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Marie Françoise Fuchs, une vieillesse pleine d’avenir
A 85 ans, Marie-Françoise Fuchs n’a rien de la mamie gâteau et encore moins de la mamie gâteuse. Cheveux coupés courts, silhouette impeccable en pantalon, col roulé, elle vous accueille avec une tasse de thé et cette aisance toute naturelle des gens bien né. Dans son bureau, donnant sur la cour d’un immeuble ancien face au Louvre, les livres ont pris le pouvoir, allant jusqu’à investir le canapé. Il est vrai que cette petite femme aux faux airs de Françoise Giroud, n’est pas du genre à s’alanguir. Il y a 10 ans, à l’âge ou d’autres ressassent leurs souvenirs, elle a créé l’association Old’Up, dont elle vient de céder la présidence au Professeur Philippe Gutton. « Avec Old’Up, les vieux debout revendiquent d’être une richesse et de se sentir utiles à notre société. J’ai mis toute mes forces à faire remonter leur parole, comme je l’ai fait avant pour les femmes et les grands parents ».

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Prix Ocirp : un bon cru 2017
Remis à Paris le 29 juin dernier, la 10ème édition du Prix OCIRP Handicap a récompensé dix acteurs économiques particulièrement engagés pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Partenaire du prix depuis sa création, l’Odas, représenté par son Directeur général Didier Lesueur, a notamment remis le prix de la catégorie « Réalisations et partenariats territoriaux » à l’association Envie Anjou, qui collecte et recycle du matériel médical. L’Association Droit Pluriel, présidée par Anne Sarah Kertudo (voir son portrait) a été primée dans la catégorie « Citoyenneté ». Le prix a également mis en valeur plusieurs actions impliquant l’utilisation des nouvelles technologies, qu’il s’agisse d’applications (handivalise, AVA), d’outils numérique (Dyscool) ou de FabLab (Fablife).
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Claire Bolduc, la québécoise qui défige le monde rural Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
Sa force de conviction et son enthousiasme feraient reculer l’hiver de la belle la Province ! Derrière sa frange blonde et ses lunettes sages, Claire Bolduc est une boule d’énergie, au service des causes qu’elle défend : le dynamisme des territoires ruraux et une autre façon de faire société , plus durable et respectueuse des ressources environnementales. Depuis plus de 30 ans, alors jeune épouse, puis mère de quatre enfants et aujourd’hui grand-mère comblée, cette quinqua québécoise n’a cessé de s’engager.

Un virus attrapé dès son plus jeune âge, au contact de ses parents. Aînée de sept enfants, Claire grandit à Baie Comeau, à l’Est du Québec, sur le bord du fleuve Saint-Laurent. « Mes parents n’étaient pas engagés politiquement mais étaient très impliqués bénévolement dans plusieurs organismes locaux, surtout ma mère. Et l’un et l’autre nous ont élevé avec l’idée que si nous voulions que notre communauté aille bien, nous devions nous en mêler.». C’est d’ailleurs à son père, directeur pour une compagnie pétrolière, qu’elle doit son orientation professionnelle. Alors qu’elle envisage de poursuivre des études de biologie, il lui conseille de devenir agronome : « c’est un métier d’avenir. Les gens auront toujours besoin de manger ! »

A la faculté d’agronomie de l’Université Laval à Québec, Claire n’a pas encore une âme de militante. Elle s’investit surtout dans les associations sportives et rencontre à 19 ans son mari, Richard. Ces deux-là ne se quitteront plus et leurs études terminées, partent au début des années 80 s’installer à l’autre bout du pays, au Témiscamingue. Pour le jeune couple, c’est un second coup de foudre: « Nous avions un contrat de trois ans, mais nous n’en sommes jamais repartis! Nos enfants y sont nés. Nous y avons construit notre ancrage. Les Québécois ont l’habitude de dire que cette région est le secret le mieux gardé du Québec. Les paysages y sont magnifiques et les habitants ont accès à tous les services ». Beau, certes, mais rude aussi. Les territoires sont immenses et la population peu nombreuse. Les communautés, très rurales, sont loin des centres de décisions « C’est un milieu fragile car l’équilibre économique, les infrastructures y sont menacés. Mais les habitants sont très attachés à leur territoire et savent qu’ils doivent se prendre en main. »

Le terrain est favorable pour que Claire Bolduc laisse s’épanouir son goût de l’engagement et révèle sa capacité à fédérer. Tout d’abord, au sein de l’ordre des agronomes, qu’elle intègre dès 1981 pour en gravir tous les échelons jusqu’à en devenir la Présidente, en 1999. « L’époque était aux grands combats, autour des pesticides, des OGM, de la sécurité alimentaire. Il fallait réconcilier les citoyens avec les agriculteurs, faire accepter à ces derniers l’enjeu environnemental et négocier une réglementation supportable avec le gouvernement. Pour moi, notre ordre professionnel avait un rôle à jouer sur ces dossiers d’intérêt public. Cette implication a d’ailleurs donné de la popularité à notre profession ». Parallèlement, cette militante infatigable s’investit localement, au niveau social, éducatif ou au sein d’une radio locale avec un même but : mobiliser le dynamisme des zones rurales et leur donner confiance dans leur capacité à agir. « Il y a dans ces territoires des élus, mais aussi des directrices d’écoles, des artistes, des entrepreneurs, et toute une foule de bénévoles qui s’impliquent pour faire avancer tout le monde. Il faut juste fédérer ces énergies, les aider à développer leurs compétences ».

C’est ce qu’elle va faire en prenant en 2008 la tête de Solidarité rurale Québec, une coalition d’organismes dont la mission est de promouvoir la revitalisation et le développement du monde rural. « L’autre grand enjeu a été de faire prendre conscience au gouvernement que tous les territoires sont différents et d’exiger que l’on agisse en fonction de ces particularités, de ne pas laisser quelques uns s’approprier les ressources, au détriment de la majorité, comme avec les gaz de schistes. C’est un enjeux plus large pour notre société, qui relève de l’éthique». En 8 ans de présidence, elle a largement contribué à transformer en profondeur le monde rural, en lui rendant sa fierté et en faisant reconnaitre son rôle déterminant pour l’avenir du Québec. Mais cette dynamique reste cependant fragile, à la merci de coupes sèches dans les subventions de fonctionnement, comme celle décidées en 2014 par l’actuel gouvernement du Québec. De quoi décider Claire Bolduc à quitter ses fonction au sein de Solidarité rurale et à se tourner vers un combat plus politique : « avec d’autres personnalités engagées dans l’action publique, nous avons fait le constat que nos concitoyens avaient besoin d’un espace de dialogue, de débat pour se réapproprier leur démocratie et se mettre en marche. Nous avons donc lancé Faut qu’on se parle et sillonné pendant six mois le Québec. Les habitants nous ont ouverts leur porte et ont été des milliers à participer à quelques 166 assemblées de cuisine et 18 consultations publiques . Et aujourd’hui, je suis prête à défendre, dans un mandat local, les idées, les propositions, les espoirs qu’ils nous ont confiés. Pour moi, ce n’est qu’une continuité de mon engagement citoyen et le principal est de conserver du sens à son action ! ».

Et c’est au domaine DesDuc (contraction de Dessureault-Bolduc), le vignoble qu’elle exploite toujours avec son mari, que Claire continue de puiser ce sens: « la terre, c’est très concret. Il faut s’en occuper si l’on veut que le geste que l’on pose aboutisse à une récolte ». Il en est de même pour les idées et pour notre démocratie ! 
 
Estelle Camus
 
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