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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Le Reflet s’illustre
Il y a quelques mois, Apriles consacrait une fiche au Restaurant le Reflet, à Nantes. Un restaurant extraordinaire puisque cette entreprise ordinaire a relevé le défi d’intégrer dans son équipe six personnes porteuses d’une trisomie 21. Aujourd’hui cette belle aventure fait l’objet d’un livre. Joliment illustré, cet ouvrage a pour vocation de partager à grande échelle le savoir-faire de l’association Trinôme 44, qui a porté le projet, et de diffuser le plus largement possible cette expérience afin d’inciter un plus grand nombre d’employeurs à embaucher des personnes porteuses de handicap. D’autres initiatives similaires ont d’ailleurs vu le jour à Nîmes ou encore à Rennes et Paris avec les cafés Joyeux. Prix 20 euros à commander sur http://projet-lereflet.fr/ notre-livre/ 
 
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Adieu monsieur Lenoir Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
René Lenoir, 1er président de l’Odas, nous a quitté samedi 16 décembre victime d’un infarctus à l’âge de 90 ans. Cet «avocat des exclus» avait participé à la création de notre observatoire en 1990 et en avait assuré la présidence jusqu’en 1992. Son regard bienveillant et ses convictions ont toujours guidé ses choix. C’est avec une immense tristesse que nous avons appris sa disparition. Par ces quelques lignes, nous souhaitions rendre hommage à cet homme pétri de convictions. 

Né le 21 janvier 1927 à Alger, ce haut fonctionnaire, a fait de l’exclusion sous toutes ses formes le combat d’une vie. En intégrant l’inspection des Finances, à sa sortie de l'Ecole nationale d'administration, il prend conscience de l’importance des problèmes sociaux, à travers la lecture et la rédaction de nombreux rapports.

Dans les années 60, au Maroc puis à Madagascar, il aide les nouveaux dirigeants à construire des politiques économiques en faveur des populations les plus précarisées. En 1974, il écrit un premier ouvrage "Les Exclus", qui décrit la vulnérabilité dans ses divers aspects pour sensibiliser les responsables politiques français à cette problématique. Un travail salué par le Président Valéry Giscard d'Estaing qui le nomme alors comme secrétaire d'Etat chargé de l’action sociale auprès de la ministre de la Santé, Simone Veil.

"Quand j'ai pris cette responsabilité, les personnes âgées mangeaient de la nourriture pour chats et chiens. J'ai pu obtenir leur maintien à domicile, le doublement du minimum vieillesse et la concertation constante avec les handicapés, en faveur desquels j'ai rédigé la première loi programme", témoignait-il en 1988 dans les colonnes de Paris Match. En effet, en 1975 il est à l’origine de la loi d’orientation en faveur des personnes handicapées. Parmi les dispositions du texte : une allocation adulte handicapé pour les majeurs et une allocation d'éducation spéciale pour les mineurs, mais aussi une assurance vieillesse pour les mères ayant un enfant handicapé.

En 1977 il lance, toujours en tant que Secrétaire d’État à l’action sociale, l’opération Habitat et Vie sociale. En ce sens, il peut être considéré comme le fondateur de la politique de la ville, car cette loi contenait déjà en germe tous ses principes, dont celui de la participation des habitants, et celui de la mobilisation indispensable de toutes les politiques publiques.

À l’issue de ses diverses missions dans le secteur de la solidarité, il poursuit une action de soutien à divers Etats africains, puis occupe entre 1988 et 1990 la fonction de directeur de l’Ena, dont il reproduit le modèle dans onze pays. Sur le plan associatif il fut également le président de l’Uniopss. Mais aussi celui de l’Odas de 1990 à 1992 dont il était resté président d’honneur jusqu’à ce jour. Soutien fidèle durant prés de 30 ans, c’est avec véritable affection qu’il parlait de l’Observatoire dont, disait-il, « la création ne pouvait me laisser indifférent. Il était bon qu’un œil serein observe et mesure les effets d’une législation mouvante sur une société en évolution rapide ». C’est d’ailleurs dans ce cadre-là qu’il lança avec Jean-Paul Delevoye, Claude Lise et Jean-Louis Sanchez le tout premier appel à la fraternité en 1999.

Durant toutes ces années, il continuera de lutter contre la stigmatisation des chômeurs et le surendettement des ménages. En 1995, le Président Jacques Chirac le charge d'une mission pour réfléchir à la manière de réduire la "fracture sociale". Il mène alors une démarche diplomatique pour convaincre les Etats européens de mieux résister à la financiarisation de l’économie.

A son image, son dernier livre* est empreint d’une grande poésie et d’une profonde sagesse. Un concentré de réflexions dans lequel il s’interroge, au soir de sa vie, sur le sens qu’il peut donner à son existence, sur ce qui nous permet d’agir et de résister malgré les immenses défis de l’existence humaine. Car comme il le dit en conclusion, en parlant de son attachement aux autres : “Je t’aime sans pourquoi”.

* {Le chant du monde est là}, René Lenoir. Editons Albin Michel, octobre 2017.

 
Joachim Reynard
 
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