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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Où en est le DSL ?
C’est à cette question que s’efforce de répondre l’ouvrage rédigé à deux voix, française et québécoise, Les nouvelles dynamiques du développement social. Ses auteurs, Cyprien Avenel, sociologue et ancien collaborateur de l’Odas, et Denis Bourque, universitaire québécois ont construit leur réflexion autour de quatre questions : le rôle de l’Etat et la contribution des politiques sociales au développement des territoires ; l’ouverture des pratiques professionnelles du champ social à l’intervention collective ; le renforcement de la société civile et de la participation citoyenne ; l’enjeu d’une conception stratégique de la politique sociale comme instrument d’une dynamique de bien commun. Avec en bonus, un regard croisé franco-québécois.

Les nouvelles dynamiques du développement social, Cyprien Avenel, Denis Bourque, Editions Champ social, 2017
 
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Thierry du Bouëtiez : l’intelligence collective au service de l’innovation Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
Haut fonctionnaire au Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), passé par la préfectorale et les collectivités territoriales, Thierry du Bouëtiez a régulièrement rencontré et accompagné entrepreneurs créatifs et porteurs d’actions innovantes, constatant régulièrement les difficultés rencontrées par ces derniers du fait des cloisonnements et des blocages administratifs. Des obstacles qu’il tente de surmonter à travers la mise en relation des acteurs. Ainsi, après avoir créée à titre personnel Raid emploi et Groupie, deux réseaux du secteur de l’emploi et de l’insertion visant à décloisonner le monde économique et celui du social, il s’attaque aujourd’hui à un objectif plus ambitieux : faire collaborer tous les acteurs des territoires. En février 2014, il fonde le GNIAC (Groupement National des initiatives et des acteurs citoyens). L’idée : réunir des acteurs opérationnels d’origines professionnelles diversifiées engagés à titre personnel pour promouvoir les initiatives porteuses de changements positifs. Mais aussi, accompagner ces initiatives et proposer des pistes de changements administratifs et politiques pour favoriser l’innovation.


Apriles : Pourquoi avoir créé GNIAC ?
Thierry Du Bouetiez :
Aux différents postes que j’ai occupé, j’ai toujours fait le même constat : de multiples initiatives citoyennes innovantes sont peu prises en compte dans la conception des dispositifs mis en place par les pouvoirs publics. La sphère politico administrative fonctionne le plus souvent en circuit fermé, sans faire appel aux acteurs de terrain. Mon expérience au cabinet de François Lamy, alors ministre de la ville, m’a fait constater le décalage entre la réalité des entrepreneurs de quartier, des associations, des entreprises qui s’impliquaient sur leur territoire et les réformes proposées au niveau national. Il y a une véritable déconnection entre l’administration, les blocages qu’elle génère et le bouillonnement d’initiatives sur le terrain.
D’autre part, les acteurs de terrain et innovateurs sont également cloisonnés par type de domaine ou d’activité professionnelle ou associative. D’où une déperdition d’énergie et de compétences qui freine le développement des initiatives.
Alors, comme je ne pouvais pas réformer l’administration, j’ai voulu mettre en relation les « gens qui font » : entre eux, et avec les décideurs. L’objectif étant de réunir les gens qui font vivre les territoires autour de toutes les problématiques : économique, sociale, environnementale, citoyenne…

Apriles : comment GNIAC tente de dépasser ces écueils ?
Thierry du Bouëtiez :
Le réseau regroupe des acteurs engagés à titre personnel. Cet aspect est fondamental puisqu’il permet de nous libérer du carcan institutionnel dans lequel nous sommes tous enfermés, que ce soit dans l’administration, les entreprises ou les grandes associations. A GNIAC, chacun ne représente que lui-même. On y trouve des responsables associatifs et économiques, des entrepreneurs sociaux, des fonctionnaires d'Etat et territoriaux, des retraités, des journalistes… Certains sont porteurs de projets ou d’initiatives innovantes avec un fort potentiel d’impact social. D’autres travaillent dans des réseaux, fondations, services publics ou entreprises recensant ou soutenant ces initiatives. Cette diversité d’origine est l’un des principes fondamentaux de GNIAC. Elle permet aux gens de ces différents milieux de se découvrir, de se rencontrer et de voir comment ils peuvent aller plus loin en laissant tomber leurs costumes habituels. Cela permet de se libérer, de fluidifier et d’être un peu moins bêtes collectivement. Ça ne remplace pas les politiques et les réformes, mais ça facilite le changement.

