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Mineurs non accompagnés : une éducatrice témoigne
"Il faut arrêter de considérer ces jeunes comme un problème. Au contraire, c’est une vraie chance de les rencontrer et nous devons nous donner les moyens de les accueillir". L’intervention de Rozenn Le Berre, aux dernières Assises de la Protection de l’Enfance, début juillet, n’a pas laissé le public de l’atelier consacré aux Mineurs non accompagnés indifférent. Pendant un an et demi, cette éducatrice de 28 ans a auditionné des centaines de jeunes migrants, au sein d’un service d’accueil, pour le compte d’un Département. Une expérience indélébile, dont elle a tiré un livre, publié en Janvier dernier aux éditions La Découverte : «De rêves et de papiers. 547 jours avec les mineurs isolés étrangers».
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Journée Citoyenne au salon des maires : Les rendez-vous à ne pas manquer - Les 21 et 22 novembre
Pour ses dix ans, en 2017, la Journée citoyenne a mobilisé près de 100 000 habitants sur toute la France. Elles sont aujourd'hui plus de 1000 communes à faire de la politique autrement, en misant sur l'intelligence collective et l'envie de faire ensemble de leurs concitoyens. Apportant une réponse au pessimisme ambiant, aux dépenses publiques contraintes et au manque de communication entre les habitants, la Journée citoyenne poursuit son objectif : favoriser le "mieux vivre ensemble" dans tout le pays.Pour fêter cet anniversaire et soutenir cette dynamique, le Réseau Journée citoyenne, animé par l'Odas, investit le Salon et le Congrès des maires. Vous souhaitez en savoir plus sur la Journée citoyenne? Nous aider à développer cette action? Rencontrer des élus organisateurs de la Journée citoyenne? Ou faire part de vos expériences ? Rendez-vous, les 21 et 22 novembre autour de deux temps forts...
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Katia Lamardelle Directrice de Centre Social «Nous créons des passerelles entre acteurs locaux» Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
Katia Lamardelle est la jeune directrice du centre social « Espace Torcy » dans le 18ème arrondissement de Paris. Elle n’est encore qu’au début de sa carrière, mais elle a déjà un long parcours dans le champ de la solidarité : titulaire d’un DUT carrières sociales, d’une licence de l’éducation, d’une maîtrise et d’un DESS stratégies et développement social, c’est dans les centres sociaux qu’elle a choisi d’exercer. D’abord à Douai (59), puis à Paris, Katia avec ses équipes professionnelles et bénévoles tricotent le lien social, au bénéfice de toutes les familles du quartier.


Apriles : Comment présenteriez-vous le centre social « Espace Torcy » ?
Katia Lamardelle : C’est un équipement de proximité à vocation sociale globale, implanté dans le quartier La Chapelle Porte d’Aubervilliers, un des quatre quartiers classés politique de la ville du 18ème arrondissement de Paris. Il est caractérisé par une présence marquée et inégalement répartie de publics fragilisés avec une forte proportion de jeunes de moins de 20 ans et de population migrante. Le centre social « espace Torcy » occupe le rez-de-chaussée et le premier étage d’un immeuble qu’il partage avec l’Ecole Normale Sociale (ENS) qui en est à l’origine. Ouvert de 8h à 22h, l’équipe compte 9 salariés. Avec les 82 bénévoles impliqués, nous y développons des activités uniques dans le quartier qui concernent 650 usagers. Nous gérons par exemple une ludothèque où les enfants viennent se dépenser et jouer en famille, assurons des cours de français, qui concernent 70 personnes à raison de trois soirs par semaine et coordonnons, avec tous les acteurs du territoire, la fête du quartier.

Apriles : De quelle façon mettez-vous en œuvre vos activités ?
K.L.: Nous sollicitons autant que possible les ressources de chacun pour mettre en œuvre de façon partagée notre projet social. Notre conception de la gestion de la vie du centre par une équipe salariée et bénévole favorise l’exercice de la citoyenneté et l’entraide entre habitants. Nous accompagnons les associations et essayons d’être au plus prêt des personnes isolées. Nous les orientons vers les structures adéquates en veillant à ne jamais nous substituer aux dispositifs de droit commun. Le tout dans une dynamique active où le travail auprès et avec les usagers et leurs familles nous permet d’être à l’écoute des besoins du territoire. A travers l’ensemble de ces activités, le centre social est un acteur indispensable du quartier, il crée des passerelles entre tous les acteurs : habitants, associations, professionnels, élus, bailleurs et financeurs.

Apriles : Nous sommes là au cœur des missions conférées à l’ensemble des Centres Sociaux…
K.L. :
Oui, dans tous les cas, l’existence des centres sociaux s'appuie sur une circulaire de la Cnaf de 1981 qui en donne la définition suivante : "Il s’agit d’un équipement où doit s'effectuer en priorité un travail social familial et se coordonner des activités socio-éducatives, en vue de mettre à la disposition des familles les moyens de remplir leur rôle. Cette action globale, si elle s'adresse à toute la population, doit être particulièrement orientée vers les moins favorisés, socialement et culturellement". C’est d’ailleurs les Caf qui labellisent et financent ensuite au moins pour moitié les équipements. Mais ceux-ci exercent leurs missions dans des cadres de gestion et des contextes socio-démographique et économiques souvent très différents.

Apriles : Lesquels par exemple ?
K.L. :
Je travaillais auparavant dans un centre social municipal de Douai. Les choses étaient alors très différentes. La mairie faisait de gros investissement et nos moyens étaient par conséquent plus importants, notamment avec une équipe pluri-disciplinaire très étoffée. Ça change les métiers, et particulièrement celui de directeur. Le centre social « espace Torcy » est associatif, et je gère pas moins de 25 lignes budgétaires. Je passe beaucoup de temps dans la gestion et c’est peut-être au détriment du management et de l’animation. Ma collègue directrice du centre social Belliard, géré directement par la Caf, est dans une situation différente. Elle n’a pas le souci de la recherche de financements, ce qui lui permet de dégager du temps pour l’accompagnement. Elle a pu notamment mettre en place un comité d’usagers qui favorise grandement la participation des habitants. Le conseil d’administration de mon association, composé de personnes qualifiées fait un travail formidable, mais manque d’implantation sur le quartier.

Apriles: La participation des habitants est un enjeu important ?
K.L. :
Fondamental, c’est d’ailleurs l’objet d’une réflexion de fond que nous menons en commun avec la collègue du centre social Caf et le centre social Goutte d’Or : comment passer des problématiques individuelles aux problématiques collectives ? Il n’y a pas de recette idéale mais nous avançons dans nos méthodes afin d’associer plus systématiquement usagers et bénévoles. Le centre social est par exemple porteur de la convention d’un grand local de 180 m² rénové dans le cadre d’une réhabilitation d’immeuble, dont le bailleur partenaire est la Sablière. L’action qui s’intitule « Espace 93 Chapelle » fait l’objet d’un programme d’activités inter associatives et constitue un terrain d’expérimentation pour mieux comprendre les mécanismes de participation, identifier ses leviers et ses freins. Pour l’analyse, nous avons collaboré avec 2 chercheurs du CNAM et des étudiants en 3ème année AS de l’ENS, ainsi que des étudiants en licence de développement social à Paris V. Un processus qui a permit de mettre en avant, de façon paradoxale, la fonction centrale de l’intervenant social dans l’émergence de cette participation…


Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard

 
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