers, poubelles, etc.) ; renforcer le dialogue entre les agents municipaux et les habitants. Pour structurer son intervention et d’aboutir à des résultats concrets rapidement, le groupe de travail réalise un plan d’action sur plusieurs années à partir de ces trois thèmes. L’objectif est également de fédérer les membres du groupe autour d’objectifs communs, afin de dépasser les préoccupations individuelles.

Description détaillée :


Un groupe de citoyens mobilisés pour transformer leur quartier
En 2015, le groupe de travail rassemble une dizaine de personnes. Si la composition du groupe peut varier en fonction des départs et des arrivées dans le quartier, le groupe peut s’appuyer sur un noyau dur de plusieurs personnes pour assurer la continuité des travaux. Par ailleurs, l’engagement associatif passé ou actuel d’une partie des participants constitue un réel moteur pour le groupe.

Toutes les solutions proposées par le groupe de travail se fondent sur des valeurs qui ont été collectivement définies au préalable : l’écoute, l’acceptation des règles de l’action municipale et enfin le respect mutuel. En outre, chaque initiative est conçue collectivement et doit faire l’objet d’une adhésion unanime. Si l’une des propositions n’est pas acceptée par tous, elle est retravaillé collectivement jusqu’à arriver à un consensus.

Le groupe de travail propose des actions concrètes : participation à la fête des voisins, travaux de nettoyage citoyens, formations au tri des déchets, rencontre avec des commerçants et des habitants pour identifier les éventuels points de tensions, participation aux temps d’activités périscolaires sur un projet de promotion de la mémoire du quartier, mise en place d’ambassadeurs de la propreté, etc. Au-delà des actions spécifiques qu’ils mènent, ces habitants ont également un rôle de médiation pour régler des problèmes de la vie quotidienne, comme le stationnement sauvage ou les nuisances sonores. Afin d’éviter une mise en danger ou des dérives, le groupe a bénéficié à cet effet d’une formation réalisée par les agents municipaux sur le vocabulaire et la posture à adopter. Sans avoir mené une réelle étude d’impacts, le service citoyenneté de la ville de Creil estime que ces échanges entre pairs ont permis de réduire les tensions dans le quartier.

Un collectif proactif qui s’appuie sur les ressources de son territoire
Pour mener à bien leurs actions, les membres du groupe cherchent à s’appuyer sur les ressources locales, dont diverses associations, les services municipaux ou encore les établissements scolaires.

En 2015-2016, l’une des principales actions mises en place par le groupe de travail s’est déclinée autour de la mémoire du quartier. En effet, pour favoriser l’attachement et l’ancrage des habitants dans leur quartier, le groupe imagine de co-construire avec la Ville des actions à destination des parents et des enfants dans le cadre des temps d’activités périscolaires (TAP) portés par la Ville. Ainsi, les citoyens du groupe de travail sont venus à plusieurs reprises lors des TAP pour contribuer à l’animation, raconter des anecdotes sur l’histoire du quartier, ou encore accompagner les enfants aux archives municipales. A partir de ces échanges et de ces recherches sur l’histoire du quartier, les élèves ont notamment produit une vidéo présentant l’histoire de leur quartier, ensuite présentée à tous les parents d’élèves.



En 2016-2017, le groupe de travail « Bien vivre ensemble dans son quartier » a proposé à des étudiants en BTS au lycée Jules Uhry de réaliser un kit pédagogique et un guide d’éducation au développement durable, à destination des animateurs et des enseignants. D’abord testée dans une école, cette action très appréciée devrait être prochainement généralisée à tous les établissements scolaires de la Ville avec le soutien des services municipaux.

En 2017-2018, le groupe de travail porte trois actions prioritaires : la réalisation de fresques murales destinées à embellir le quartier (voir infra), la mise en place de plusieurs animations ponctuelles sur des lieux de passage du quartier en partenariat avec une troupe d’improvisation et le développement « d’ambassadeurs de la propreté ». Pour cette dernière action, après avoir été formés, les habitants du groupe de travail et les agents de l’agglomération iront faire du porte à porte auprès des habitants du quartier afin de les sensibiliser à l’importance du tri sélectif et de la réduction des déchets. Par ailleurs, jusqu’alors directement financées par le service citoyenneté de la Maison de la Ville, les actions du groupe de travail pourront s’appuyer à partir de 2018 sur la mise en place d’un budget participatif municipal, décliné sur chaque quartier.

Une volonté municipale de transférer des outils aux citoyens pour leur donner de réelles capacités d’agir
Souhaitant permettre à ces citoyens impliqués de s’autonomiser progressivement et de mieux comprendre les rouages de l’administration municipale, les agents du service citoyenneté de la Ville de Creil proposent, dès la création du groupe et parfois en co-animation avec celui-ci, un accompagnement aux bénévoles : méthodologie de projet, valorisation des actions, capacité à les inscrire dans les orientations du projet municipal… Des outils sont aussi soumis au groupe, afin de prioriser leurs idées en fonction de critères d’efficacité, d’originalité et de faisabilité. Assez chronophage, ce transfert de compétences nécessite un réel engagement de la part des agents de la Ville en 2015.