Apriles : Concrètement, que fait GNIAC pour faire bouger les lignes ?
Thierry du Bouëtiez :
D’abord, le simple fait d’être dans un réseau dont les membres, d’origines diversifiées, se réunissent régulièrement, donne du souffle et des idées nouvelles. Ensuite, le système est basé sur une fiche de compétence que chacun renseigne et qui est diffusée à tout le réseau. Donc chaque personne à potentiellement de nombreux contacts et peut repérer les compétences de chacun, mais aussi les initiatives, ceux qui les portent et ceux qui les soutiennent. Ainsi, quelqu’un qui souhaite faire avancer son projet peut puiser dans ce réservoir de compétences et d’initiatives pour voir qui peut l’aider.
Ensuite, nous agissons dans plusieurs directions. D’abord, nous accompagnons les porteurs d’initiatives en nous appuyant sur la mobilisation des compétences disponibles dans le réseau. La Gniac box, notre base de données, réunit les savoirs faire de chacun et permet une recherche par mots clés afin de repérer les compétences transversales (gestion, marketing, RH…), les compétences thématiques (emploi, santé, logement, action sociale, citoyenneté, environnement…) et les initiatives.
Cependant, le but n’est pas de refaire ce qui existe déjà : si les fiches descriptives de ces compétences existent déjà ailleurs, comme par exemple chez Apriles, nous feront un lien vers celles-ci.
Par ailleurs, nous sommes en train de mettre en place ce que l’on appelle le Groupe d’appui aux initiatives (GAIN) qui, pour dépasser les freins que rencontrent certaines actions (lourdeur et lenteur des procédures, cloisonnement des opérateurs…), mobilise des personnes ressources identifiées dans ou hors du réseau pour soutenir les porteurs de projets pertinents qui en font la demande. Le but étant de décoincer les choses à travers plusieurs réunions.
Nous essayons aussi de valoriser au maximum les initiatives en utilisant notre site internet, Twitter, Facebook… Nous prévoyons, par ailleurs, d’organiser des évènements, des auditions publiques, des rencontres avec la presse pour faire connaître les initiatives existantes.
Enfin, c’est un point central également, nous essayons de comprendre pourquoi certaines initiatives ont besoin de notre accompagnement pour dépasser freins et blocages. Nous avons donc crée un groupe appelé Gniac Pro dans lequel on va analyser les problématiques posées par les initiatives des membres du réseau, afin d’identifier la nature de leurs problèmes et de proposer, d’ici mi-2015, des pistes d’évolution et de simplification des dispositifs qui seront présentées à la presse et aux pouvoirs publics dans quelques mois.

Apriles : Comment adhère-t-on au réseau ?
Thierry du Bouëtiez :
Il ne s’agit pas d’un mouvement de masse de type citoyen comme pourraient l’être les Zèbres, mais plutôt de réunir des gens motivés avec de bonnes compétences. Pour l’instant, les adhésions se font plutôt par contact et cooptation et sont agréées par le président ou le vice-président. Cependant, maintenant que nous disposons d’une base de compétences solides, nous allons commencer à agréger des gens qui ont un peu moins de compétences mais qui ont envie d’en acquérir et sont motivés.

Apriles : Quel développement visez-vous pour GNIAC?
Thierry du Bouëtiez :
Aujourd’hui, nous avons un flux régulier d’adhésions, essentiellement issues de l’Ile-de-France, mais aussi d’une trentaine de départements de province. Notre objectif est désormais de développer des groupes locaux. Puisque les projets se font sur le terrain, l’idée serait qu’il y ait un groupe d’au moins une quinzaine de personnes dans chaque département de manière à ce que les différents acteurs de terrain du département trouvent un lieu pour exposer leurs problèmes et faciliter les liaisons : une sorte de fluidificateur des partenariats.
Nous souhaitons, par ailleurs, intégrer de nouvelles compétences, par exemple dans les domaines du logement, de la santé ou de la culture, de façon à avoir le plus large panel possible en matière économique, sociale, administrative et environnementale.

Propos recueillis par Joachim Reynard

 
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