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Marie Françoise Fuchs, une vieillesse pleine d’avenir
A 85 ans, Marie-Françoise Fuchs n’a rien de la mamie gâteau et encore moins de la mamie gâteuse. Cheveux coupés courts, silhouette impeccable en pantalon, col roulé, elle vous accueille avec une tasse de thé et cette aisance toute naturelle des gens bien né. Dans son bureau, donnant sur la cour d’un immeuble ancien face au Louvre, les livres ont pris le pouvoir, allant jusqu’à investir le canapé. Il est vrai que cette petite femme aux faux airs de Françoise Giroud, n’est pas du genre à s’alanguir. Il y a 10 ans, à l’âge ou d’autres ressassent leurs souvenirs, elle a créé l’association Old’Up, dont elle vient de céder la présidence au Professeur Philippe Gutton. « Avec Old’Up, les vieux debout revendiquent d’être une richesse et de se sentir utiles à notre société. J’ai mis toute mes forces à faire remonter leur parole, comme je l’ai fait avant pour les femmes et les grands parents ».

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La Fonda : faire ensemble 2030
A l’occasion de sa soirée de rentrée, La Fonda lance le 28 septembre 2017 son nouveau cycle de prospective participative. Objectif : démontrer et accroître la capacité des acteurs associatifs à répondre aux défis de l’Agenda 2030 (Programme mondial de développement durable à l’horizon 2030). Cette démarche s’appuiera notamment sur un programme de séminaires réguliers et donnera lieu à une « Université de la prospective », les 22 et 23 mars 2018, à Paris. www.fonda.asso.fr/ 
 
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Vanessa Stawski : "Un logement, ça parle..." Convertir en PDF Version imprimable Bookmark and Share Votre email
Besançon est indéniablement une ville d'innovation : de la création du premier Centre Communal d’Action Sociale en passant par l’instauration dans la ville dès 1968 du minimum social garanti, l’ancêtre du RMI,  la Franche-Comté est le terreau où germent pas mal de bonnes idées…Et le secteur associatif n’est pas en reste : inventeur des désormais fameux Jardins de Cocagne, l’association Julienne Javel n’en finie pas de défricher les champs du lien social et de la solidarité. Entretien avec Vanessa Stawski, assistante sociale de la mission habitat de l'institution.


Apriles :
Dans le domaine de l’insertion, votre association est largement reconnue à Besançon. Qui était Julienne Javel ?
Vanessa Stawski : C’était une visiteuse de prison. Dans les années 50, elle crée un foyer d’hébergement pour accueillir les sortants de prison. C’est parce que ces derniers avaient des difficultés à trouver un emploi, qu’elle ouvre une menuiserie et qu’elle baptise son association Centre Comtois d’Assistance par le Travail. A sa mort l’association prend son nom et continue son développement. Elle gère aujourd’hui un CHRS (Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale), un CAVA  (Centre d’Adaptation à la Vie Active – une menuiserie industrielle), le service Mission Habitat, et un jardin de Cocagne…

Apriles : Le premier de France…
VS : Oui. En 1991, l'association souhaite diversifier ses activités d'insertion par l'économique et étendre son offre de remise au travail pour publics en difficulté. Nous nous somme inspirés   des jardins collectifs issus du modèle suisse auquel nous avons ajouté un volet social. Les légumes sont cultivés selon les principes de l’agriculture biologique par des personnes en difficultés et sont distribués sous forme de paniers à un réseau d’adhérents-consommateurs. Ces jardins permettent à des adultes de (re)construire un projet personnel et professionnel. Ils favorisent, par le travail de la terre et le maraîchage, le réapprentissage d’une activité de production et facilitent l’accès au marché de l’emploi.

Apriles : Et dans le domaine de l’habitat, l’association Julienne Javel développe aussi des programmes innovants.
VS : De plus en plus confrontés à des situations individuelles complexes auxquelles les réponses existantes ne conviennent pas, nous développons depuis 1994 un mode d'intervention autour de ce que l’on appelle l’habitat spécifique: Les bénéficiaires sont embauchés pour construire  leur propre maison, une structure simple, en ossature bois, qui s'adapte aux besoins et possibilités de chacun. Les communes cèdent à l'euro symbolique un terrain aux bailleurs sociaux qui se font maître d'ouvrage et qui fournissent les matériaux. SYNECO, une SARL fondée par l'association emploie le bénéficiaire le temps de la construction. Julienne Javel assure le suivi social pendant et après le chantier, dont la longueur varie en fonction de la composition familiale et des capacités financières des futurs locataires . Le projet est construit avec une forte participation de la famille et s'appuie évidemment sur la volonté affirmée des maires de résoudre le problème du mal logement.  L'habitat spécifique permet aux personnes de s'inscrire dans un projet durable d'insertion socio-professionnelle.

