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Mineurs non accompagnés : une éducatrice témoigne
"Il faut arrêter de considérer ces jeunes comme un problème. Au contraire, c’est une vraie chance de les rencontrer et nous devons nous donner les moyens de les accueillir". L’intervention de Rozenn Le Berre, aux dernières Assises de la Protection de l’Enfance, début juillet, n’a pas laissé le public de l’atelier consacré aux Mineurs non accompagnés indifférent. Pendant un an et demi, cette éducatrice de 28 ans a auditionné des centaines de jeunes migrants, au sein d’un service d’accueil, pour le compte d’un Département. Une expérience indélébile, dont elle a tiré un livre, publié en Janvier dernier aux éditions La Découverte : «De rêves et de papiers. 547 jours avec les mineurs isolés étrangers».
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Prix Ocirp : un bon cru 2017
Remis à Paris le 29 juin dernier, la 10ème édition du Prix OCIRP Handicap a récompensé dix acteurs économiques particulièrement engagés pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Partenaire du prix depuis sa création, l’Odas, représenté par son Directeur général Didier Lesueur, a notamment remis le prix de la catégorie « Réalisations et partenariats territoriaux » à l’association Envie Anjou, qui collecte et recycle du matériel médical. L’Association Droit Pluriel, présidée par Anne Sarah Kertudo (voir son portrait) a été primée dans la catégorie « Citoyenneté ». Le prix a également mis en valeur plusieurs actions impliquant l’utilisation des nouvelles technologies, qu’il s’agisse d’applications (handivalise, AVA), d’outils numérique (Dyscool) ou de FabLab (Fablife).
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« Vivre ensemble dans la cité » : les habitants des quartiers s’emparent de la laïcité



Mis à jour le: 24-04-2017

Contact action : >> JEAMMET Philippe : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Culture, Sport
  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Relations de voisinage
  • Jeunesse
  • Participation des habitants

Région : Limousin

Sur le vif :
  « Les jeunes filles des Portes Ferrées ont réalisé une vidéo où elles expliquent, bien mieux que n’importe quel expert, ce qu’est la laïcité. Grâce à cela, elles portent un message positif essentiel auprès de leur famille et de leur communauté qui redonne à la laïcité ses vertus fédératrices. », le fondateur et coordonnateur du projet.
« Avec la laïcité, on est tous égaux. », une collégienne du quartier des Portes Ferrées de Limoges.

Porteur(s) de l'action :
Laboratoire limousin de la laïcité, l’association les singuliers associés, la radio associative Beaub’FM, le centre social CITELS. 

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de promouvoir la laïcité et favoriser le vivre-ensemble dans les quartiers prioritaires de Limoges, plusieurs associations de la ville se sont réunies pour porter des actions culturelles associant les habitants. Via l’utilisation de différents medium et supports culturels tels que le film, le théâtre et la radio, le projet « vivre ensemble dans la cité » lancé au début de l’année 2015, visait à permettre aux habitants de ces quartiers de se réapproprier la notion de laïcité.  

Origine(s) :
Le projet est né sous l’impulsion d’un militant engagé de longue date dans des réseaux associatifs nationaux et régionaux de promotion de la laïcité. A la suite des attentats de 2015, celui-ci partage le constat réalisé par de nombreux défenseurs de la laïcité qui alertent sur le risque de récupération de cette notion par l’extrême droite. La laïcité est de plus en plus brandie comme une notion excluante, en particulier à l’encontre des musulmans. Face au risque de clivage et de repli sur soi grandissant, il préconise l’ouverture du dialogue vers les quartiers prioritaires où la notion de laïcité souffre d’une mauvaise image.
Fort de sa connaissance du réseau culturel et associatif local en tant que président de l’agence culturelle du limousin, il se rapproche du Laboratoire limousin de la laïcité et décide de mobiliser différentes associations de la ville autour d’une ambition forte : permettre aux habitants des quartiers de s’emparer de la notion de laïcité en lui redonnant son sens originel, celui de la loi de 1905 qui garantit la liberté de conscience et de culte. Pour ce faire, il ambitionne de monter différents projets culturels, la culture étant à ses yeux un moyen de communication bien plus efficace que des discours qu’il qualifie de dogmatiques. C’est en tous cas ce qu’il a pu constater à l’occasion d’un premier projet humanitaire réalisé en lien avec des associations burkinabées dont l’objectif était de transmettre via le théâtre des messages de prévention contre la maladie du Sida dans plusieurs villages du Burkina Faso.
Toutefois, cette ambition se heurte dès le départ à des réticences fortes des habitants des quartiers car la laïcité y est perçue comme une attaque contre la religion, en particulier musulmane. Pour dépasser ce contexte de tension, les porteurs de projet décident de ne pas évoquer la laïcité de façon directe mais d’aller à la rencontre des personnes pour qu’elles puissent raconter leur quotidien et échanger autour du vivre-ensemble. Petit à petit, les jalons sont posés et les associations parviennent à mobiliser les habitants autour de différentes actions. Cependant, la dynamique ne prend pas partout : des cinq quartiers initialement identifiés, seuls trois ont pu se prendre au jeu, d’autant qu’un changement de majorité municipale a contribué à déstabiliser le tissu associatif de certains quartiers.  

