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Claire Bolduc, la québécoise qui défige le monde rural
Sa force de conviction et son enthousiasme feraient reculer l’hiver de la belle la Province ! Derrière sa frange blonde et ses lunettes sages, Claire Bolduc est une boule d’énergie, au service des causes qu’elle défend : le dynamisme des territoires ruraux et une autre façon de faire société , plus durable et respectueuse des ressources environnementales. Depuis plus de 30 ans, alors jeune épouse, puis mère de quatre enfants et aujourd’hui grand-mère comblée, cette quinqua québécoise n’a cessé de s’engager.

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Coup de pouce aux parents solo
Pas facile, lorsque l’on est une maman solo, de trouver à se loger, entre la charge du loyer sur un salaire unique et le peu de temps à consacrer à la recherche d’un logement. C’est pourquoi la Fondation Monoprix, dont la vocation est de soutenir des initiatives favorisant l’accès aux biens de première nécessité ou luttant contre la solitude en ville, vient d’attribuer son prix à Fraveillance. Cette initiative citoyenne s’efforce d’aider les familles monoparentales à accéder au logement en renforçant leur dossier de candidat locataire, en finançant le dépôt de garantie et en favorisant la création de groupe de colocataires. Alors que Fraveillance lance sa première campagne de crowfunding, Monoprix s’est engagé à doubler les dons qui seront faits. https://fr.ulule.com/ fraveillance/ 
 
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Quartiers solidaires : des séniors au cœur d’une dynamique communautaire



Mis à jour le: 26-09-2016

Contact action : >> PLATTET Alain : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Education
  • Culture, Sport
  • Loisirs, Vacances
  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Relations de voisinage
  • Liens intergénérationnels
  • Intégration
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Vie des séniors
  • Gouvernance, partenariats institutionnels
  • Nouvelles pratiques professionnelles
  • Participation des habitants
  • Bénévolat
  • Diagnostic partagé

Région : -Etranger

Sur le vif :
« Aujourd’hui, j’ai une meilleure vision de ma commune et je sais que ma retraite sera active et surtout utile ». Simon, 70 ans.

« Pour les divers professionnels impliqués, il ne s’agit pas d’engager des projets pour une population, en imaginant ce qui serait souhaitable pour elle, mais d’écouter ce qu’elle a à dire et de soutenir si nécessaires ses initiatives ». Un assistant social du centre médico-social d’Ecublens.
 

Porteur(s) de l'action :
l’association privée d’utilité publique Pro Senectute Vaud 

Objectif(s) et bref descriptif :
En Suisse, dans le canton de Vaud, afin d’améliorer l’intégration des aînés dans leur quartier, leur ville ou leur village et la qualité de vie de tous les habitants, l’association d’utilité publique Pro Senectute Vaud encourage les plus âgés à devenir à la fois auteurs et acteurs de la vie et de l’animation de la cité. A Ecublens, comme dans 24 autres quartiers ou communes du Canton de Vaud, les personnes âgées, accompagnées par les professionnels de l’Unité « Travail social communautaire » de Pro Senectute Vaud, ont identifié des besoins et construit les solutions pour y répondre. Ils ont développé, avec le soutien des acteurs locaux, des activités qu’ils gèrent, auxquelles ils participent et associent l’ensemble des habitants. Baptisée « Quartiers Solidaires », la démarche renforce durablement le lien social, valorise les personnes âgées et créée une véritable dynamique sur le territoire où elle est mise en place, bien au-delà du public initialement ciblé.  

Origine(s) :
Pro Senectute Suisse est une association créée en 1917 présente dans chaque canton suisse. Association d’utilité publique, elle a pour mission le maintien et l’amélioration de la qualité de vie des personnes avançant en âge, en complémentarité ou partenariat avec les institutions fédérales, cantonales ou locales et les autres acteurs du secteur. Elle intervient auprès des personnes âgées en matière d’action sociale, de logements, de services d’aide à domicile, d’activités sportives ou de loisirs, ou encore de prévention santé.