Apriles: Une action unique en France?
VS : Oui, telle que nous la développons, mais elle s'inscrit dans une démarche plus globale dénommée Igloo (Insertion Globale par le LOgement et l'emplOi), un collectif qui regroupe entre autre l'Union sociale pour l'habitat, la FNARS, le mouvement PACT ARIM pour l'amélioration de l'habitat, des syndicats et la CCMSA.  L'idée soutenue par le collectif est d'allier l'accès au logement des populations en difficulté à une démarche globale d'insertion autour de la mise au travail et de l'accompagnement social spécifique des personnes et des familles.

Apriles: Et vous dans tout ça?
VS : Moi j'assure pour 40 % de mon temps l'accompagnement social des personnes bénéficiant de l'habitat spécifique. Et je travaille à 60 % sur l’action d’Auto-embellissement, un dispositif expérimental de l’association qui consiste à créer un collectif d’habitants mobilisés en faveur de la réfection des logements individuels. Les chantiers réalisés de façon collective dans les appartements constituent un moyen efficace de rompre l’isolement de personnes, souvent sans emploi, qui ne sortent pas ou peu de chez elles.  Démunies, mal logées, elles ont évidemment des difficultés à refaire seules leur appartement. Elles n’ont aucun moyen technique, humain et financier d’agir sur leur cadre de vie pour le valoriser. L’Auto-embellissement  permet donc d’améliorer la qualité du logement, tout en redynamisant les personnes autour de la reprise en main de leur appartement, qui est souvent un point d’identification. A Julienne Javel, on dit qu'un logement, ça parle...C’est donc également une façon de travailler à l’amélioration de l’estime de soi.  La démarche est consolidée par des groupes de parole et des ateliers d'écriture que j'anime régulièrement.

Apriles : Concrètement comment l’action  s’organise-t-elle ?
VS : Chaque mercredi après midi nous tenons un atelier de quartier ouvert à tous les habitants de Besançon dans un appartement prêté par un de nos principaux partenaires, Néolia, bailleur social. Les personnes sont orientées par les bailleurs, les travailleurs sociaux du territoire ou tout autre professionnel, mais peuvent aussi nous contacter grâce au bouche à oreille. C’est un moment convivial qui est le premier point de rencontre du groupe durant lequel on boit un café, parlons un moment. Ensuite, avec l’encadrant technique de Julienne Javel, nous discutons de la programmation des chantiers de la semaine.  Le jour dit, les uns et les autres nous retrouvons dans un appartement et nous mettons à l’ouvrage sur une ou deux pièces de l’appartement. A cette occasion, certains se découvrent des talents cachés jusqu’alors. Durant l’action, il se recrée de l’entraide et du lien entre les bénéficiaires, comme autrefois dans les villages. Il n’est pas rare d’ailleurs que les personnes restent en contact à l’issue du chantier.

Apriles : Tout le monde peut bénéficier de l’Auto-embellissement ?
VS : Parce que c’est un moment convivial, tous les bisontins sont les bienvenus aux ateliers de quartier. Mais pour accueillir un chantier chez soi, il faut impérativement être locataire d’un des quatre bailleurs sociaux de la ville - qui sont tous nos partenaires – et se fendre d'une petite participation financière. Les quatre organismes HLM payent le matériel qui est acheté en magasin avec les familles. Les autres financements proviennent du CUCS de la ville de Besançon, de la Caf, du 1% patronal, mais aussi de diverses fondations. Depuis sa création en 2007, grâce à l'appui du Conseil Général, l'action a concerné environ 80 ménages et a reçu en 2009 un grand prix national dans le cadre du trophée « s'unir pour agir » de la Fondation de France.

Propos recueillis par Sébastien Poulet-Goffard

Contact:

Vanessa Stawski, Assistante sociale
Association Julienne Javel
2, Grande Rue
25220 Chalezeule Tel: 03 81 21 21 23
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