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Marie Françoise Fuchs, une vieillesse pleine d’avenir
A 85 ans, Marie-Françoise Fuchs n’a rien de la mamie gâteau et encore moins de la mamie gâteuse. Cheveux coupés courts, silhouette impeccable en pantalon, col roulé, elle vous accueille avec une tasse de thé et cette aisance toute naturelle des gens bien né. Dans son bureau, donnant sur la cour d’un immeuble ancien face au Louvre, les livres ont pris le pouvoir, allant jusqu’à investir le canapé. Il est vrai que cette petite femme aux faux airs de Françoise Giroud, n’est pas du genre à s’alanguir. Il y a 10 ans, à l’âge ou d’autres ressassent leurs souvenirs, elle a créé l’association Old’Up, dont elle vient de céder la présidence au Professeur Philippe Gutton. « Avec Old’Up, les vieux debout revendiquent d’être une richesse et de se sentir utiles à notre société. J’ai mis toute mes forces à faire remonter leur parole, comme je l’ai fait avant pour les femmes et les grands parents ».

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Appel à projet Parentalité
The Human Safety Net, la fondation du Groupe Generali, consacre un programme en faveur de l’accompagnement à la parentalité de familles très défavorisées. Dans ce cadre, un appel un projet a été lancé concernant des actions d’aide aux parents dans leur rôle éducatif, de renforcement du lien parents-enfants, de prévention de la pauvreté, avec comme objectif de redonner confiance aux familles dans leur responsabilité éducative. A l’issue de cet appel à projets, un jury sélectionnera une dizaine d’actions, qui se partageront une dotation de 300 000 euros. Les dossiers de candidature sont à retourner au plus tard pour le 15 janvier.
En savoir plus thehumansafetynet.org

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Richard-Pierre Williamson : « Les retraités constituent une ressource importante pour la société » Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
Cadre de santé, Richard-Pierre Williamson s’est spécialisé dans les problématiques liées «aux aléas du vieillissement». Il a dédié sa carrière au travail en réseau et à la création de passerelles entre sanitaire et social, hôpital et domicile, soins et préventions dans un secteur qui souffre encore du cloisonnement des institutions et des acteurs. Directeur du CLIC de l’agglomération de la Roche-sur-Yon depuis 2001, il s’attache à fédérer toutes les énergies pour favoriser le bien vieillir et par là même, le vivre-ensemble.



Apriles : Un CLIC, c'est quoi ?
Richard-Pierre Williamson :
Un Centre Local d’Information et de Coordination est une structure de proximité, en direction des retraités, des personnes âgées et de leur entourage, mais aussi des professionnels de la gérontologie et du soutien à domicile. Conçu comme un guichet unique, il accueille, oriente, facilite les démarches du public et fédère les acteurs locaux. La plupart d’entre eux exercent également des missions d’évaluation des besoins, élaborent des plans d’accompagnement et en assurent le suivi en lien avec les intervenants. Il existe en France aux alentours de 700 coordinations gérontologiques dont 540 sont labellisées CLIC. La plupart d’entre eux sont portés par des associations ou des collectivités territoriales.

A : Vous êtes directeur du CLIC Entour’âge à la Roche-sur-Yon. Quels sont les éléments qui ont présidé à sa création ?
R-P W :
La coordination existe sur la ville depuis 1997, fruit d’une réflexion de professionnels et de retraités actifs, conjuguée à une politique gérontologique locale dynamique et volontariste. Face aux fonctionnements en silo qui caractérisaient le secteur et condamnaient les acteurs à travailler dans leurs spécialités respectives, il s’agissait de créer des ponts pour mieux répondre aux besoins des personnes âgées et de leur entourage. La coordination permettait de produire ensemble des réponses globales, coordonnées et interdisciplinaires pour faire face à une importante montée en charge des problématiques liées à l’âge. A la Roche-sur-Yon, nous avons obtenu le label CLIC dès sa création par les pouvoirs publics en 2002. Une disposition qui est venue entériner ce qui se faisait déjà ici, mais aussi sur d’autres territoires. Porté par la ville à sa création, c’est depuis 2010 un service de la Roche-Sur-Yon Agglomération.