Description détaillée :
Le projet vivre ensemble dans la cité consiste en une diversité d’actions culturelles portées par des associations locales sur trois quartiers situés en politique de la ville : Beaubreuil, le Val de l’Aurence et les Portes Ferrées. Le Laboratoire limousin de la laïcité, association régionale fondée en 2012, en assure la coordination. Sur chacun des trois quartiers, les habitants ont exploré un support culturel différent avec le soutien d’une association.

Une diversité d’actions qui donnent la parole aux habitants
Dans le quartier de Beaubreuil, le projet s’est appuyé sur la radio associative de quartier Beaub’FM pour réaliser des interviews d’habitants. La radio était déjà impliquée sur le thème du vivre-ensemble et bien implantée au sein du quartier, facilitant la mobilisation des habitants. Au cours des interviews, une cinquantaine d’habitants de différentes origines culturelles, en particulier des femmes, ont pu échanger autour de thématiques quotidiennes, du vivre-ensemble, puis, une fois la confiance installée, autour de la laïcité.

Au sud de la ville, le centre social CITELS du quartier des Portes Ferrées s’est également emparé de cette thématique qui, au lendemain des attentats de 2015, suscite des interrogations et des débats au sein du quartier. Le projet vise ici à permettre aux habitants de mettre des mots sur un concept souvent mal connu via la production d’un court métrage documentaire réalisés avec cinq collégiennes du quartier. Dans ce film, elles expliquent avec leurs propres mots le concept de laïcité. Cette production est le résultat d’un long travail de pédagogie et d’échange avec les jeunes filles, ces dernières étant elles-mêmes, au démarrage des ateliers, plutôt réticentes à travailler sur ce concept. De plus les micros-trottoirs auprès des habitants, censés apporter de la matière au film, ont donné lieu à des refus très nets, voire des menaces. En lien avec les animateurs du centre, les jeunes collégiennes ont alors travaillé pendant neuf mois à décoder ces refus et à développer un argument positif autour de la laïcité afin de faire changer les regards.



Les « Singuliers Associés », collectif de metteurs en scène engagés pour l’accès à la culture et dont l’action s’inscrit dans le cadre du Projet de rénovation urbaine du quartier du Val de l’Aurence, ont, eux, monté une pièce de théâtre sur le thème de l’exil. Pour rédiger les dialogues, ils sont allés pendant plusieurs mois recueillir la parole d’une trentaine d’habitants du quartier. Puis des ateliers de théâtre hebdomadaires ont été organisés, sans toutefois réussir à mobiliser autant qu’espérer.

Une dynamique fédératrice autour de la laïcité
Le projet a abouti à une grande manifestation le 10 décembre 2016, lendemain de la date anniversaire de la loi de 1905 sous la forme d’une conférence débat organisée dans le centre de Limoges à l’espace Cité. Ce temps-fort, qui a rassemblé au total 180 personnes, a été l’occasion d’une présentation des productions des différents quartiers et également d’interventions et de débats autour de la laïcité et du vivre-ensemble. Les habitants des quartiers se sont largement mobilisés aux côtés d’institutions partenaires, d’universitaires, de promoteurs de la laïcité et ont ainsi trouvé un espace d’expression sur les questions de laïcité et de vivre-ensemble aux côtés de publics initiés.

Si le projet s’est formellement achevé avec la manifestation du 10 décembre, les actions continuent de vivre sur les territoires. Les ateliers de réalisation vidéo se poursuivent dans le quartier des Portes Ferrées avec plus de jeunes et les différentes réalisations continuent d’être diffusées à Limoges et en France auprès d’établissements scolaires. Enfin, la dynamique instaurée par le projet a également donné lieu à des initiatives spontanées d’habitants, à l’image du projet photographique d’un jeune du quartier de Beaubreuil dont les photos sur le thème de la laïcité, du vivre-ensemble et de l’intergénérationnel ont fait l’objet d’expositions dans plusieurs villes de France

Impact(s) :

  • 50 personnes interviewées dans le cadre des émissions de Beaub’FM
  • 30 témoignages recueillis dans le cadre de la pièce de théâtre Yunussa
  • Une dynamique citoyenne locale renforcée : des ateliers vidéo qui se poursuivent avec d’avantage de jeunes et un soutien à des initiatives des habitants tel que le projet photo d’un jeune du quartier de Beaubreuil
  • La création d’espaces de dialogue autour du vivre-ensemble et de laïcité et une valorisation de la parole des habitants
  • Une contribution à un changement de regard sur la notion de laïcité dans les quartiers  

Partenaire(s) :
Fondation SNCF
Fondation du Grand Orient de France
Caf de Haute Vienne
Kiwanis International
 

Moyens :
Humains :
- Les singuliers associés : 2 metteurs en scène et 8 acteurs professionnels rémunérés
- Beaub’FM : 2 salariés et 4 bénévoles
- CITELS : 3 animateurs salariés et un metteur en scène rémunéré par le projet « vivre ensemble ».

Financiers :
Le projet dont le budget s’élève à 56 000 euros a bénéficié du soutien de la Fondation SNCF (15 000 euros), la Fondation du Grand Orient de France (5 000 euros), de la Caf de Haute Vienne, ainsi que d’autres associations telles que Kiwanis International.
Chaque association a par ailleurs impliqué le projet « vivre ensemble dans la cité » à ses demandes de subventions auprès de l’Etat et des collectivités locales.

Matériels :

Les flyers et affiches du projet ont été imprimés gratuitement par une entreprise locale.  

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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