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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Le Reflet s’illustre
Il y a quelques mois, Apriles consacrait une fiche au Restaurant le Reflet, à Nantes. Un restaurant extraordinaire puisque cette entreprise ordinaire a relevé le défi d’intégrer dans son équipe six personnes porteuses d’une trisomie 21. Aujourd’hui cette belle aventure fait l’objet d’un livre. Joliment illustré, cet ouvrage a pour vocation de partager à grande échelle le savoir-faire de l’association Trinôme 44, qui a porté le projet, et de diffuser le plus largement possible cette expérience afin d’inciter un plus grand nombre d’employeurs à embaucher des personnes porteuses de handicap. D’autres initiatives similaires ont d’ailleurs vu le jour à Nîmes ou encore à Rennes et Paris avec les cafés Joyeux. Prix 20 euros à commander sur http://projet-lereflet.fr/ notre-livre/ 
 
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Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
Le sourire est franc, le contact facile et chaleureux. Lorsque Monique Fournier Laurent vous accueille à Creil, la ville où elle réside depuis plus de 30 ans, il est difficile de ne pas succomber au charme du regard clair et de la silhouette juvénile de cette « jeune » retraitée. Mais ne vous y trompez pas : si la voix est douce et le discours posé, cette femme de conviction sait aussi se montrer passionnée, dès qu’elle évoque son engagement citoyen au sein du Groupe de Réflexion sur le 21ème siècle (GR21), collectif qu’elle a contribué à créer. Sans compter un sens aigu de la formule, lorsqu’il s’agit par exemple de fustiger l’immobilisme de certains élus et de leurs services face à des projets portés par des bénévoles, tels ceux qu’elle a contribués à initier au sein du Comité de quartier Jaurès Gare : « Nos édiles préfèrent gérer des jérémiades que des projets même concrets et peu coûteux ».

Pour cette ancienne cadre dirigeante à la SNCF, le bénévolat était cependant loin d’être une vocation. « J’ai toujours beaucoup travaillé et aimé cela, confie celle qui a consacré plusieurs années durant jusqu’à 14h00 par jour à sa vie professionnelle. Je n’avais pas le temps pour autre chose. J’étais même un peu réservée envers l’action associative ». Après une maîtrise de recherche en mathématiques, cette fille, épouse et mère de cheminots a forcé la porte de la SNCF pour devenir la première femme cadre à la Direction des transports. Elle y prend des responsabilités, souvent en précurseur, mais surtout y cultive l’esprit de « service public ». Une notion inscrite dans l’ADN du GR21 et que partagent ses membres fondateurs, passés par des entreprises publiques ou l’Armée. Pourtant, avant ses 55 ans et la retraite, c’est elle qui quitte la SNCF. « J’ai commencé par écrire un livre sur le management, pour transmettre mon expérience, mais très vite, j’ai eu envie de faire quelque chose pour les autres. L’association des cheminots bénévoles m’a orientée vers la Mission Locale de Creil. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’on y faisait mais la Directrice avait un projet d’atelier contre l’illettrisme. Je me suis lancée, bientôt rejointe par d’autres bénévoles».

Pour Monique, c’est le déclic : « en arrivant à la Mission locale, j’ai pris une gifle. J’avais eu une belle carrière mais je vivais en vase clos. Je connaissais principalement la société par ce que j’en lisais dans les médias. J’ai été choquée par les difficultés de ces jeunes et révoltée par un discours qui les dénigrait : pas ambitieux, pas courageux, désabusés. C’était nos enfants, nous avions une part de responsabilités. A nous de faire bouger les lignes ». Avec deux autres bénévoles de la mission locale, ils constituent alors le collectif GR21 et s’appuient sur leurs expériences, pour mobiliser les professionnels, impliquer les principaux intéressés et proposer des solutions en amont, comme lutter contre le décrochage scolaire, restaurer le goût d’apprendre, rapprocher les familles des enseignants.

Plusieurs actions voient le jour, à l’exemple des « conteurs de métier », des actifs qui viennent dans les collèges parler de leur profession, éveiller la curiosité et transmettre une vision épanouissante du travail. « Nous avons mis 18 mois à entrer dans un premier établissement, mais ensuite le bouche à oreille a joué. Cela a entrainé d’autres initiatives, notamment une audiothèque qui s’est constituée, avec l’aide d’une radio locale et la participation des collégiens. Ils choisissent les professionnels à interviewer, participent au montage et à la diffusion des émissions. Et nous avons passé la main à l’association Agir ABCD ». Car le GR21 n’est pas une association, n’a pas de budget, chacun y exerce librement sa citoyenneté et assure jusqu’au bout la mission sur laquelle il s’investit. « Nous initions des projets, nous les testons avec des institutions et des associations locales, à qui nous confions ensuite ces initiatives pour qu’elles les fassent vivre ». Une démarche qui permet au GR21 d’engager de nouveaux projets, de répondre à des demandes d’accompagnement des communes de l’agglomération creilloise, et aux membres du collectif de s’investir personnellement sur des projets qui ne trouvent pas localement de porteurs, comme l’ont fait Monique et son mari sur Energie Jeunes1.

Car le dynamisme de cette incorrigible râleuse semble inépuisable : « ce n’est pas le découragement qui me guette, mais la colère face au manque de rigueur des institutions, dès lors qu’il s’agit de projets portés par des bénévoles. Par leur désengagement, elles n’encouragent pas une citoyenneté d’action. Heureusement, il y a la satisfaction de voir des initiatives reprises et évoluer, la réussite des jeunes qui en ont bénéficié et surtout l’ambition assez égoïste de laisser à nos petits-enfants une société meilleure. Aujourd’hui, je me sens 1000 fois plus riche, avec un appétit toujours plus grand d’aventures, de découvertes, de nouvelles compétences! »

Une ambition qui ne devrait pas être déçue. Si le GR 21 s’est dissout fin 2017, chacun des membres poursuit son action au sein des associations qui portent les projets initiés. Quant à Monique et son époux, ils quitteront bientôt Creil pour Conflans-Sainte-Honorine, bien décidés à impulser là-bas de nouvelles dynamiques citoyennes. Assurément, la passion de Monique pour les pierres attendra encore un peu.

1. Energie Jeunes est une association crée en 2009 pour contribuer à la prévention du décrochage scolaire dans les quartiers les moins favorisés. Elle est financée par des entreprises publiques (Académies de l'EN de différentes régions, Service civique), et des entreprises privées (EDF, Manpower, L’Oréal, Fondation SNCF…) 
 
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