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Pour banaliser la différence, Flore Lelièvre met les petits plats dans les grands

Flore Lelièvre aurait pu se contenter d’être une jeune architecte d’intérieur dans une ville dynamique. Mais son parcours familial, ses rencontres et sa force de conviction en ont décidé autrement. A 26 ans, cette jeune nantaise vient d’ouvrir un restaurant d’un type inédit en France, où travailleurs « ordinaires » et « extraordinaires » travaillent main dans la main. A l’origine du projet, la jeune femme souhaite permettre à des personnes trisomiques « de travailler et d’être rémunérées comme et avec tout le monde ». Mais au delà, elle espère surtout faire évoluer le regard de la société sur le handicap au sens large du terme. Une preuve d’amour à son frère aîné, porteur de trisomie 21.

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« Innovons pour l’éducation »
C’est l’ambition de l’appel à projet lancé par la Fondation SEVE (Savoir, Etre et Vivre-Ensemble) avec Chemins d’Enfances et l’Education nationale. Ouvert aux acteurs de l’éducation et de la société civile, il veut mettre en lumière et accompagner des initiatives innovantes permettant de développer des compétences de savoir-être et de vivre-ensemble chez des enfants et adolescents. Pour cette première édition, trois thématiques ont été retenue, autour des médias, de la citoyenneté et de la paix. Date limite de candidatures, le 14 avril 2017. 
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Barthélémy Gas ou l’aventure intergénérationnelle 2.0 Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
A 25 ans, Barthélémy Gas a fait le pari de l’« Or gris ». Avec son condisciple Thibault Bastin, rencontré sur les bans de leur école d’ingénieur, ils ont créé en 2015 une plateforme collaborative joliment baptisée les talents d’Alphonse. Objectifs de la jeune start up, qui a déjà assuré plusieurs centaines d’heures de transmission de savoir-faire entre générations : mettre en relation des retraités passionnés et riches d’expériences, les Alphonse et les Alphonsine, avec des jeunes « Curieux », désireux de s’initier à des activités manuelles ou culturelles. Rencontre bien réelle avec un jeune chef d’entreprise qui croit en l’intergénération.


Il arrive un peu essoufflé, en équilibre sur ses béquilles mais brandissant victorieusement un sachet de chouquettes. « Une fracture de fatigue », glisse-t-il pour s’excuser, avant de vous entrainer sans reprendre son souffle vers une petite salle vitrée. « Ici, ça sera un peu plus calme », suggère-t-il en balayant de la main l’espace atypique qui nous entoure. Une vaste ruche lumineuse, à deux pas de Bastille, organisé en petits ilots de travail où se concentre, le plus souvent autour d’ordinateurs portables, une population cool mais studieuse. La moyenne d’âge ne doit pas dépasser 30 ans. « Depuis quelques mois, nous sommes intégrés à MakeSense », une association qui, entre autres, accompagne dans son incubateur le développement de jeunes start-up, porteuses de projets à fort potentiel d’innovation et aux valeurs proches de l’économie sociale et solidaire. « Au-delà de l’espace de co-working et de la dynamique collective que génère un tel lieu, nous avons aussi bénéficié du partenariat de compétences d’entreprise telle que la MAIF. Un véritable accélérateur, qui permet de dépasser les blocages, de développer son réseau, de ne pas avoir peur d’y aller ».  

Pourtant, avec un diplôme d’ingénieur spécialisé dans le bâtiment en poche, l’avenir de Barthélémy Gas semblait tout tracé. C’était sans compter l’envie d’aller voir ailleurs. Barthélémy et son complice Thibault profitent de leur année de césure pour s’envoler vers l’Amérique du Sud puis l’Afrique pour le premier, vers les Philippines pour le second. « Avec un stage en France, c’est parfois difficile de faire preuve de créativité, mais là, à l’étranger, nous étions en totale autonomie à devoir gérer non seulement des défis professionnels mais aussi des problématiques humaines et sociales » s’enthousiasme le jeune ingénieur. « Pour ces populations qui n’ont pas grand-chose, l’entraide est essentielle. On s’arrête spontanément pour vous donner un coup de main et les rapports humains s’instaurent avec une simplicité que l’on a perdue ». Surtout, tous deux ont un véritable choc à leur retour en France : « Dans ces pays, les aînés sont considérés comme des sages, que l’on respecte et dont on sollicite les conseils. Moi, je ne vois ma grand-mère qu’une fois par an ». Dès lors, Barthélémy et Thibault n’ont plus qu’une idée en tête : rapprocher les générations. « En France, notre système de retraite est très protecteur : les retraités sont encore dynamiques, ils sont une mine de compétences et ils ont du temps. A l’autre bout, les jeunes ont des idées, envie d’apprendre, de découvrir, mais rien n’est fait pour favoriser cette transmission ».  

De ce double constat germe l’idée d’un site collaboratif, « Les Talents d’Alphonse », sorte de blablacar du hobby intergénérationnel: d’un côté des retraités, passionnés par la couture, le tricot, la musique, le bricolage, le chant… De l’autre des futures mamans désireuses d’apprendre à coudre, des jeunes couples soucieux d’égayer leur balcon ou d’apprendre une langue étrangère. Autant de prétextes pour favoriser les rencontres, recréer du lien et repenser un modèle de société qui intègre mieux les séniors. « Nous avions une intuition, mais on ne savait pas du tout si cela allait marcher », avoue Barthélémy. « Nous avons rencontré notre première Alphonsine , Nicole, sur facebook et on a mis une annonce sur le Bon coin : jeune retraitée passionnée donne cours de couture. Ensuite le bouche à oreille a fonctionné ». Aujourd’hui, le site compte quelques 200 propositions d’Alphonse sur toute la France, mais ne fonctionne que sur Paris, avec une cinquantaine d’actifs. Il a enregistré près de 2000 demandes et 600 heures de relations. Et le duo d’origine s’est étoffé pour compter aujourd’hui quatre salariés et trois stagiaires.

« Nous avons encore beaucoup à faire pour passer du site vitrine actuel à un modèle économique durable », reconnaît Barthélémy lucide. « L’objectif est d’être présent dans une dizaine de grandes villes, dont Lille, Lyon ou Nantes ; de trouver des nouveaux axes de développement, pour animer des ateliers auprès de comités d’entreprises ou de formes émergentes de service, comme les futurs « Jo and Jo » d’Accor, lieux d’hébergements hybrides entre auberge de jeunesse et hôtel ; Et surtout d’aller à la rencontre des séniors pour les persuader qu’ils ont du talent, qu’ils peuvent s’investir tout en restant libre de leur engagement. Si vous vous sentez une âme d’Alphonse ou d’Alphonsine, on recrute !». Une chose est sûre, même avec des béquilles, Barthélémy GAS et toute son équipe déborde d’énergie et leur créativité n’est pas prête de s’éteindre : « Quand je vois le sourire de ceux que nous avons mis en lien lorsqu’ ils se retrouvent pour un apéro pétanque, quand j’apprends que Nicole part aujourd’hui en week-end avec certains de ceux qu’elle a formés, je sais pourquoi je m’investis autant ! ». 

 
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