En 2017, bien que le groupe soit plus autonome, les agents du service citoyenneté continuent à accompagner le groupe sur le plan logistique, par exemple en mettant à disposition des locaux pour les réunions. De même, ils relayent les demandes du groupe auprès des autres services de la mairie (en particulier le service communication et la police municipale) et des partenaires (associations, organisations institutionnelles comme la communauté d’agglomération, messagers de l’environnement…). Enfin, chaque action proposée est soumise à la validation de la Ville. D’ailleurs, un suivi des projets et des actions mises en œuvre par le groupe de travail est régulièrement fait au sein du conseil de quartier dont il émane, en présence de l’élu de référence.

Malgré cet accompagnement, le décalage entre le rythme des habitants et celui des administrations peut encore générer des frustrations au sein du groupe de travail, qui regrette parfois une grande lourdeur administrative. Les agents de la Ville sont à l’écoute de ces critiques et tentent d’y répondre, en apportant des explications, en favorisant l’organisation de rencontres avec les élus, mais aussi en questionnant leur propre posture professionnelle. En cas de blocages, les agents et les habitants cherchent à trouver ensemble une solution. Par exemple, le groupe de travail a souhaité qu’une fresque murale soit réalisée pour embellir le quartier. Néanmoins, le mur initialement choisi par le groupe n’a pas été jugé approprié par la Ville (l’immeuble ayant vocation à être prochainement vendu), qui n’a pu accepter la réalisation du projet en l’état. Pour autant, suite à une réflexion entre services et habitants, la proposition de départ a été ajustée et concerne désormais quatre murs, qui accueilleront en 2018 les œuvres d’un grapheur professionnel choisi par les habitants. L’objectif de la Ville et du groupe de travail « Bien vivre ensemble dans son quartier » est également de pouvoir associer de nombreux habitants à la réalisation de ces fresques, qui devront intégrer des éléments identitaires du quartier.
Ainsi, bien que la co-construction entre le groupe de travail et les services reste perfectible, de nombreux projets ont pu se concrétiser et contribuent à conforter agents et habitants dans l’idée que ce format d’action est utile au territoire.

Renforçant les liens entre services et habitants, l’expérience du groupe de travail « Bien vivre ensemble dans son quartier » à Creil n’est d’ailleurs pas sans rappeler, sous une forme plus informelle, la démarche des « contrats de quartier » de Vernier en Suisse2.

Impact(s) :

• Un changement de relation entre les habitants et les services municipaux : le groupe de travail est outillé et capable d’être de plus en plus autonome. La force de proposition et d’action qu’il constitue fait évoluer le regard porté par les services sur la participation des habitants, et réciproquement.
• Une dizaine de fiches projets destinées à améliorer la vie quotidienne des habitants du quartier ont été élaborées et sont en cours en mises en œuvre
• Une amélioration du bien vivre ensemble sur le quartier : les habitants du quartier sont davantage impliqués dans la promotion du bien vivre ensemble, notamment les enfants qui sont sensibilisés à la mémoire du quartier et aux enjeux du développement durable.
• Une diminution perceptible des incivilités sur le quartier.
 

Partenaire(s) :

Le premier partenaire du groupe de travail est le service citoyenneté de la Ville de Creil. Il est une ressource en termes d’outils et d’organisation. Les autres services, et en particulier le service communication, sont également régulièrement sollicités. En outre, d’autres partenaires sont ponctuellement associés à la démarche (intercommunalité…).

Moyens :

Humains :
• Le groupe de travail rassemble une dizaine de personnes bénévoles.
• Un chargé de mission du service citoyenneté a été très mobilisé lors des premières réunions et l’est toujours dans une moindre mesure pour soutenir les travaux du groupe.
• Selon les actions portées par le groupe, d’autres professionnels peuvent être ponctuellement mobilisés (agents de la voirie, animatrice TAP, etc.).

Financiers : Toutes les actions mises en place par le groupe de travail sont pensées pour être peu onéreuses. Par conséquent, entre 2015 et 2017, le coût de toutes les actions menées n’excède pas 1 500 €, pris en charge par la Maison de la Ville. En 2018, la réalisation des fresques murales devrait s’élever à 1 500 €.

Matériels : Les rencontres du groupe de travail nécessitent une salle mise à disposition par la Ville, entre 1h30 à 2h par mois. Parfois, les participants demandent aussi du matériel informatique. En outre, certaines actions ont ponctuellement nécessité du matériel supplémentaire (flyers, casquettes etc.).
 

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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