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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Où en est le DSL ?
C’est à cette question que s’efforce de répondre l’ouvrage rédigé à deux voix, française et québécoise, Les nouvelles dynamiques du développement social. Ses auteurs, Cyprien Avenel, sociologue et ancien collaborateur de l’Odas, et Denis Bourque, universitaire québécois ont construit leur réflexion autour de quatre questions : le rôle de l’Etat et la contribution des politiques sociales au développement des territoires ; l’ouverture des pratiques professionnelles du champ social à l’intervention collective ; le renforcement de la société civile et de la participation citoyenne ; l’enjeu d’une conception stratégique de la politique sociale comme instrument d’une dynamique de bien commun. Avec en bonus, un regard croisé franco-québécois.

Les nouvelles dynamiques du développement social, Cyprien Avenel, Denis Bourque, Editions Champ social, 2017
 
Olivier Le Duc "Lorsqu’on fait confiance n’importe quel casseur par dépit peut devenir un bâtisseur" Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
« Tout ce qui est fait pour nous, que d’autres ont décidé sans nous, est fait contre nous. » C’est avec les mots de Nelson Mandela qu’Olivier Le Duc résume le sens d’un engagement de 40 ans envers les jeunes, et la philosophie à la base des centres d’accueil qu’il a créés : des centres atypiques fondés sur la confiance et la responsabilisation des jeunes accueillis dans le but de les aider à construire leurs projets et reprendre la maîtrise leur vie.


C’est dans un épisode de sa propre jeunesse qu’Olivier Le Duc forge l’intuition qui guide son action : « J’étais capitaine d'une équipe de foot dans un village de 2000 habitants. Avec des amis, on avait décidé d’ouvrir un endroit pour se retrouver. Malheureusement, d’autres jeunes venaient régulièrement casser le local. J’ai eu la volonté de comprendre les codes et aspirations de ces jeunes souvent issus du prolétariat rural, de comprendre leur souffrance. Et j’ai vu que, lorsque l’on ouvre la porte, quand on fait confiance, n’importe quel casseur par dépit peut devenir un bâtisseur.» Par la discussion, il parvient à les convaincre de rejoindre le groupe. Le local qu’Olivier et ses amis s’étaient choisi, un petit manoir du 17ème siècle que la mairie envisage de détruire, est alors entièrement remis à neuf par les jeunes du village, anciennement « casseurs ». Impressionné par la qualité du travail accompli, le maire du village renonce à détruire le manoir et le cède aux jeunes.

Cette intuition, Olivier Le Duc la garde en tête tout au long de sa vie : dans les années 70, il devient éducateur et tente de reproduire son expérience de jeunesse dans les différents postes qu’il occupe : animateur, faisant fonction d'éducateur de rue, formateur, puis formateur de formateurs pour les « stages d'insertion » qu’il a mis en place de 1976 à 1986. « Je me suis toujours dit que ce qui avait marché dans mon petit village pourrait très bien fonctionner avec des jeunes de banlieues. » se rappelle-t-il.

Après une pause dans ce parcours, où il devient commercial dans une entreprise de téléphonie, il se décide à prendre les rênes, « pour les laisser aux jeunes, et ne pas laisser une autorité supérieure m’empêcher et les empêcher de vivre ce saut du haut de la falaise, cette nouvelle manière d'écrire l'histoire avec eux ».
En 1995, alors employé par la paroisse Saint Pierre de Montrouge, Olivier le Duc ouvre le Centre Paroissial Initiatives Jeunes (CEPIJE) dans une ancienne école du 14ème arrondissement. Le bâtiment de 800m² est laissé entièrement vide : « C’était aux jeunes de créer le local de toute pièce, avec leurs projets, leurs envies. » Des jeunes du quartier que la fermeture de lycées professionnels dans le contexte de la grève générale de décembre 1995 avait laissé désœuvrés investissent très rapidement les lieux, et viennent porter leurs projets au CEPIJE : un club de boxe Thai ouvre alors ses portes. « J’étais un peu sceptique sur la démarche au début. Je ne voyais pas ce qu’une pratique violente allait apporter. Puis je me suis laissé convaincre. Après tout, c’est moi qui leur avait demandé de monter un projet » explique-t-il. C’est en effet la grande confiance accordée aux jeunes qui distingue sa démarche : à l’inverse des structures traditionnelles, l’ensemble des activités sont gérées par les jeunes eux-mêmes, en toute autonomie. Exemple parlant, les activités sportives ne sont encadrées par aucun animateur de la ville. Mais faire confiance réserve parfois des surprises : lorsqu’il arrive au centre un matin, il découvre qu’un jeune du centre a détruit un mur entre deux salles. Finalement, la pièce ainsi créée devient le gymnase du centre, ouvrant des possibilités d’accueil et d'animation insoupçonnées.

Le CEPIJE se convertit rapidement un lieu central de la vie du quartier : une troupe de théâtre s’installe, des enfants viennent même y célébrer leurs anniversaires animés par les jeunes du centre. L’initiative attire et les projets se multiplient, toujours sous l’impulsion des jeunes eux-mêmes : le CEPIJE a ainsi vu la création d’un studio son et d’un atelier de création vidéo. « Mais ce n’était pas que du loisir », précise Olivier Le Duc. La musique et la vidéo ont été de vraies passerelles vers l’insertion sociale et professionnelle des jeunes. En 20 ans, six groupes de musique formés au CEPIJE sont devenus indépendants économiquement, et l’atelier vidéo créé a permis à cinq jeunes d’être embauchés en tant que saisonnier chaque année pendant cinq ans pour la réalisation de films d’entreprise. Outil d’insertion, la musique a aussi été un véritable vecteur de cohésion sociale. Dans un contexte de rivalités entre bandes de jeunes du quartier, le studio de son a à plusieurs reprises permis de casser les préjugés et les conflits éternels : « Les jeunes de bandes rivales ont appris à ce connaître grâce au studio. Les relations se sont pacifiées. La musique rassemble. »


Aujourd’hui à la retraite, Olivier Le Duc souhaite transmettre ses expériences : «J’ai toujours eu à cœur de répondre favorablement aux associations ou aux collectivités qui voulaient reproduire chez elles le modèle CEPIJE. Mais cela suppose que l’esprit de la démarche et la pédagogie soient appropriés et respectés par les nouveaux initiateurs de CEPIJE. Et cela ne peut se faire qu’en venant sur place, en s’imprégnant du terrain, en rencontrant les jeunes vivant cette expérience, et non en calquant simplement la démarche CEPIJE. La pédagogie du centre doit par ailleurs s’adapter à la richesse dans lequel il s’implante » avertit-il. Fort de son expérience, il accompagne aujourd’hui deux centres créés sur le modèle du CEPIJE : le CEBIJE, soutenu depuis 2008 par la mairie de Boulogne et animé par une équipe de salariés et bénévoles boulonnais très engagés, et « Ribat », centre ouvert à Bondy par l’association Le Rocher en 2013. Il continue à suivre les CEPIJEs de Suresnes et Colombes, et va accompagner la naissance d'un CEPIJE (RIBAT porté par l’association le Rocher) aux Mureaux.

Ségolène Dary



Contacts :

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- RIBAT – Association Le Rocher http://assolerocher.org/
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