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Mineurs non accompagnés : une éducatrice témoigne
"Il faut arrêter de considérer ces jeunes comme un problème. Au contraire, c’est une vraie chance de les rencontrer et nous devons nous donner les moyens de les accueillir". L’intervention de Rozenn Le Berre, aux dernières Assises de la Protection de l’Enfance, début juillet, n’a pas laissé le public de l’atelier consacré aux Mineurs non accompagnés indifférent. Pendant un an et demi, cette éducatrice de 28 ans a auditionné des centaines de jeunes migrants, au sein d’un service d’accueil, pour le compte d’un Département. Une expérience indélébile, dont elle a tiré un livre, publié en Janvier dernier aux éditions La Découverte : «De rêves et de papiers. 547 jours avec les mineurs isolés étrangers».
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La Fonda : faire ensemble 2030
A l’occasion de sa soirée de rentrée, La Fonda lance le 28 septembre 2017 son nouveau cycle de prospective participative. Objectif : démontrer et accroître la capacité des acteurs associatifs à répondre aux défis de l’Agenda 2030 (Programme mondial de développement durable à l’horizon 2030). Cette démarche s’appuiera notamment sur un programme de séminaires réguliers et donnera lieu à une « Université de la prospective », les 22 et 23 mars 2018, à Paris. www.fonda.asso.fr/ 
 
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A Bonnelles, la population se mobilise pour faciliter l’intégration des réfugiés.



Mis à jour le: 23-11-2015

Contact action : >> POUPARD Guy : consulter sa fiche

Type d'action :

  • Développement urbain, Vie des quartiers
  • Logement, Habitat
  • Intégration
  • Lutte contre l'exclusion sociale
  • Accès aux droits
  • Gouvernance, partenariats institutionnels
  • Participation des habitants
  • Bénévolat

Région : Île-de-France

Sur le vif :
« Il suffit de provoquer la rencontre pour faire tomber les aprioris. Et ça marche tellement bien que je pense que les habitants vont être très tristes au départ des réfugiés car ils ont lié des amitiés ». Le maire de Bonnelles.

Porteur(s) de l'action :
Mairie de Bonnelles

Objectif(s) et bref descriptif :
Afin de faciliter l’intégration de 78 réfugiés ayant fuit les conflits en Syrie et en Irak, la ville de Bonnelles a décidé de mobiliser l’ensemble de ses habitants. Prévenue par la préfecture la veille de leur arrivée, la commune décide, grâce à de nombreux volontaires, d’aller bien plus loin que le rôle d’accueil d’urgence qui lui était échu en jouant la carte de l’intégration. En créant les conditions de la rencontre, Bonnelles fait tomberles stéréotypes, contribue au bien être des réfugiés et crée les conditions d’un vivre ensemble constructif. Dans l’urgence, équipe municipale, associations et habitants ont su trouver la recette pour faire de l’accueil des réfugiés une réussite.

Origine(s) :
Au cours de l’été 2015, les conflits armés qui sévissent en Syrie et en Irak poussent les habitants à fuir le pays par milliers pour trouver refuge en Europe. Face à ce qu’on appellera désormais la « crise des migrants », le Président de la République souligne que « le devoir de la France est d’accueillir ceux qui répondent au droit d’asile » et annonce que la France recevra vingt-quatre mille réfugiés au cours des deux prochaines années, sur les cent vingt mille que la Commission européenne souhaite répartir dans les pays de l’Union européenne (UE).
De nombreux réfugiés sont alors convoyés par bus d’Allemagne vers la France. L’un des premiers lieux où ils sont accueillis se situe à Bonnelles : il s’agit du monastère des Orantes construit dans les années 70 que l’association Habitat et Humanisme, association qui agit en faveur du logement et de l'insertion des personnes en difficulté, souhaite acquérir. L’édifice est grand et nécessite des travaux de mise aux normes, pour lesquels Habitat et Humanisme a donc fait une demande de financement auprès de l’Etat. En septembre 2015, l’Etat demande à Habitat et Humanisme, en contrepartie de ces subventions, d’accueillir des demandeurs d’asile dans le bâtiment. Ils y transiteront un mois avant de rejoindre des logements pérennes ailleurs.