En 2002, dans le cadre d’un appel à projet, sur la qualité de vie des séniors, lancé par une importante fondation Suisse (la Fondation Leenaards) Pro Senectute Vaud est primée pour son projet « Immeuble solidaire » conduit sur un quartier difficile de Lausanne : le quartier de Bellevaux. Ce projet encourage l’implication des habitants (signature d’une charte de voisinages) et le renforcement des liens sociaux au sein d’un même immeuble. Sur la base de cette première expérience, Pro Senectute Vaud et la Fondation Leenaards s’associent et décident, avec le soutien de la loterie romande, de lancer un projet pilote mais étendu à l’ensemble du quartier de Bellevaux. Sensible à la dynamique impulsée sur le quartier et à l’occasion d’une mobilisation des habitants contre la suppression d’une ligne de bus, les professionnels de terrain mobilisés et les chercheurs de Pro Senectute Vaud, développent la méthodologie « Quartiers Solidaires », dans une logique à la fois de recherche/action et de développement communautaire. Entre 2003 et 2008, cinq autres communes ou quartiers intègrent progressivement le dispositif.

En 2009, Pro Senectute Vaud reçoit le soutien du Canton du Vaud, qui encourage les communes à s’engager dans la démarche « Quartiers solidaires ». Elle crée alors l’unité de Travail social communautaire au sein de l’association, pour répondre aux demandes. Cette unité compte aujourd’hui 22 salariés dont 13 animateurs qui accompagnent les 25 projets recensés en 2016, dont celui d’Ecublens, où la démarche a été initiée par la commune à partir de 2010. Si les territoires concernés sont très différents (de 1500 à 12000 habitants), c’est l’identité commune, partagée ou à construire, qui est capitale dans la réussite du projet, ce sentiment d’appartenance incitant les habitants à agir.

Depuis 2012, la méthodologie a été adaptée aux besoins de communes plus petites sous le nom de «Villages Solidaires» et la démarche essaime dans d’autres cantons avec le lancement en 2014 d’un quartier solidaire sur la commune zurichoise d’Adliswil.
 

Description détaillée :
« Quartiers Solidaires » est une démarche destinée à faciliter l’intégration des personnes âgées au sein de leur quartier afin d’améliorer la qualité de vie de tous les habitants. Sa méthodologie repose sur six étapes clés, mais également sur une capacité à s’adapter aux caractéristiques de chaque quartier inscrit dans la démarche. Elle demande du temps, de 3 à 5 ans et l’implication forte des acteurs locaux, le soutien d’un animateur de proximité, à l’exemple d’Ecublens, commune de la périphérie de Lausanne.

En 2010, la commune d’Ecublens sollicite Pro Senectute Vaud pour mener un diagnostic communautaire sur un de ses quartiers, récent et le plus peuplé, la Plaine du Croset (3800 habitants sur 11000). La commune y implante autour d’une même place un centre socio-culturel qui abrite de nombreuses activités en faveur de la petite enfance et des jeunes (crèche, réfectoire scolaire, centre de jeunes…), ainsi qu’un second bâtiment, orienté vers l’accueil des personnes âgées. L’objectif de la commune est que cet ensemble devienne progressivement le nouveau centre-ville d’Ecublens, à la place de l’ancien centre historique du village, ce qui implique une évolution des habitudes des habitants et la création d’une véritable identité de quartier.

Dans un premier temps, Pro Senectute Vaud engage une analyse préliminaire afin d’évaluer la faisabilité d’une démarche « Quartiers solidaires » dans la Plaine du Croset. Un expert de Pro Senectute Vaud étudie pendant 2 mois les caractéristiques du quartier, rencontre les acteurs des principaux réseaux implantés localement, professionnels ou non, (paroissiaux, médico-sociaux, institutionnels, associatifs…) afin d’apprécier leur éventuel engagement sur un projet communautaire et évalue les ressources financières et humaines nécessaires au projet. A l’issue de cette première étape, la ville d’Ecublens décide de lancer un diagnostic communautaire et met en place un Comité Stratégique (auquel participe Pro Senectute) dont le portage politique est essentiel à la réussite de la démarche.