L'équipe du Clic Entour'âge

A : Quels sont les éléments qui caractérisent le CLIC Entour’âge ?
R-P W :
En plus de l’accueil, de l’orientation, de la coordination et du suivi qui constituent son cœur de métier, le CLIC s’est doté d’un observatoire gérontologique. Il s'agit de réunir quatre fois par an l’ensemble des acteurs du secteur pour croiser leurs observations, faire un point sur l'évolution de l'offre, recenser les problèmatiques collectives, et plus globalement faire le point sur l’efficacité de l’existant. C’est l’occasion pour les différents intervenants de se forger « une culture commune ». Ces réunions constituent donc un outil d’animation intéressant, mais elles permettent aussi, grâce à la connaissance affinée et partagée du contexte, l’émergence de nouvelles solutions. Ces dernières étant souvent mises en œuvre collectivement. Face au constat de l’arrêt des services de maintien à domicile à 20 heures, les partenaires ont, par exemple, récemment décidé la création d’une nouvelle activité, « les visiteur du soir », assurée par une nouvelle association réunissant 5 partenaires. Globalement, nos élus sont très attachés à impliquer tous les acteurs, qu’ils soient professionnels ou usagers à la définition et à la mise en œuvre de cette politique gérontologique .

A : Entour’âge met aussi l’accent sur la prévention…
R-P W :
D’emblée, il nous est apparu que les acteurs de la prise en charge étaient aussi les mieux placés pour faire de la prévention. Dès 2001, il a été décidé de dédier un poste de chargé de prévention et d’animation à plein temps, ce qui nous permet d’apporter des réponses adaptées, personnalisées et réactives aux besoins des retraités actifs . Mais au-delà de l’individuel, le travail collectif tient une place importante dans notre dispositif de prévention. Des initiatives qui sont pensées et construites avec les usagers. Nous proposons par exemple un « atelier théâtre du dimanche » dont l’objectif est favoriser la rencontre, la créativité, restaurer la confiance en soi ou un atelier d’écriture-mémoire-transmission afin de coucher sur le papier les souvenirs dans une perspective de relais aux générations à venir qui peut passer par une lecture publique. Plus globalement nous nous inspirons de ce qui est fait dans les pays anglo-saxon et en Belgique où il est là-bas question « d’écologie des seniors ». On y développe plus qu’en France des actions de valorisation qui font appel à leurs savoir-faire. L’atelier « Re-traiter sa vie » par exemple mise sur la reconnaissance des acquis de l’expérience afin d’accompagner les retraités dans l'élaboration de leur projet de vie. Nous proposons aussi aux personnes d’intégrer des groupes de réflexion au sein desquelles elles discutent des problématiques qui les concernent comme par exemple le soutien à domicile. L’enjeu est qu’ensemble, les seniors puissent envisager des solutions, tout en se préservant contre un possible isolement. Finalement, les retraitées sont un vivier d’énergies pour les activités citoyennes et bénévoles. Ils constituent des ressources importantes pour la société.

A : Vous êtes vice- Président de l'Association nationale des coordinateurs et directeurs de Clic (Ancclic). Au niveau national, quels sont aujourd’hui les grands enjeux de votre champ ?
R-P W :
On assiste actuellement à une explosion des maladies Alzheimer et apparentées. Des polypathologies qui génèrent des situations complexes accentuées par l’isolement. Face à ce phénomène, et plus généralement concernant le soutien à l’autonomie, il faut sortir des réponses binaires domicile/établissement, être imaginatif, promouvoir l'innovation sociale en envisageant d’autres types de réponses comme les accueils de nuit, le baluchonnage, créer des maisons des aidants, organiser des visiteurs de nuit ou monter des plateformes de services... Il faut aussi penser aux alternatives comme le logement partagé et intergénérationnel. Pour cela, il faut décloisonner les dispositifs et les façons de penser. Plus globalement, la notion d’accessibilité convoque plusieurs questions autour des villes et des territoires de demain. Quelle société voulons-nous pour nous et pour nos enfants ? Des enjeux éminemment politiques que les décideurs locaux pourraient investir pour en faire un axe fort de leurs mandats. Il en va du « vivre ensemble ». C’est aussi « économiquement payant » puisqu’il s’agit toujours d’emplois non délocalisables. Au niveau national, la création d’un droit universel de compensation de la perte d'autonomie me semble être une priorité. Le pays a en effet besoin d’une ambitieuse politique de prévention « des aléas du vieillissement ».

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Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard

 
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