Description détaillée :
Avec ses ruelles assoupies, ses coquettes maisons fleuries, ses châteaux et son clocher, Bonnelles, niché au cœur de la vallée de Chevreuse à 60 km de Paris, est un village hors du temps. Une bourgade de 2000 âmes qui, le 9 septembre, a été rattrapée par l’actualité. Depuis le mois d’août 2015, le maire de Bonnelles a été prévenu par la Préfecture : Habitat et Humanisme accueillera des réfugiés au sein du monastère qui se situe dans le village. Une réalité qui se concrétise rapidement au lendemain de la conférence de presse du Président de la République le 7 septembre dernier, annonçant l’accueil de 24 000 réfugiés.
Mercredi 9 septembre, 78 refugiés Syriens et Irakiens arrivent, en provenance de Munich, où des bus affrétés par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) sont aller les chercher. Le maire a été prévenu la veille par la préfecture de cette arrivée : « Je n’ai pas tellement eu mon mot à dire. Mais j’aurais trouvé inconvenant de refuser ». Tout va alors très vite. Le soir même, l’élu se réunit au Monastère avec le Sous-préfet et la Croix Rouge pour préparer les locaux. Ces quelques heures serviront à la mise aux normes des chambres avec l’installation d’extincteurs et de détecteurs de fumée. C’est également lors de cette réunion que la mairie apprend que toute la logistique sera organisée par la Croix rouge jusqu'au mercredi matin, relayée ensuite par "Habitat et Humanisme" avec le soutien de la direction départementale de la cohésion sociale. Il lui est également confirmé que la mairie ne sera pas sollicitée sauf si elle souhaite proposer son aide et qu’aucune participation financière ne sera à la charge de la commune.

Quand l’accueil d’urgence devient intégration
Bousculé par les événements, le premier magistrat n’a pas eu le temps de prévenir ses administrés : les médias qui arrivent par dizaines dans la petite bourgade le feront avant lui. Il décide donc plutôt que de communiquer sur l’événement, de communiquer sur la façon dont le village peut réagir. Ainsi, alors qu’il aurait pu se cantonner à son rôle d’accueil, il décide avec son équipe municipale d’aller plus loin et de faire en sorte que le passage des réfugiés soit le plus agréable possible.
Un courrier est donc rédigé et envoyé à tous les habitants. Il vise a leur expliquer la situation, à les informer que l’arrivée des demandeurs d’asile ne sera pas financée par la commune (ce sont les services de l’Etat, Habitat et Humanisme et la Croix rouge qui les prennent en charge) et à solliciter leur générosité. Il se conclut ainsi : « Bien que nous n'ayons pas à accepter ou à refuser l'arrivée de ces hommes et de ces femmes en détresse, nous pouvons accompagner cette démarche pour que tout se passe le mieux possible. »
>>Consulter le courrier d'information
>>Consulter l’appel aux dons

Ce travail d’information, bien que mené dans l’urgence, va rapidement porter ses fruits. Sensibilisée par la maire, mais également profondément choquée par la photo du petit Aylan retrouvé mort sur une plage turque, la population se mobilise rapidement. Malgré la méfiance et les inquiétudes assumées, ils sont des centaines venus de toutes la région à apporter vêtements, couvertures, jouets et produits de toilette dans la salle des fêtes du village qui s’emplie en trois heures à peine. Certains reviennent même après avoir été acheter ce qui fait défaut comme les étendoirs à linge par exemple. La mobilisation est telle que la mairie est dépassée par les dons, bien plus nombreux que les besoins affichés. Ce qui n’est pas utile aux réfugiés, soit l’équivalent du contenu de lusieurs camions, est alors proposé à des associations. L’élan de solidarité dépasse ce que l’élu a imaginé. Un couple d’origine syrienne est même venu de Sèvres, à 40 km, pour faire office de traducteurs. D’autres habitants se portent volontaires pour trier les dons et dans la salle des fêtes, une liste est affichée afin que tous les habitants qui souhaitent se porter volontaires pour faciliter l’insertion des réfugiés puissent s’inscrire.
Rapidement 70 d’entre eux sont contactés par la mairie pour venir prêter main forte aux bénévoles d’Habitat et Humanisme, parfois au regret de ceux qui ne l’ont pas été.. Un dispositif est mis en place pour assurer la coordination des bénévoles, des équipes d’Habitat et Humanisme et des services de l’Etat : une réunion réunit chaque matin le maire, la préfecture, Habitat et Humanisme, les pompiers, la gendarmerie et le Conseil départemental.