La deuxième étape, le diagnostic communautaire, s’engage alors pour un an, entre mars 2011 et février 2012, dans le cadre d’une convention de collaboration entre la commune et Pro Senectute Vaud. Pendant une année, les professionnels de Pro Senectute Vaud réalisent un état des lieux détaillé de la communauté et de sa qualité de vie. Il permet de dresser un portrait précis du quartier (caractéristiques urbaines, socio-économiques, ressources, besoins…). Un Groupe Ressources se met en place. Il réunit une quinzaine d’acteurs influents localement, déjà rencontrés lors de la phase d’analyse préliminaire et désireux d’être partenaires de la démarche. Il a pour rôle de suivre l’évolution du projet lors de réunions mensuelles, de participer à sa co-construction et d’en faciliter la mise en œuvre (financièrement ou par la mise à disposition de locaux, de matériels…). Dans le même temps, les animateurs de proximité de Pro Senectute Vaud s’immergent dans le quartier pour faire connaitre la démarche et établir le contact avec les professionnels et les habitants de plus de 55 ans. Les plus intéressés et mobilisés parmi ces derniers (une trentaine) se constituent alors en Groupe Habitants : fortement investi dans la co-construction du projet et soutenu par les animateurs, il se réunit toute les deux semaines, permet de faire émerger des thématiques prioritaires et de construire le questionnaire d’entretien, participe, pour neuf de ses membres, aux entretiens individuels ou de groupes menés auprès de 121 personnes âgées et des acteurs de terrain en contact avec elles. En novembre 2011 un premier forum ouvert à tous les résidents du quartier leur permet de prendre connaissance des résultats du diagnostic et de participer à des ateliers pour enrichir les principales thématiques qui en sont issues, notamment concernant le développement d’activités, de lieux de rencontres, les liens intergénérationnels, la santé. Au terme du diagnostic communautaire, un rapport qui rend compte de tous les résultats de ces 12 mois d’enquête, est remis à la commune. En outre, cette première année a permis non seulement de faire émerger les besoins, les préoccupations et les ressources spécifiques relatifs aux aînés, mais elle a favorisé aussi la rencontre et l’implication des habitants âgés du quartier, la consolidation des liens entre et au sein des différents groupes, et créé une synergie.

A l’issue de cette deuxième phase, la ville d’Ecublens décide de poursuivre la démarche « Quartiers Solidaires » pour 4 ans et de l’étendre à l’ensemble des habitants de plus de 55 ans de la commune. Une nouvelle convention est signée avec Pro Senectute Vaud qui met à disposition une animatrice de proximité pour accompagner la dynamique amorcée. Le projet entre alors dans la troisième étape, la construction. Il s’agit dès lors de faire émerger des idées d’actions que les habitants vont concrétiser en mobilisant leur propres ressources avec l’appui des professionnels. Un second forum (ils se succèderont au rythme de deux par an) est organisé en octobre 2012, auquel participent 120 personnes. Il permet de prioriser les propositions relevées dans le diagnostic et de constituer les groupes d’habitants qui vont travailler à leur réalisation : après un accueil café-jeux et des conférences, ce sont une activité marche, des cours informatique intergénérationnels en lien avec une association pour des jeunes en réinsertion qui voient le jour. Puis un atelier mobilité qui aboutit entre autre à l’organisation de sorties en co-voiturage…



Au cours des troisième et quatrième étapes, respectivement l’émergence et la réalisation, les retraités bénévoles animent et participent à une quinzaine d’activités régulières, dont certaines en collaboration avec le centre de jeunes, d’autres avec les établissements médico-sociaux de la commune. Au fur et à mesure que les projets se multiplient, les aînés se découvrent acteurs et créateurs de solidarités, ils prennent conscience de leur rôle sur la qualité de vie de leur commune et leur sentiment d’appartenance et d’utilité sociale se renforcent. Progressivement le Groupe habitants gagne en autonomie et se structure : il devient groupe de coordination et négocie avec la municipalité la création d’un local dédié aux aînés qu’il obtient début 2014. Il structure également son organisation, notamment pour mieux communiquer sur ses activités (création d’un agenda, publications dans les supports communaux), préparer les forums,... En se baptisant « 55+ d’Ecublens », il gagne également en reconnaissance.


