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Monique Fournier Laurent - « S’investir auprès des jeunes, c’est rester jeune ! »
Monique Fournier Laurent est la preuve que la retraite porte bien mal son nom. Depuis 10 ans, cette habitante de Creil ne cesse de militer pour une citoyenneté active au service de la collectivité. Des convictions dont elle s’est fait l’écho dans plusieurs ouvrages et qui motive son engagement auprès des jeunes, au sein du collectif GR21 et son implication dans sa ville. 
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Où en est le DSL ?
C’est à cette question que s’efforce de répondre l’ouvrage rédigé à deux voix, française et québécoise, Les nouvelles dynamiques du développement social. Ses auteurs, Cyprien Avenel, sociologue et ancien collaborateur de l’Odas, et Denis Bourque, universitaire québécois ont construit leur réflexion autour de quatre questions : le rôle de l’Etat et la contribution des politiques sociales au développement des territoires ; l’ouverture des pratiques professionnelles du champ social à l’intervention collective ; le renforcement de la société civile et de la participation citoyenne ; l’enjeu d’une conception stratégique de la politique sociale comme instrument d’une dynamique de bien commun. Avec en bonus, un regard croisé franco-québécois.

Les nouvelles dynamiques du développement social, Cyprien Avenel, Denis Bourque, Editions Champ social, 2017
 
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Sylvie Beaufils : « Le territoire bouge. Le CDST impulse et accompagne le mouvement » Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
Sylvie Beaufils est responsable action sociale du site Tarn et Garonne de la caisse MSA Midi-Pyrénées Nord. A ce titre, elle est le chef de projet des deux Contrats de développement social territorialisé (CDST) mis en place sur son département. Une vaste démarche, portée par la CCMSA, qui met en synergie l’ensemble des acteurs au service du développement des territoires. Entretien avec un maître d’œuvre du lien social.



Apriles:
Concrètement, c’est quoi un CDST ?

Sylvie Beaufils: Un CDST est un contrat signé pour 3 ans par la Caisse Centrale de la MSA et l’ensemble des partenaires (CG, Caf, MSA, associations) au local. Il propose une méthodologie fondée sur l’écoute et l’action en faveur du développement harmonieux du territoire et de sa population. L’enjeu est d’impulser un processus dynamique  s’appuyant sur la participation de la population et des acteurs locaux, pour définir des besoins prioritaires à traiter, concevoir des projets, et enfin les conduire. 

Apriles: Quelle est cette méthodologie ?

S.B.: Les CDST se déroulent en plusieurs phases qui impliquent tous les acteurs: Il y a d’abord la définition d’un territoire pertinent, puis l’identification des besoins et des attentes, la définition des priorités au regard des enjeux et des objectifs de développement des territoires, puis la mobilisation et la mise en oeuvre des actions. L’ensemble du processus s’appuie sur des instances de pilotage et des commissions de travail thématiques. Les étapes sont identiques, mais chaque CDST a sa vie propre et s’attaque à des problématiques ciblées qui correspondent au territoire.

Apriles: Par exemple ?

S.B.: Les deux CDST en Tarn et Garonne répondent à des logiques tout à fait différentes.  Sur le canton de Saint-Nicolas de la Grave (14 communes – 5546 habitants), il s’agissait initialement de prolonger une dynamique d’entraide et de création de liens qui avait émergé dans la population suite une catastrophe naturelle. Outre le dialogue renouvelé entre habitants, élus et professionnels, la démarche a aboutit à la construction de réponses concrètes : création et développement des modes d’accueil, développement des services de portage à domicile ou création d’une fête de la jeunesse. Sur les cantons de Caylus et de St Antonin Noble val (16 communes, 7593 habitants), la situation est tout à fait différente.

Apriles: C’est à dire?

S.B.: L'idée d'un CDST est apparue parce que justement, il y avait un déficit de lien manifeste entre ces deux cantons ruraux et mitoyens.  L’histoire les a séparés au moment des guerres de religion et il subsiste depuis une certaine défiance entre ces deux territoires pourtant si proches. Des mouvements récents ont par ailleurs contribué à creuser l'écart entre d'une part un canton constitué de familles implantées depuis de nombreuses générations à l'activité agricole classique et d'autre part, un canton où s'est installé beaucoup de néo-ruraux qui vivent un peu en marge des codes traditionnels de la région.

Apriles: L'enjeu du CDST résiderait dans la réconciliation?

S.B.: Non, évidemment, mais le territoire est dense en associations culturelles et structures d'insertion. Il y a un fort potentiel en matière de développement social local que le CDST peut concourir à libérer.  La finalité de la démarche c'est vraiment de consolider l'existant, en créant des synergies afin de favoriser le lien social. Le pré-diagnostic de 2008 et le diagnostic participatif sur la base d'entretiens d'acteurs et d'habitants de  2009 ont confirmé la pertinence du CDST sur ces territoires.

Apriles: De quelle façon?

S.B.: Il est apparu un grand besoin de rompre l'isolement, en termes de lien social, mais aussi en termes de communication et de modes de déplacement. Les notions d'échange, de mixité sociale, de convivialité, d'intégration, d'aide à la parentalité ont été largement plébiscitées. Il s'est également exprimé un besoin assez important d’une meilleure prise en charge médicale à domicile, mais aussi d'urgence et au niveau du traitement des addictions. Enfin, sur le terrain culturel, la sauvegarde du patrimoine, la mise en valeur de l'identité locale et le développement de loisirs sont apparus comme des préoccupations importantes pour les habitants.

Apriles: Dès lors, comment le CDST s'empare de ces questions:

S.B.: Plusieurs projets structurants émergent ou bénéficient de la démarche: Par exemple une micro-crèche ou une boutique solidaire, etc. Mais surtout, le CDST favorise la rencontre et l’échange de l'ensemble des acteurs autour des différentes thématiques, grâce notamment aux commissions de travail. Habitants, institutionnels et associatifs y apprennent à se connaître et à travailler ensemble autour de réponses adaptées à leur territoire. Ça bouscule les habitudes de tout le monde. Au sein même de la MSA, les deux assistantes sociales qui coordonnent la démarche ont vu leur réseau s'étoffer et leurs pratiques évoluer. En interne et en externe, les représentations changent, les relations entre les uns et les autres aussi. On voit même des personnes améliorer considérablement leurs situations personnelles depuis qu'elles participent aux commissions de travail. Le territoire et ses acteurs bougent. Le CSDT impulse et accompagne ce mouvement.

 

Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard

 
En savoir plus avec la fiche action Apriles:
>> CDST, le développement au coeur des territoires - Saint-Nicolas-de-la-Grave - 82

 
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