Grâce au fort niveau d’investissement des habitants, des actions s’organisent. Des cours de français, assurés par d’anciens professeurs et instituteurs ainsi que par des habitants qui parlent l’arabe, se mettent en place à l’attention des réfugiés. Mais alors que la mairie en avait programmé deux par semaine ce sont finalement deux par jours qui pourront être assurés. Il en va de même de l’accompagnement médical : un médecin retraité a proposé son aide, rapidement rejoint par deux autres et par une infirmière, ce qui permet de mettre en place une permanence médicale. Quant aux habitants, certains se déplacent régulièrement au monastère pour apporter leur aide sur des questions logistiques ou juste pour parler français avec les réfugiés.




Créer les conditions de la rencontre pour faire tomber les aprioris

Cette mobilisation dépasse la simple solidarité. A la demande d’Habitat et Humanisme un mois après l’arrivée des réfugiés, , de nombreuses familles volontaires leur ouvrent leur foyer et les invite à partager leur quotidien. Dans le même esprit, le week-end précédent un tournoi de foot réunissant réfugiés et Bonnellois a été spécialement organisé. D’autres sont rapidement intégrés à des initiatives locales, en raison des compétences ou activités qu’ils exerçaient dans leur pays d’origine. Ainsi, deux peintres et un musicien, accompagnés par deux traducteurs bénévoles, sont conviés à la soirée de lancement du parcours d’ateliers d’artistes organisé chaque année par l’association « HELIUM ». L’un de ces artistes, caricaturiste en Syrie, a d’ailleurs adéré à l’association et expose ses dessins du voyage depuis la Syrie dans le cadre du parcours.
Peu à peu, les réfugiés prennent part à la vie quotidienne des habitants de Bonnelles Si ces derniers ont pu manifesté de la méfiance au départ, les craintes se dissipent dans cette fréquentation régulière. Aujourd’hui, l’appréhension a changé de camp : les habitants redoutent de voir partir ceux qui sont devenus pour certains des amis. Grâce à la mobilisation de tous Bonnelles est allé bien plus loin que le rôle qui lui était échu : la ville n’a pas joué simplement la carte de l’accueil d’urgence mais plutôt celle de l’intégration.

Impact(s) :
- Favoriser l’accueil et l’intégration des réfugiés.
- Faire tomber les aprioris en favorisant la rencontre.
- Créer les conditions du vivre ensemble sur le territoire.

Partenaire(s) :
Habitat et humanisme, Préfecture des Yvelines, Direction départementale de la cohésion sociale, Croix rouge.

Moyens :
Financiers :
L’accueil des réfugiés et la mobilisation des habitants ne représente qu’un coût extrêmement faible pour la commune : le temps passé et le peu de matériel prêté comme deux tables de ping-pong. Ce sont les services de l’Etat et des associations qui se chargent de l’essentiel de l’effort.

Humains :
70 bénévoles et une partie des élus sont mobilisés sur la base du volontariat.

Matériels :
Une voiture électrique a été mise à disposition par la communauté de commune pour les déplacements des bénévoles basés au monastère.

*Mention légale :
Le contenu de cette fiche relève de la seule responsabilité de l'Agence Apriles et ne peut en aucun cas être considéré comme reflètant la position des partenaires soutenant le projet Apriles.
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