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Marie Françoise Fuchs, une vieillesse pleine d’avenir
A 85 ans, Marie-Françoise Fuchs n’a rien de la mamie gâteau et encore moins de la mamie gâteuse. Cheveux coupés courts, silhouette impeccable en pantalon, col roulé, elle vous accueille avec une tasse de thé et cette aisance toute naturelle des gens bien né. Dans son bureau, donnant sur la cour d’un immeuble ancien face au Louvre, les livres ont pris le pouvoir, allant jusqu’à investir le canapé. Il est vrai que cette petite femme aux faux airs de Françoise Giroud, n’est pas du genre à s’alanguir. Il y a 10 ans, à l’âge ou d’autres ressassent leurs souvenirs, elle a créé l’association Old’Up, dont elle vient de céder la présidence au Professeur Philippe Gutton. « Avec Old’Up, les vieux debout revendiquent d’être une richesse et de se sentir utiles à notre société. J’ai mis toute mes forces à faire remonter leur parole, comme je l’ai fait avant pour les femmes et les grands parents ».

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Old’up présente sa collection
«Vieux et debout», «Les nouveaux vieux sont arrivés» : Deux titres qui claquent comme des slogans. Ils inaugurent la nouvelle collection des éditions In Press, «Old’Up – Inventer sa vieillesse». Dirigée par le Professeur Philippe Gutton et Marie-Françoise Fuchs, qui président à la destinée de l’association Old’up ; cette collection ambitionne quatre publications par an. Avec pour objectifs de construire une culture du « grand âge », d’aborder la question du vieillissement « autrement que sous l’angle anxiogène de santé publique » et de témoigner qu’à 80 ans passés la vie peut encore être vécue intensément.
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Vieux et debout
, de Paule Giron (ex journaliste Le Monde, l’Express, Elle…).
Les nouveaux vieux sont arrivés, de Frédérique Savona-Chignier, sociologue.
 
 
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Alain Benesty : « La parole des habitants est le point de départ de l’action » Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email

Educateur spécialisé, puis directeur de MJC, Alain Benesty est depuis 2005 à la tête de l’association Médianes de Tarbes (65) qui travaille à rapprocher l'offre culturelle locale des populations les plus éloignées de la culture. Egalement réalisateur,  il développe au sein de la structure plusieurs projets vidéo orientés vers la libre expression des habitants.  Entretien.






Apriles: Médianes, qu’est ce que c’est ?

Alain Benesty: C’est une association qui met en œuvre des projets de médiation culturelle sur le Grand Tarbes et la ville de Lourdes. Il s’agit de favoriser l’accès à la culture des publics qui en sont les plus éloignés et notamment les habitants des quartiers politique de la ville. C’est le mandat originel de l’association créée par la volonté des élus. Aujourd’hui, Médianes est un des principaux acteurs du CUCS Grand Tarbes qui est administré – chose assez rare – par un groupement d’intérêt public (GIP). Celui-ci est financé par l’Etat, le Conseil général des Hautes-Pyrénées et l’Agglo...

Apriles: Au regard de votre mission, quels sont les outils à votre disposition ?
Alain Benesty:
Un des dispositifs important, c’est les tickets culture qui concernent 400 personnes. Au prix de 3€, ils donnent accès à tous les spectacles vivants de la ville. La formule est non discriminante, puisque les bénéficiaires disposent des mêmes tickets que l’ensemble du public. Par ailleurs, on ne tient pas guichet, les critères d’attribution ne sont pas financiers. Les bénéficiaires sont identifiés par notre réseau de partenaires (Secours populaire, association de prévention spécialisée, MJC, etc.) qui considèrent à un moment donné qu’un concert ou un spectacle peuvent constituer un élément favorable à l’accompagnement.

Apriles: Vous gérez également le passeport culture…
Alain Benesty:
Oui, c’est un dispositif à destination des 12-17 ans qui permet l’accès à quatre spectacles dans l’année. Deux qui leur sont proches, comme des concerts de rock ou de Hip-Hop et deux plus éloignés. Ce peut-être une pièce de théâtre ou un concerto classique. En outre, le passeport ouvre droit à la participation à des ateliers de sensibilisation artistique animés par des professionnels du conservatoire de musique et de danse. Les jeunes des quartiers populaires peuvent ainsi s’essayer à la danse classique par exemple. Les professionnels quant à eux sont en contact avec des publics qu’ils ne connaissent pas. Ça fait évoluer leurs représentations, et ils sont souvent étonnés par les ressources créatrices de leurs nouveaux élèves. Nous travaillons actuellement à la mise en place de mini résidences durant lesquels les jeunes des ateliers monteront ensemble une œuvre pluri-dsciplinaire et collective.

Apriles: Depuis 2005, Médianes porte également le pôle ressource images. De quoi s’agit-il ?
Alain Benesty :
Localement, il n’y avait pas de structure spécialisée dans l’initiation et l’apprentissage des techniques de prises d’image et de réalisation. Mon expérience de réalisateur m’a appris qu’il s’agit pourtant d’un formidable moyen d’expression. Le pôle propose à différents publics de travailler dans ce domaine autour de trois axes. L’initiation, qui consiste en un module de 30 heures structurées en plusieurs séances, ouvertes aux personnes de plus de 12 ans. On y acquiert les bases, le fonctionnement de l’appareil, les techniques de prises de vue. On y aiguise aussi son regard et développe son esprit critique. Il y a également l’accompagnement à la réalisation de films en direction des associations. Il s’agit d’aider à la conception de petits documentaires (3 à 15 minutes) qui permettent de faire savoir et faire connaître le programme et la nature des activités des associations participantes, mais aussi de laisser libre court à l’imagination des adhérents. Et enfin, le troisième axe est la prestation de services. Là, nous vendons nos compétences pour la réalisation de films institutionnels de communication sociale. Des petits formats qui donnent la parole aux usagers des institutions et qui peuvent également constituer un élément qualitatif important d’évaluation dans le cadre de la loi 2002-2.

Apriles : Médianes porte également le concept de « la Boîte à image »… de quoi s’agit-il ?
Alain Benesty:
Créée en 2006, la Boîte à images est un outil à dispositions des associations ou des collectivités locales qui met en œuvre un dispositif de captation vidéo dans un espace qui s’apparente à celui d’un « photomaton ». Dans une boîte d’environ deux metres cubes, prennent place, en vis à vis, une personne qui s’exprime et un interlocuteur qui porte un questionnement précis dans le cadre d’une recherche collective. Sa fonction principale est de permettre l’expression des stéréotypes, des représentations sur une problématique identifiée et nommée. Participant d’une démarche de connaissance, voire de diagnostic, ce recueil donne lieu à la création d’un vidéogramme de synthèse permettant d’engager un processus de médiation. Nous avons par exemple installé la boîte à image dans la rue, à Montauban, pour questionner les passants autour de l’exil. Ou a Bayonne, autour des questions liées à la jeunesse. Dans chaque cas, la cinquantaine de personnes interviewées dans l’espace public ne constitue pas un échantillon représentatif, mais révèle 80 à 85 % de la photographie sur une problématique. La méthode place l’expression des citoyens comme un point de départ dans la recherche et l’élaboration des solutions à une problématique donnée et s’appuie sur l’idée que les personnes directement concernées par les situations sont à même de nommer les difficultés, mais aussi les moyens pour les dépasser. La Boîte à image s’installera dès la rentrée 2012 dans un collège de Tarbes pour un travail autour de la question de la réussite scolaire.

Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard

Plus d’infos :
05 62 93 11 33


 
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