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Michel Vielle : "Donner une place aux habitants a toujours été mon obsession"
A l'occasion des reflexions qui naissent autour du mouvement des gilets jaunes et de la place du citoyen dans la vie démocratique, nous avons souhaité re-publier l'entretien de Michel Vielle datant de 2009. Disparu en 2010, ce géographe rural de formation, était venu au Développement social local (DSL) par sa passion nourrie pour "les territoires vécus, parcourus et repérés par les habitants". Devenu consultant, il a accompagné ses dix dernières années élus, professionnels et habitants dans les démarches de coopération et de co-construction de leur projet de développement. Une façon de donner corps et vie à la démocratie participative. Un grand professionnel, militant de la parole donnée aux citoyens, dont les constats et propositions n'ont rien perdu de leur actualité 10 ans aprés.


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Ouvrage : Vous avez dit développement local ?
Fruit d’un travail collectif et coopératif initié par l’Unadel (Union Nationale des Acteurs du Développement Local) ce livre revient sur « l’histoire et les fondements du développement local racontés par les militants qui les ont construits ». Ecrit en collaboration avec cinquante acteurs-militants, sous la direction de Georges Gontcharoff, il interroge le « pouvoir d’agir de l’initiative individuelle et collective des citoyens et d’élus créatifs» et vise étudiants, investigateurs ou curieux intéressés par la capacité des pairs à s’engager et chercher la transformation globale par l’action locale. Avec une attention particulière portée sur l’historique de la réforme territoriale en France et ses enjeux, ce texte prétend ainsi nous offrir une analyse de l’ingénierie de la coopération rapporté par ses promoteurs. Plus d’information 
 
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Thierry Larrous - Modifier en profondeur la réalité de notre territoire Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email

La question du vivre-ensemble ne se pose pas seulement dans la vieille Europe mais aussi de façon de plus en plus inquiétante en Outre-mer avec la progression des incivilités et parfois même de la criminalité. C’est pourquoi, lancés à l’initiative des élus de la ville des Abymes, en collaboration avec le Collectif appel à la fraternité et l’Odas, les premiers Ateliers du Vivre-ensemble et de la Fraternité de Guadeloupe qui se sont tenu les 5 et 6 décembre 2013 étaient très attendus. Durant deux jours, élus (conseillers régionaux, généraux, municipaux), responsables associatifs, étudiants, simples citoyens ont ainsi multiplié les prises de parole. Tant pour faire partager leurs constats sur la société guadeloupéenne que pour tracer des pistes d’avenir. En ce sens, ces Ateliers ont atteint leur but avec une véritable efflorescence de propositions. Entretien avec Thierry Larrous, chargé de mission au cabinet du maire des Abymes.



Apriles : Les sociétés caribéennes sont réputées pour leurs musiques, leurs sourires et leurs carnavals...On a du mal à imaginer qu'elles puissent souffrir aussi d'un déficit de liens.
Thierry Larrous :
Je ne parlerai ici que de la Guadeloupe, mais je peux vous affirmer que les réalités socio-économiques de l’île sont difficiles, peu conformes avec l’image de destination touristique, laquelle reste un moteur de notre économie. Avec un taux de chômage qui avoisine les 50% chez les moins de 30 ans, aux Abymes, 30% de la population active est sans emploi. Malgré la tradition du travail informel (appelé job), le taux de pauvreté reste important et il est urgent de trouver des réponses.  Nous sommes confrontés aux dérèglements du fonctionnement traditionnel de la famille, repli sur soi, problèmes de toxicomanie, aggravé par la forte proportion de familles mono-parentales… Le lien social est plus développé que dans l’hexagone, remplaçant des liens familiaux distendus, mais il est intéressant de l’utiliser de manière à construire une solidarité de proximité.

Apriles : L'organisation d'Ateliers du Vivre-ensemble est donc un outil au service de ce projet...
T.L. :
Oui, ils constituent une occasion unique de mettre l’accent sur la prévention et de travailler à l’émergence d'un nouveau regard pour in fine mettre en place de nouvelles actions. Malgré les difficultés de la commune, le terreau des Abymes est fertile, il y a une vie associative importante : on compte pour 60000 habitants, 2200 associations déclarées, 1200 actives, 600 dynamiques et 430 partenaires financés par la mairie avec une enveloppe de 1 million d’Euros... En termes d’animation, ça donne plus de 124 manifestations culturelles et sportives à l’année. Avec les Ateliers, il s’agissait donc de travailler à une meilleure connaissance réciproque, afin de construire une éthique commune et favoriser les synergies d’actions en faveur du vivre-ensemble.

Apriles : Comment avez-vous travaillé à la tenue de l’événement ?
T.L. :
Ces ateliers ont été longuement préparés. Ils venaient conclure une année entière consacrée par la mairie au thème « Ensemble, faisons vivre les solidarités ». C’est Eliane Giougou, adjointe au maire et vice-présidente du CCAS, qui a été en contact très en amont avec le Collectif appel à la fraternité. Elle a constitué un noyau informel parmi les élus et les cadres animé par la directrice générale du CCAS qui a travaillé en lien avec le Collectif à la préparation de l’événement : réflexion stratégique, identification des axes de travail, mobilisation interne et externe, jusqu’à l’organisation de ces journées qui ont mis l’accent sur trois thèmes : la place des jeunes dans la cité, les liens intergénérationnels et l’implication citoyenne.


Apriles : In fine, le résultat est-il fidèle aux attendus ?
T.L. :
L’évènement s’est déroulé sur deux jours avec, en alternance, des séances plénières et des temps d’atelier. J’ai personnellement animé celui intitulé : « Associations : renforcer la démocratie de proximité en développant la solidarité et l’implication citoyenne ». J’ai été tout à fait surpris par la qualité des échanges, cadrés, précis. L’ensemble de la démarche a donné lieu à de multiples propositions d’actions, des plus anecdotiques (pédibus, co-voiturage etc.) aux plus structurantes dans la continuité des importantes opérations ANRU de ces dernières années (médiation sociale, travail avec les bailleurs sociaux pour l’accompagnement des familles et l’animation des quartiers), le tout pour modifier en profondeur la réalité de notre territoire. Enfin, le député-maire et son équipe ont pris de façon solennelle onze engagements, dont celui d’organiser en 2014 des journées citoyennes sur le modèle de ce qui est fait en Alsace (Lien). Les Ateliers du vivre-ensemble et de la fraternité sont finis, mais la dynamique est lancée et elle a vocation à perdurer.


















































Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard





>>En savoir plus sur le déroulement des Ateliers du vivre ensemble de la ville des Abymes.

 
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