La démarche « quartier solidaire » entre alors dans sa dernière phase, celle de l’autonomisation. La décision est prise de constituer « 55+d’Ecublens » en association. Des statuts sont créés. Un budget est constitué après l’obtention d’une subvention de fonctionnement de la commune, la future association ne souhaitant pas faire payer de cotisations à ses membres pour favoriser une accessibilité la plus large possible aux activités. En février 2016, l’association est officiellement constituée. Le travail de l’animatrice de proximité s’achève alors, en ayant au préalable assuré la pérennité du dispositif, notamment en officialisant les liens avec les partenaires de la nouvelle association. Des modérateurs sont même désignés en son sein afin de prévenir tout conflit entre membres. Une continuité est également assurée après le départ de l’animatrice, comme pour tous les autres anciens « quartiers solidaires » autonomisés : un réseau a été constitué dont les membres se réunissent lors d’un forum annuel et bénéficient de deux jours de formation. Enfin, au sein de Pro Senectute Vaud, un plein temps est consacré à leur soutien.

En 2016, l’association « 55+ d’Ecublens » (voir les statuts de l’association) compte 350 membres et 35 membres organisateurs, âgés de 55 à 84 ans. Elle assure 12 activités régulières, réparties sur 56 plages horaires, toutes gérées par des retraités bénévoles.



 

Impact(s) :
A l’issue de la phase d’autonomisation, chaque projet « quartier solidaire » fait l’objet d’une évaluation présentée dans un rapport final. De nombreux indicateurs et critères sont pris en compte, notamment une quinzaine de déterminants sociaux de la santé

Les impacts touchent à la fois les retraités du quartier, l’ensemble des habitants, les institutions et professionnels.

Pour les habitants les plus âgés, la démarche leur permet de rompre l’isolement et la solitude en développant des amitiés lors des nombreux temps de solidarités. Leur sentiment d’appartenance à la communauté et leur sentiment de sécurité se développent. Ils gagnent également en confiance en eux et en estime d’eux même et se sentent utiles en améliorant leur qualité de vie. En participant aux nombreuses activités organisées, ils améliorent également leur bien-être et contribue à prévenir leur perte d’autonomie.

L’image globale du quartier se modifie positivement avec la mise en place d’une dynamique qui touche l’ensemble de la population. Les habitants sont plus impliqués, mieux informés, mieux à même de prendre part à un projet. Parallèlement, le quartier gagne en ouverture et visibilité, avec la multiplication des activités.

Les liens avec les institutions et les professionnels se renforcent. Ces derniers ont une meilleure connaissance des habitants et de leurs besoins. La méfiance réciproque se réduit. La mise en place de collaborations interservices ou inter-structures sont favorisées par la démarche. Le regard des professionnels sur les habitants évolue : ils sont considérés comme des partenaires à part entière.

Partenaire(s) :
Pour l’ensemble de la démarche « Quartiers Solidaires » : Pro Senectute Vaud, Fondation Leenaards, Etat fédéral, canton.

Pour Ecublens : la Commune d’Ecublens, l’Association pour la prévention et le maintien à domicile dans l’Ouest Lausannois (APREMADOL), , l’établissement médico-social ClairSoleil, le Centre de jeunes, le groupe du Thé Contact de la Paroisse protestante, la Paroisse catholique, la Police de l’Ouest Lausannois (POLOUEST), Pro Senectute Vaud et l’association « 55+ d’Ecublens ». Les partenaires ont pu évoluer au cours des différentes phases, ceux cités ci-dessus le sont toujours au terme du projet.
 

Moyens :
Le financement du projet local par phases annuelles :
-Sur la phase diagnostic d’une année : 182’000 francs suisse dont 76’000 frs. de la commune, 106’000frs. du canton.
- Sur les phases 3,4, 5 et 6 : 130’000 francs suisse par an dont 81'000 frs. de la commune et 50’000frs. du canton.

o Ces montants incluent un budget d’animation communautaire - qui met à disposition 50’000frs.- sur la durée de toutes les étapes (5 années) pour le développement des activités locales.
 

Humains :
- Sur la phase diagnostic : un animateur à 70% équivalent temps plein (ETP), un assistant 50% ETP et un stagiaire
- Sur les phases 3, 4, 5 et 6 : un animateur de proximité à 70% ETP et un stagiaire, auquel vient s’ajouter des ressources humaines apportées par les partenaires. Par exemple lors du repas solidaire organisé mensuellement avec les jeunes du Centre de jeunes, un animateur du centre est présent.

Matériels :

Les partenaires mettent à disposition des locaux et du matériel pour les activités. La commune a par exemple mis à disposition une parcelle de terrain pour permettre la création d’un jardin potager communautaire.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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